Une instance rabbinique réaffirme la judéité des Juifs éthiopiens
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Une instance rabbinique réaffirme la judéité des Juifs éthiopiens

Cette décision vise à lutter contre la discrimination et les doutes sur la judéité, qui durent depuis 40 ans, malgré leur reconnaissance par l'ex-Grand-rabbin d'Israël

Des manifestants éthiopiens israéliens place Rabin à Tel Aviv, le 30 janvier 2019 (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)
Des manifestants éthiopiens israéliens place Rabin à Tel Aviv, le 30 janvier 2019 (Crédit : Luke Tress/Times of Israel)

Un organe rabbinique de haut rang a décidé de renforcer la reconnaissance de la judéité des membres de la communauté éthiopienne Beta Israël, après qu’une décision précédente sur la question n’eut pas empêché certains responsables de remettre en cause leur héritage.

La mesure du Conseil du Grand Rabbinat avait été prise sans fanfare en novembre, a rapporté dimanche la chaîne publique Kan. Elle est intervenue plus de 45 ans après que le rabbin en chef de l’époque, Ovadia Yosef, a statué que les membres de la communauté Beta Israel étaient juifs, dans une décision révolutionnaire ayant ouvert la voie au rapatriement de dizaines de milliers d’Éthiopiens en Israël.

Cependant, certains continuent à remettre en question ou à refuser de reconnaître comme juifs les membres de la communauté, suscitant des accusations de racisme.

En 2018, un établissement vinicole casher s’était attiré des foudres après qu’on a découvert que la société ne permettait pas aux travailleurs éthiopiens de toucher le vin par crainte qu’ils ne soient pas juifs, ce qui rendrait le vin non casher.

Le rabbin Yehuda Deri, qui avait fait pression pour renforcer l’initiative d’Ovadia Yosef, a salué « une décision historique dont on se souviendra pendant des générations en Israël, en particulier au sein de la communauté éthiopienne », selon le quotidien Haaretz.

Son frère, Aryeh Deri, est à la tête du parti politique ultra-orthodoxe Shas, fondé par l’ancien grand-rabbin Ovadia Yosef.

Le rabbin Yehuda Deri (à droite), alors grand rabbin de la ville de Beer Sheva au sud d’Israël, au Mur occidental à Jérusalem le 12 décembre 2012. (Crédit : Yoav Ari Dudkevitch / FLASH90)

Itim, un groupe de défense des droits du pluralisme religieux, a également salué cette décision en affirmant dans une déclaration que la discrimination à l’encontre des personnes d’origine éthiopienne ces dernières années avait notamment trait à « la mise en doute par l’establishment religieux de leur appartenance au peuple juif ».

Ne’emanei Torah Va’Avodah, un groupe religieux libéral, s’est également félicité de cette évolution, la qualifiant de « progrès significatif du rabbinat sur la voie de la correction de son attitude à l’égard des Juifs d’origine éthiopienne ».

Environ 140 000 juifs éthiopiens vivent aujourd’hui en Israël, une petite minorité dans un pays de près de 9 millions d’habitants. Mais leur assimilation n’a pas été sans heurts, beaucoup d’entre eux arrivant sans diplôme et tombant dans les mailles du chômage et de la pauvreté.

L’été dernier a été marqué par de grands rassemblements, parfois violents, après l’assassinat par la police d’un adolescent non armé, le dernier d’une série d’incidents de racisme et de brutalité policière contre les Éthiopiens-Israéliens.

Des Éthiopiens et leurs partisans manifestent contre la violence et la discrimination policières après la mort de l’Éthiopien Solomon Tekah, 19 ans, abattu il y a quelques jours à Kiryat Haim par un policier non en service, le 15 juillet 2019, à Jérusalem. (Yonatan Sindel/Flash90)

Si les immigrants juifs éthiopiens de la communauté Beta Israël sont reconnus comme étant pleinement juifs et n’ont pas eu besoin de se convertir à leur arrivée dans le pays, les immigrants d’Éthiopie appartenant à la petite communauté Falash Mura, qui avait abandonné le christianisme au 19e siècle pour adopter le judaïsme, doivent se convertir conformément aux normes orthodoxes après avoir immigré.

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