Une jihadiste allemande accusée de crimes contre l’humanité en Syrie
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Une jihadiste allemande accusée de crimes contre l’humanité en Syrie

Nurten J. est notamment accusée d'avoir "suivi l'idéologie de l'EI selon laquelle la réduction à l'état d'esclave des Yazidis est justifiée", a expliqué le parquet de Karlsruhe

Un terroriste de l'État islamique brandissant le drapeau de l'organisation djihadiste. Illustration. (Crédit : Alatele fr/CC BY-SA/Flickr)
Un terroriste de l'État islamique brandissant le drapeau de l'organisation djihadiste. Illustration. (Crédit : Alatele fr/CC BY-SA/Flickr)

Une Allemande, qui avait rejoint les rangs de l’organisation jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie, a été mise en accusation pour crimes contre l’humanité en lien avec les persécutions infligées à la minorité yazidie, a annoncé mercredi le Parquet fédéral allemand.

Présentée comme Nurten J., l’Allemande, qui avait rejoint la Syrie avec sa fillette de 3 ans en février 2015, est emprisonnée depuis son retour en Allemagne le 24 juillet 2020 après avoir été expulsée de Turquie, a précisé le parquet dans un communiqué.

Nurten J. est notamment accusée d’avoir « suivi l’idéologie de l’EI selon laquelle la réduction à l’état d’esclave des Yazidis est justifiée », a expliqué le parquet de Karlsruhe.

En 2016 et 2017, « au cours d’une cinquantaine de visites » d’une amie qui venait accompagnée d’une Yazidie réduite à l’état d’esclave, l’accusée a fait travailler sans la rémunérer cette Yazidie, a indiqué le parquet.

Cérémonie du Nouvel an de la communauté yézidie irakienne, à Bashiqa, près de Mossoul, le 19 avril 2017. (Crédit : Safin Hamed/AFP)

Elle est également accusée de crimes de guerre et d’avoir bafoué ses devoirs parentaux en emmenant sa petite fille dans une zone de guerre.

Après avoir rejoint la Syrie, l’accusée, dont l’âge n’a pas été précisé, a épousé un « haut responsable » de l’organisation jihadiste arrivé lui aussi d’Allemagne.

Deux procès se tiennent actuellement en Allemagne en lien avec des crimes commis sur la minorité kurdophone du Nord de l’Irak. A Francfort, un Irakien, Taha Al-Jumailly, répond depuis avril de meurtre et génocide pour avoir laissé mourir de soif une petite fille yazidie.

Son épouse allemande, Jennifer Wenish est jugée depuis un an et demi pour le même meurtre à Munich.

En octobre, une Germano-Tunisienne épouse d’un jihadiste a été condamnée par un tribunal allemand à trois ans et demi de prison pour avoir notamment contribué à réduire à l’état d’esclave une jeune Yazidie lorsqu’elle séjournait en Syrie.

La petite minorité ethno-religieuse yazidie est devenue tristement célèbre comme la plus persécutée par les jihadistes, qui ont réduit ses femmes à l’esclavage sexuel, enrôlé de force des enfants-soldats et tué des hommes par centaines, en déferlant en 2014 sur les monts Sinjar dans le nord-ouest de l’Irak.

L’une de ces esclaves sexuelles, Nadia Murad, a reçu en 2018 le prix Nobel de la paix.

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