Une guerre par procuration israélienne se profile-t-elle avec l’Iran ?
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Une guerre par procuration israélienne se profile-t-elle avec l’Iran ?

Jérusalem continue de contrecarrer les efforts de Téhéran pour s’enraciner en Syrie, et les analystes prédisent la "pire guerre que la région ait connue depuis des décennies"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Des partisans iraniens favorables au gouvernement brûlent les drapeaux israéliens et américains lors d'un rassemblement à Mashhad en soutien au régime après que les autorités ont déclaré la fin des récentes manifestations, le 4 janvier 2018 (Crédit : AFP Photo / Tasnim News / Nima Najafzadeh)
Des partisans iraniens favorables au gouvernement brûlent les drapeaux israéliens et américains lors d'un rassemblement à Mashhad en soutien au régime après que les autorités ont déclaré la fin des récentes manifestations, le 4 janvier 2018 (Crédit : AFP Photo / Tasnim News / Nima Najafzadeh)

Suite à la prétendue frappe d’Israël sur des cibles iraniennes en Syrie, un conflit militaire entre l’Etat juif et la République islamique semble de plus en plus probable, estiment plusieurs analystes et responsables.

« Quand n’importe quel autre jour, les chances de [conflit militaire actif avec l’Iran] sont d’environ 1 %, maintenant elles sont d’environ 10 % », a déclaré mardi l’ancien Premier ministre et ministre de la Défense Ehud Barak.

« Les Iraniens répondront probablement à la frappe attribuée à Israël, même si ce n’est pas immédiatement le cas », a estimé Amos Yadlin, le directeur de l’Institut d’études sur la sécurité nationale.

« L’Iran envisagera de lancer une riposte officielle pour les attaques contre ses soldats cette fois afin de dissuader Israël de continuer à frapper les forces iraniennes en Syrie ».

Si et quand les Iraniens décideront d’attaquer Israël, a-t-il ajouté, ils ne le feront pas depuis leur propre territoire. « Les théâtres possibles pour le faire sont la Syrie, le Liban, ou n’importe où ailleurs dans le monde, et l’Iran peut employer son utilisation caractéristique des terroristes par procuration. »

Jonathan Schanzer, vice-président de la Fondation pour la défense des démocraties, a également prédit une « confrontation » imminente entre Israël et l’Iran sur le sol syrien, allant jusqu’à anticiper la « pire guerre » dans le Moyen-Orient depuis des décennies.

« Connaissant le long passé de l’Iran comme sponsor des groupes terroristes qui ciblent Israël, couplé avec des appels réguliers à la destruction de l’Etat d’Israël, on le voyait venir depuis longtemps », écrit Schanzer, un ancien analyste financier du gouvernement américain, dans Politico.

« Les groupes syriens et libanais qui agissent par procuration pour l’Iran, qui sont armés jusqu’aux dents avec jusqu’à 250 000 roquettes, se préparent à affronter les forces militaires les plus avancées du Moyen-Orient. Cela promet d’être la pire guerre que la région ait connue depuis des décennies. »

Citant la « situation tendue », le Premier ministre Benjamin Netanyahu a demandé mercredi à ses ministres de ne pas commenter publiquement la situation actuelle en matière de sécurité vis-à-vis de l’Iran et de la Syrie.

Mais dans les conversations privées, les responsables israéliens considèrent également qu’une « collision » imminente avec l’Iran est inévitable.

Israël a tracé mes lignes rouges, déclarant à maintes reprises qu’il ne permettra pas à l’Iran de s’enraciner dans les rangs militaires en Syrie. Mais puisque la République islamique est déterminée à faire exactement cela, le raisonnement veut que, tôt ou tard, les intérêts diamétralement opposés des parties se transformeront en un conflit militaire à part entière.

Les tensions irano-israéliennes ont longtemps couvé, principalement à cause des ambitions nucléaires de Téhéran et de son objectif déclaré d’effacer Israël de la carte. Mais les événements récents en Syrie suggèrent que l’affrontement anticipé pourrait survenir plus tôt que plus tard.

Cette photo publiée par les médias iraniens montre la base aérienne T-4 dans le centre de la Syrie après une attaque de missiles lundi 9 avril 2018. (Médias iraniens)

Lundi, Israël aurait lancé une frappe aérienne sur une base aérienne syrienne qui a tué plusieurs personnes, dont au moins sept responsables iraniens. Alors que de nombreux observateurs croyaient initialement que les Etats-Unis avaient déclenché la frappe en réponse à la prétendue attaque chimique du régime d’Assad contre des civils dans la banlieue de Damas, la Russie, la Syrie et l’Iran ont publiquement accusé Israël.

Téhéran, qui reste généralement muet au sujet des frappes israéliennes portant atteinte à ses ressources en Syrie, a reconnu (- par le biais de ses médias semi-officiels – que les Iraniens ont été tués par les avions de guerre israéliens et a juré de se venger.

« Les crimes ne resteront pas sans réponse », a déclaré mardi à Damas Ali Akbar Velayati, conseiller de haut rang du guide suprême iranien Ali Khameini.

La visite de Velayati dans la capitale syrienne cette semaine est probablement axée sur la manière dont les deux pays alliés devraient réagir à l’attaque d’Israël, selon Shimon Shapira, un expert sur l’Iran et le Hezbollah au Centre des affaires publiques de Jérusalem.

L’attaque aérienne de lundi a frappé une section de drones iraniens dans la base de T4 en Syrie, qui était sous commandement iranien exclusif, a-t-il indiqué. L’un des sept Iraniens tués pendant la grève détenait le grade de colonel.

« Les allégations de Téhéran et de Moscou qu’Israël a mené le bombardement aérien et causé de graves dommages à la cible iranienne augmente la probabilité d’une détérioration de la situation militaire entre l’Iran et Israël », a estimé Shapira, qui a servi de secrétaire militaire à Netanyahu pendant son premier mandat.

« L’Iran pourrait augmenter ses tentatives de frapper Israël via le plateau du Golan en utilisant le Hezbollah et ses groupes chiites de la ‘légion étrangère’ qu’il a établis en Syrie », a-t-il poursuivi. éFinalement, cette détérioration peut déborder de la Syrie et conduire à des tentatives iraniennes et du Hezbollah de frapper des cibles israéliennes et juives à l’extérieur de la région. »

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