Une société funéraire de NYC lance un appel aux dons pour des talitoth
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Une société funéraire de NYC lance un appel aux dons pour des talitoth

Le groupe offre des enterrements à ceux qui ne peuvent pas payer les frais ; 134 funérailles ont eu lieu le mois dernier en pleine pandémie de coronavirus

Des centaines de châles de prières donnés à l'Hebrew Free Burial Association après un appel aux dons d'Andrew Parver. (Crédit : Andrew Parver via JTA)
Des centaines de châles de prières donnés à l'Hebrew Free Burial Association après un appel aux dons d'Andrew Parver. (Crédit : Andrew Parver via JTA)

JTA– Le téléphone d’Andrew Parver n’arrête pas de sonner depuis dimanche.

Et pour cause, depuis dimanche, celui qui est directeur des opérations de l’Hebrew Free Burial Association à New York a lancé un appel aux dons pour des châles de prière destinés aux enterrements traditionnels juifs.

Moins de 48 heures plus tard, il avait obtenu 150 châles et de nombreuses promesses de dons venant du sud de la Floride et de Pittsburgh.

« Mon téléphone n’a pas arrêté – appels, e-mails, WhatsApp », a raconté Andrew Parver à la Jewish Telegraphic Agency mardi. « Je sais que des rabbins ont relayé cet appel à leurs communautés, et je ne connais même pas ces rabbins. »

L’Hebrew Free Burial Association réalise des enterrements juifs à titre gracieux pour les Juifs qui décèdent et ne disposent pas des fonds nécessaires pour payer les frais funéraires. Habituellement, l’association dispose de suffisamment de châles de prières pour plusieurs mois d’avance.

Mais la pandémie de coronavirus à New York a donné lieu à une augmentation de la demande d’enterrements. Depuis le 1er avril, l’association a procédé à 134 enterrements, soit quatre fois plus que le nombre d’inhumations habituel pour la même période de l’année. Et elle s’est rapidement retrouvée à court de châles.

« Nous avons épuisé nos réserves », a rapporté Andrew Parver. « Cela n’est jamais arrivé ».

Des centaines de châles de prières déposés sur le perron de la maison d’Andrew Parver, pour l’Hebrew Free Burial Association après un appel aux dons d’Andrew Parver. (Crédit : Andrew Parver via JTA)

Dimanche, il a envoyé un e-mail à la communauté juive de Teaneck dans le New Jersey. Le lendemain matin, il a lancé le même appel sur Facebook.

« Avez-vous de vieux talitoth, quel que soit leur état, dont vous pourriez faire don à l’Hebrew Free Burial Association ? », a-t-il écrit sur la page Facebook de l’association, utilisant le mot hébreu pour châles de prière.

Les dons ont alors commencé à pleuvoir.

Dimanche soir, Andrew Parver avait déjà récolté une centaine de châles de prières aux domiciles de fidèles de la région et un colis de 50 châles avait été déposé devant sa porte. Dix autres personnes se sont portées volontaires à New York, dans le New Jersey et à Baltimore pour devenir des points de dépôt et ont obtenu au moins 200 châles.

Avec plus de 350 châles collectés, il n’est pas sûr d’en avoir d’autres. Mais les appels du pays entier n’ont pas cessé, et il pense maintenant en obtenir d’autres. Il est également certain que le besoin continuera à grandir.

La coutume juive veut que les hommes soient vêtus d’un linceul blanc puis enveloppés d’un châle de prière avant d’être enterrés dans un cimetière juif. L’association n’enveloppe pas les femmes dans ces châles, comme le veut la coutume orthodoxe.

« Depuis des millénaires, les Juifs sont enterrés de la même manière – un linceul immaculé, un cercueil en pin », a commenté Andrew Parver, expliquant qu’il s’agissait d’une manière de « se connecter à nos ancêtres ».

Un petit groupe formé de membres de la famille et d’amis lors des funérailles du rabbin Ben-Zion Cooperstock, décédé des suites des complications d’une infection au coronavirus, à la maison funéraire Shamgar de Jérusalem, le 5 avril 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

L’association reçoit généralement des châles en guise de dons régulièrement pendant l’année. Ils proviennent de synagogues qui ferment ou de personnes qui en rachètent des nouveaux et font dons de leurs anciens. Parfois, certaines personnes retrouvent des châles ayant appartenu à leurs parents ou grands-parents.

« Chaque talith raconte une histoire », indique Andrew Parver. « Quelqu’un a porté ce talith à la synagogue, quelqu’un a versé des larmes en portant ce talith, priant pour quelque chose qui était important pour lui à ce moment de sa vie. »

Certains des appels reçus évoquaient un lien sentimental avec les châles. Un rabbin a raconté au bénévole qu’il avait gardé un châle pendant des années pour sa valeur sentimentale, mais qu’il était prêt à s’en séparer après avoir entendu cet appel.

Andrew Parver estime que l’afflux de dons témoignait d’une forme de dons que les gens pouvaient faire alors qu’ils sont confinés.

« C’est un moyen très tangible pour les gens de se sentir reliés et de faire le bien dans le monde quand nous en avons le plus besoin », souligne-t-il.

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