Une Juive amérindienne nommée juge à la Cour suprême de l’Etat de Washington
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Une Juive amérindienne nommée juge à la Cour suprême de l’Etat de Washington

Aussi historique que soit la nomination de Raquel Montoya-Lewis, le gouverneur assure avoir fait appel à elle "parce qu'elle est la meilleure pour ce poste"

La nouvelle juge de la Cour suprême de Washington, Raquel Montoya-Lewis, a prêté serment, le 6 janvier 2020 à Olympia, dans l'Etat de Washington. (Crédit : AP Photo/Ted S. Warren)
La nouvelle juge de la Cour suprême de Washington, Raquel Montoya-Lewis, a prêté serment, le 6 janvier 2020 à Olympia, dans l'Etat de Washington. (Crédit : AP Photo/Ted S. Warren)

KVELLER via JTA — La première juge autochtone de la Cour suprême de l’État de Washington, Raquel Montoya-Lewis – qui s’avère être également juive – a prêté serment.

Le gouverneur Jay Inslee a nommé Montoya-Lewis, 51 ans, à la plus haute cour de Washington. Bien qu’elle soit la première Amérindienne à prêter serment, »le plus important est que je ne sois pas la dernière », a déclaré Montoya-Lewis.

Montoya-Lewis est seulement la deuxième personne d’ascendance amérindienne à siéger à la Cour suprême d’un État. Elle a été nommée pour combler un siège vacant, et ce jusqu’à l’automne, où elle sera sur le bulletin de vote de novembre 2020.

Montoya-Lewis est un membre inscrit de la tribu indienne Pueblo of Isleta, et descend de la tribu indienne Pueblo of Laguna par son père. Sa mère est juive.

Montoya-Lewis est née en Espagne en 1968, où son père était stationné alors qu’il servait dans l’armée de l’air américaine. Elle a fait ses études de premier cycle à l’Université du Nouveau Mexique, puis ses études de droit à l’Université de Washington. Après avoir obtenu son diplôme de droit en 1995, elle a obtenu une maîtrise en service social. Selon The Spokesperon-Review, « elle voulait compléter sa formation juridique par une compréhension de la façon dont la loi affecte les gens. »

La juge Raquel Montoya-Lewis, à gauche, marche avec le gouverneur de Washington, Ja Jason Inslee, du Capitole au Palais de Justice pour sa nomination en tant que nouveau membre de la Cour suprême de l’État, le mercredi 4 décembre 2019, à Olympia, dans l’Etat de Washington. (Crédit : AP Photo/Elaine Thompson)

Montoya-Lewis a mené une carrière remarquable jusqu’à présent. Elle a été professeur titulaire à l’université de Western Washington et a été juge en chef de trois tribus amérindiennes de Washington : la tribu indienne Nooksack, la tribu indienne Upper Skagit et la nation Lummi. Elle a également siégé à la Cour supérieure de Washington de janvier 2015 à décembre 2019.

Sa nomination a été annoncée en décembre 2019.

« Parce que la juge Montoya-Lewis est amérindienne, nombreux sont ceux qui mettront l’accent sur la nature historique de cette nomination », a déclaré le gouverneur Inslee. « Et il est tout à fait approprié de le faire. Mais je veux que le dossier montre que la juge Montoya-Lewis est le genre de juge exceptionnelle que je veux voir siéger à la plus haute cour de notre État parce qu’elle est la meilleure personne pour ce poste. »

Lors d’une conférence de presse annonçant sa nomination, un journaliste a demandé à Montoya-Lewis : « quel est selon vous le plus gros problème de préjugés implicites dans les tribunaux en ce moment ? »

« Le plus grand obstacle est de faire comprendre aux gens que nous avons tous des préjugés dans notre prise de décision, que c’est un problème général – je le fais, vous le faites, nous le faisons tous », a-t-elle répondu. « C’est souvent, dans mes formations, le point de départ : reconnaître que ce n’est pas quelque chose dont il faut être gêné, mais quelque chose qu’il faut reconnaître. »

Des membres de la tribu indienne Port Gamble S’Klallam chantent et jouent du tambour lors de la cérémonie d’assermentation de la nouvelle juge de la Cour suprême de Washington, Raquel Montoya-Lewis, au centre, à droite, et de la nouvelle présidente de la Cour suprême, Debra Stephens, au centre, à gauche, le 6 janvier 2020, à Olympia, dans l’Etat de Washington. (Crédit : AP Photo/Ted S. Warren)

Lors de la cérémonie d’assermentation au début du mois, une avocate présente, Shannon Kilpatrick, a tweeté que Montoya-Lewis a parlé « de façon émouvante de son passé et de ses expériences avec un père de la tribu Pueblo et une mère juive et de l’importance d’avoir une magistrature diversifiée ».

Comme l’a dit Montoya-Lewis à propos du bâtiment de la Cour suprême de Washington : « la première pensée que j’ai eue, c’est que ces couloirs et ces marches n’ont pas été construits [par des gens] qui avaient en tête des personnes comme moi. »

Lors de la cérémonie, il y a eu une invocation du président de la nation indienne Quinault, des chansons d’ouverture et de clôture des Port Gamble S’Klallam Singers, et une bénédiction du rabbin Seth Goldstein, un rabbin basé à Olympia , dans l’Etat de Washington.

Goldstein a tweeté qu’il était « honoré » d’être invité à prononcer la bénédiction :

Voici une courte vidéo de l’entrée de Montoya-Lewis :

« J’ai été élevée avec l’idée qu’il faut se souvenir que l’on est issus de survivants. Mes ancêtres, des deux côtés de ma famille, ont survécu au génocide, aux internats institutionnels, aux tentatives d’éradication de leur culture, et pourtant, comme mon père me l’a souvent rappelé, ‘nous avons survécu' », a déclaré Montoya-Lewis après sa nomination.

« Je suis ici grâce à leur résilience, leur courage, leur intelligence et leur engagement profond en faveur de la justice. »

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