Une fonctionnaire européenne accusée d’espionnage se dit victime d’antisémitisme
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Une fonctionnaire européenne accusée d’espionnage se dit victime d’antisémitisme

La responsable, qui nie tout méfait, a été révoquée après avoir été accusée de travailler pour les renseignements israéliens et turcs et de manquements statutaires

Le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles. (Crédit : tpholland/CC BY 2.0/Wikimedia Commons)
Le bâtiment de la Commission européenne à Bruxelles. (Crédit : tpholland/CC BY 2.0/Wikimedia Commons)

Une fonctionnaire titulaire du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), entrée à la Commission européenne en 1996, déclare avoir été victime d’antisémitisme après avoir été accusée de travailler pour le Mossad, les services secrets israéliens.

L’affaire a été rapportée ce jeudi par le magazine belge Paris Match.

En 2013, alors que la fonctionnaire occupait un poste du grade administrateur au sein de la Division Moyen-Orient II (Israël, Territoires palestiniens) du SEAE, un collègue lui a révélé qu’elle était soupçonnée d’espionner pour le Mossad par leur chef de division.

Suite à ces accusations, elle a été transférée à la division Turquie un an plus tard. Cette fois, elle a été accusée d’espionner pour le compte des services turcs, avant d’être écartée « dans l’intérêt du service » et de déposer plainte.

Selon deux enquêtes internes effectuées entre 2017 et 2019, la fonctionnaire aurait eu « des contacts nourris et permanents avec deux diplomates israéliens connus en tant qu’officiers du Mossad et des diplomates turcs auxquels elle a fait parvenir des documents internes » et « aurait dans ses connaissances une personne ayant des contacts rapprochés avec la Russie ».

Alors que l’Office d’investigation et de discipline de la Commission (IDOC) ne retiendra pas les allégations d’espionnage dans son rapport rendu en mai 2019, celui-ci fait état de nombreux manquements. Des absences non justifiées, des actes répétés d’insubordination, des contacts non autorisés et la divulgation de documents non publics lui ont notamment été reprochés, ce qui a causé la révocation définitive de la fonctionnaire, la laissant sans ressources.

Niant tout méfait, elle dénonce une tentative de porter atteinte à son intégrité morale et professionnelle.

« Depuis six ans, ma cliente fait l’objet d’un traitement discriminatoire à caractère possiblement antisémite, alimenté tout d’abord par des rumeurs et des insinuations, puis par des accusations d’espionnage et de déloyauté dont la preuve n’a jamais été apportée », a déclaré son avocat, Me Eric Boigelot, qui ajoute que les accusations de manquements statutaires reposent « à la fois sur une enquête partiale de l’IDOC et sur une enquête de sécurité parfaitement illégale ».

Les trois procédures lancées par la fonctionnaire contre la Commission européenne ont été rejetées et des pourvois ont été engagés devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Le dossier a également été transmis à l’Unia, service interfédéral belge chargé de promouvoir la lutte contre les discriminations.

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