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Une splendide aquarelle de Van Gogh, volée par les nazis, vendue aux enchères

La vente devrait régler un différend entre les héritiers des deux familles juives qui l’ont possédée durant la période nazie, et les héritiers d’Edwin Cox, dernier propriétaire

La peinture « Meules de blé » (1888) de Vincent van Gogh, qui sera proposée dans la vente dédiée « The Cox Collection : The Story of Impressionism », à New York, le 11 novembre 2021. L'aquarelle, volée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, est estimé à 20-30 millions de dollars. (Crédit : Christie's)
La peinture « Meules de blé » (1888) de Vincent van Gogh, qui sera proposée dans la vente dédiée « The Cox Collection : The Story of Impressionism », à New York, le 11 novembre 2021. L'aquarelle, volée par les nazis pendant la Seconde Guerre mondiale, est estimé à 20-30 millions de dollars. (Crédit : Christie's)

Une aquarelle de Vincent Van Gogh volée par les nazis sera vendue aux enchères, à New York, le 11 novembre prochain. L’œuvre s’intitule « Meules de blé » et a été peinte en 1888.

Sa valeur est estimée entre 20 et 30 millions de dollars (entre 17,2 millions et 25,9 millions d’euros). Elle est issue de l’une des périodes les plus recherchées de Van Gogh – la dernière partie de sa vie.

Sa vente devrait permettre de régler un conflit juridique entre les héritiers des deux familles juives qui l’ont possédée durant la période nazie, et les héritiers d’Edwin Cox, homme d’affaires et collectionneur décédé en 2020 qui en était le propriétaire depuis 1979. Le fruit de la vente sera redistribué aux trois parties.

« Meules de blé », peint dans la ville d’Arles, est une étude préparatoire à l’huile sur toile « Meules de blé en Provence », peinte une semaine plus tard.

L’œuvre est passée dans de nombreuses mains. L’artiste l’avait d’abord offerte à son frère Théo, avant qu’elle n’arrive chez l’industriel berlinois Max Meirowsky en 1913. Celui-ci, préparant sa fuite face à la menace nazie, l’a vendue à un marchand d’art parisien en 1938, avant de partir pour Amsterdam.

Alexandrine de Rotschild l’a rachetée, avant de fuir en Suisse au début de la Seconde Guerre mondiale et de voir sa collection d’œuvres d’arts être saisie par les nazis.

L’histoire de l’œuvre entre la fin de la guerre et les années 1970 reste indéterminée. Edwin Cox l’a achetée à la galerie Wildenstein à New York en 1979.

Avant la vente, intitulée « The Cox Collection : The Story of Impressionism », qui regroupe également d’autres œuvres, le tableau sera exposé chez Christie’s à Londres jusqu’au 21 octobre – sa première exposition publique depuis 1905.

Giovanna Bertazzoni, vice-présidente de l’art des XXe et XXIe siècles chez Christie’s, a qualifié la peinture d’une des œuvres sur papier les plus puissantes de van Gogh.

« Tout est à couper le souffle : le sujet emblématique, l’état parfait de la gouache, l’intensité de l’encre dans les hachures, les virevoltes caractéristiques qui définissent le paysage, l’échelle ambitieuse de la composition », a-t-elle déclaré jeudi dans un communiqué.

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