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Une fondation demande aux Pays-Bas de s’excuser auprès des « filles de boches »

Entre 13 000 et 15 000 enfants néerlandais sont nés de ces relations, selon la chercheuse Monica Diederichs

Tonte d'une Française le 29 août 1944 près de Montélimar. La tonte forcée des femmes qui avaient eu des rapports sexuels avec les soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale (Crédit : Domaine public)
Tonte d'une Française le 29 août 1944 près de Montélimar. La tonte forcée des femmes qui avaient eu des rapports sexuels avec les soldats allemands pendant la Seconde Guerre mondiale (Crédit : Domaine public)

Une fondation a exhorté jeudi les Pays-Bas à présenter des excuses officielles aux Néerlandaises ayant subi des représailles pour avoir entretenu des relations intimes avec l’occupant nazi durant la Seconde Guerre mondiale.

Cet appel intervient une semaine après que la Première ministre norvégienne Erna Solberg se soit officiellement excusée auprès des « filles de boches », durement traitées après la Libération en 1945.

À côté de la vindicte populaire (tonte, humiliations…), ces femmes ont notamment subi des examens médicaux dégradants ou des procédures judiciaires sans fondement juridique.

Dans une lettre envoyée mercredi au Premier ministre néerlandais Mark Rutte, une organisation représentant les femmes néerlandaises ayant subi ce genre de traitements l’a « imploré de suivre l’exemple » de la Norvège.

Mark Rutte (Crédit : CC BY SA 2.0)

« A l’époque, le gouvernement néerlandais n’a pas réussi à empêcher de graves violations des droits de l’homme commises contre ces femmes et ces filles », a écrit jeudi sur son site la fondation Werkgroep Erkenning, qui défend la mémoire de tous ceux qui, à la fin de la guerre, ont été injustement traités pour leur collaboration avec les Allemands.

Ces femmes « ont été gravement humiliées, violées et jetées en prison par les militaires néerlandais, qui représentaient l’Etat », a dénoncé l’organisation.

« Ce traitement a eu des conséquences sévères et traumatisantes pour elles ainsi que pour leurs enfants. »

Le nombre exact de jeunes femmes néerlandaises ayant fréquenté des soldats allemands n’est pas connu, mais entre 13 000 et 15 000 enfants sont nés de ces relations, a estimé la chercheuse Monica Diederichs.

Beaucoup de ces femmes étaient âgées de 16 à 21 ans durant l’occupation allemande, a-t-elle ajouté.

Paul Blokhuis, le secrétaire d’Etat néerlandais en charge des affaires reliées à la guerre, n’a pas encore pris connaissance de la lettre envoyée par la fondation Werkgroep Erkenning, a déclaré un membre officiel du gouvernement au journal De Volkskrant.

« Mais déjà après les excuses de la Norvège, il (M. Blokhuis) a dit que ce serait logique de parler à cette organisation », a-t-il expliqué au quotidien néerlandais.

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