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Une fraternité juive du New Jersey signale des cas de harcèlement antisémite

Les manifestants pro-palestiniens ont tenu des propos antisémites et craché sur des membres de la fraternité ; des œufs ont aussi été jetés lors de commémorations de la Shoah

L'Université Rutgers-Camden à Camden, dans le New-Jersey, le 1er juillet 2019. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)
L'Université Rutgers-Camden à Camden, dans le New-Jersey, le 1er juillet 2019. (Crédit : AP Photo/Matt Rourke)

Une fraternité juive fort ancienne de l’Université Rutgers, dans le New Jersey, a été la cible de plusieurs cas de harcèlement antisémite cette semaine. Les responsables de l’université ont annoncé le renforcement des mesures de sécurité sur le campus.

Les autorités ont indiqué que la fraternité AEPi de l’université avait été, pour la première fois, prise pour cible vendredi lorsque des manifestants de « Students for Justice in Palestine » (SJP), un groupe d’activistes universitaires pro-palestiniens, se sont rendus au siège de la fraternité, scandant des slogans antisémites et crachant sur les étudiants.

La directrice exécutive par intérim de Rutgers Hillel, le rabbin Esther Reed, a déclaré aux médias locaux qu’un groupe de personnes issues de la manifestation était passé par la fraternité, aux cris de
« terroriste » et « tueurs de bébés ». La manifestation « Défendre Al-Aqsa, défendre la Palestine » avait été organisée en référence et en lien avec le lieu de culte musulman à Jérusalem, théâtre de violents affrontements entre Israéliens et Arabes ces dernières semaines.

Un autre incident s’est produit lundi soir, lorsque des agresseurs non identifiés ont jeté des œufs sur la maison de la fraternité alors même que se célébrait Yom HaShoah, commémoration de la Shoah, par la lecture des noms des victimes de la Shoah pendant 24 heures.

Selon Reed, c’est la deuxième année consécutive que des œufs sont jetés sur la façade de la fraternité à l’occasion de la cérémonie de lecture des noms.

Les étudiants de la fraternité ont signalé les deux événements à la police du campus. Ils ont également été portés à la connaissance du plus grand nombre par des groupes de surveillance de l’antisémitisme en ligne.

« Nous comprenons et sommes sensibles aux préoccupations de ceux qui ont été ciblés, et nous soutenons nos étudiants, professeurs et personnels juifs », a écrit Francine Conway, rectrice de Rutgers, dans un communiqué envoyé à toute l’école. « Le harcèlement fondé sur la croyance religieuse, l’origine ethnique, le sexe, l’orientation sexuelle ou quelque raison que ce soit est contraire aux valeurs de l’Université Rutgers. »

Rutgers Hillel a condamné les incidents et déclaré qu’ils ne croyaient pas que les auteurs étaient des étudiants. Le président de l’AEPi de l’école, Adam Kaufman, un junior, a déclaré à un média local que les incidents étaient « l’exemple-même de ce qui faisait que les Juifs, en tant que communauté, ne se sentaient pas en sécurité ».

Dans un communiqué publié mercredi, Rutgers « Students for Justice in Palestine » a déclaré qu’aucune des personnes qui se sont affrontées aux étudiants de la fraternité AEPi après la manifestation n’était des étudiants de Rutgers ou des membres officiels de leur groupe, et que toute affirmation contraire était « entièrement fausse et sans fondement ».

Le groupe a également affirmé avoir obtenu « des séquences vidéo qui suggèrent que ce sont des membres de l’AEPi qui ont approché les individus qui ont assisté à notre rassemblement en les insultant, tenant des propos islamophobes dans le but de provoquer une altercation physique ».

SJP n’avait pas publié lesdites séquences vidéo en ligne vendredi, et le groupe n’a pas répondu à une demande de commentaires de la JTA concernant ces images. Dans sa déclaration, le groupe indique avoir remis les images à la police universitaire, ajoutant qu’il consulterait le groupe de défense juridique Palestine Legal ainsi que la section du Council on American Islamic Relations du New Jersey.

L’antisémitisme à Rutgers, établissement fréquenté par environ 15 % d’ étudiants juifs, est un sujet brûlant, et ce depuis des années. En mai dernier, le doyen de l’université, Christopher Molloy, avait publié une déclaration condamnant l’antisémitisme sur le campus, avant de se rétracter face à l’hostilité de la section « Students for Justice in Palestine » de l’établissement.

L’ex-directeur de Hillel à Rutgers, Andrew Getraer, a confié à la Jewish Telegraphic Agency, au moment de prendre sa retraite l’année dernière, qu’il pensait que l’antisémitisme de gauche à l’œuvre sur le campus, stimulé par l’activité antisioniste, était en hausse.

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