Une femme ultra-orthodoxe nommée juge à Jérusalem – une première
Rechercher

Une femme ultra-orthodoxe nommée juge à Jérusalem – une première

Havi Toker servira au tribunal de la magistrature de la capitale ; le Comité de sélection judiciaire devrait annoncer la nomination de deux nouveaux juges à la Cour suprême

Havi Toker, première femme juge ultra-orthodoxe d'Israël (publiée avec autorisation)
Havi Toker, première femme juge ultra-orthodoxe d'Israël (publiée avec autorisation)

Le Comité de sélection judiciaire a nommé jeudi Havi Toker à la Cour de magistrature de Jérusalem, faisant d’elle la première femme juge ultra-orthodoxe d’Israël.

Toker, 41 ans, est née en Angleterre et a grandi à Bnei Brak. Elle est l’aînée de 12 frères et soeurs d’une famille ultra-orthodoxe bien connue.

Elle a commencé sa carrière de juriste en 2003 et a depuis travaillé en tant que greffière au tribunal de la magistrature de Jérusalem avant de travailler comme avocate dans l’unité des enquêtes de la police, puis au bureau du procureur du district de Jérusalem.

La nomination de cette mère de quatre enfants a été largement saluée dans les médias haredi.

Selon le site ultra-orthodoxe Kikar Hashabat, Toker se définit elle-même comme « Haredi moderne », mais l’un de ses amis a déclaré qu’elle était « davantage Haredi que moderne, même si son fils aîné sert dans l’armée ».

La nomination de Toker ce jeudi survient un peu plus d’un an après que les Etats-Unis ont nommé leur première femme juge ultra-orthodoxe, Rachel Freier, qui officie au tribunal civil de Brooklyn.

Lors d’une cérémonie de prestation de serment en décembre 2016, Freier a promis de respecter la Constitution et de représenter fièrement le monde hassidique auprès de ses nouveaux collègues.

Son élection était « un pas pour la communauté ultra-orthodoxe dans son ensemble », a déclaré Yossi Gestetner, un militant politique hassidique de longue date et consultant en relations publiques qui a cogéré la campagne de Freier.

Une autre nomination digne d’être mentionnée est celle de Eilona Lindenstrauss-Arieli au tribunal de district de Nazareth. Lindenstrauss-Arieli est la fille de l’ancien contrôleur de l’Etat Micha Lindenstrauss.

Le comité s’est réuni jeudi afin de nommer des juges et des greffiers dans divers tribunaux à travers le pays, mais principalement afin de nommer deux nouveaux juges à la Cour suprême. Ils devraient prendre une décision d’ici la fin de la journée, selon les médias israéliens.

La ministre de la Justice, Ayelet Shaked, en compagnie de la présidente de la Cour suprême Esther Hayut et du ministre des Finances Moshe Kahlon, ainsi que des membres du Comité de sélection judiciaire, le 22 février 2018 (Hadas Parush / Flash 90)

Ayelet Shaked, ministre de la Justice, qui dirige le comité, a félicité les candidats pour leur nomination dans une déclaration aux journalistes avant la réunion.

« Il y a exactement un an, nous avons nommé quatre juges à la Cour suprême. Aujourd’hui, nous en ajoutons deux autres. Tous les candidats sont excellents. Il appartenait au Comité de diriger le processus de nomination de 230 juges dans les tribunaux. »

En février 2017, les législateurs de droite ont nommé trois juges conservateurs et non-activistes sur les quatre nouvelles nominations à la Cour suprême israélienne – qui était auparavant vue comme dominée par les libéraux.

Trois d’entre eux figuraient sur la liste des candidats préférés de la ministre de la Justice Ayelet Shaked, tandis que les trois juges du panel des nominations judiciaires composé de neuf membres, qui ont voté à l’unisson, n’ont pu nominer aucun de leurs candidats.

Le juge Khaled Kabub au tribunal du district de Tel-Aviv lors de la séance d’ouverture de l’accusation de l’Etat contre l’ancien président du groupe IDB (Israel Discount Bank) Nochi Dankner, le 13 juillet 2014. (Lior Ben Nisan/POOL/Flash90)

Plus tôt cette semaine, Khaled Kabub, juge de la Cour du district de Tel Aviv, a annoncé qu’il retirait sa candidature à la Cour suprême – une décision plutôt surprenante.

Kabub, qui aurait pu être le premier musulman de la Cour suprême, avait été proposé comme candidat par le procureur Effi Naveh, président du barreau d’Israël, et figurait également sur la liste des candidats de la présidente de la Cour suprême, Esther Hayut.

Néanmoins, il aurait expliqué à ses proches qu’il avait demandé à retirer sa candidature car il se serait rendu compte qu’il n’avait aucune chance réaliste d’être nommé.

Ynet a rapporté que, selon la coutume depuis ces dernières années, seul un Arabe est nommé à la Cour suprême – et George Kara, un Arabe chrétien, a été nommé en février 2017.

Des sources ont indiqué à Ynet qu’une autre raison pour laquelle Kabub était peu susceptible d’être choisi pour le poste est que la ministre de la Justice, Ayelet Shaked, du Parti de droite HaBayit HaYehudi, dirige le comité de sélection des juges.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...