Une start-up judéo-druze écoute les appels pour contrôler la santé des interlocuteurs
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Une start-up judéo-druze écoute les appels pour contrôler la santé des interlocuteurs

Healthymize, de Haïfa, est une application d’intelligence artificielle qui écoute les voix des patients atteints de maladies pulmonaires et d’autres pathologies

Le Dr Shady Hassan, à droite, et Daniel Aronovich de Healthymize à la conférence BPCO de Chicago, en juillet 2017. (Crédit : autorisation)
Le Dr Shady Hassan, à droite, et Daniel Aronovich de Healthymize à la conférence BPCO de Chicago, en juillet 2017. (Crédit : autorisation)

Parfois, être écouté alors qu’on est au téléphone n’est pas si négatif, et cela peut même sauver votre vie.

Healthymize, une start-up de Haïfa, a développé une application d’intelligence artificielle totalement automatisée, gérée par un cloud pour surveiller les voix des patients affectés par divers problèmes de santé, comme l’asthme, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), des pathologies cardiaques ou des maladies mentales.

La technologie, qui a déjà décroché le premier prix dans une compétition de start-ups dans le domaine de la santé connectée, doit maintenant passer par des phases de test dans le monde entier. L’histoire de la création est un exemple du genre de synergie que l’espace des start-ups israéliennes est capable de créer.

Les fondateurs d’Healthymize, le Dr Shady Hassan et Daniel Aronovitch, se sont rencontrés pendant un hackaton en 2015 au Technion, l’Institut de technologie d’Israël. Ils étaient tous les deux d’anciens élèves de l’école, mais leurs chemins étaient très différents.

Hassan, né et élevé dans le village druze de Julis dans le district du nord, était médecin à l’hôpital Carmel. Aronovitch, dont la famille originaire d’URSS a immigré en Israël en 1990, était étudiant en doctorat d’ingénierie électrique, qui avait travaillé chez Microsoft et était chef d’une équipe de développeurs d’algorithme dans une unité de Tsahal.

Le Dr Shady Hassan, à gauche, et Daniel Aronovich de Healthymize dans leurs bureaux de Haïfa, en 2017. (Crédit : autorisation)
Le Dr Shady Hassan, à gauche, et Daniel Aronovich de Healthymize dans leurs bureaux de Haïfa, en 2017. (Crédit : autorisation)

La première rencontre d’Hassan et Aronovitch s’est poursuivie par une séance d’échange d’idées qui, d’après eux, a conduit à la création de Healthymize.

Le PDG, Hassan, a expliqué qu’il avait remarqué que pour certaines maladies affectant la voix, comme la BPCO, les symptômes et les effets sur la voix étaient liés, puisque la voix des patients s’améliorait quand ils recevaient des traitements.

L’idée au cœur de Healthymize est partie de là. Healthymize surveille les appels entrant et sortant des patients qui choisissent de l’utiliser, détectant les anomalies et les possibles signes de crise, « alors nous pouvons alerter les patients, leurs familles et l’équipe médicale », a déclaré Hassan.

Peu après la création d’Healthymize, Hassan et le directeur technique, Aronovitch, ont rencontré Rafi Gidron, entrepreneur dans le domaine de la technologie et fondateur de nombreuses start-ups. Gidron les a aidés à trouver des financements, et a rejoint le projet en tant que président.

L’entreprise a bénéficié d’un financement de l’Autorité pour l’innovation d’Israël, et a récemment reçu le soutien d’un investisseur de pointe dans ce secteur. Healthymize cherche d’autres investisseurs, a dit Hassan.

Healthymize peut potentiellement être utilisée pour une grande variété de pathologies, et a rencontré un grand succès parmi les professionnels de la santé spécialisés dans le traitement des pathologies respiratoires comme la BPCO, a déclaré Hassan. La start-up israélienne a rencontré des spécialistes pendant le développement de la technologie, et a présenté son projet lors d’une conférence de la Fondation contre la BPCO en juillet à Chicago.

« Ils étaient tous très intéressés, et ont proposé de collaborer au projet, a déclaré Hassan. Ils disent à leurs étudiants d’écouter la voix des patients », a-t-il ajouté avant d’expliquer que, quand les médecins qui traitent ces pathologies reçoivent des e-mails de patients se plaignant de symptômes, ils les rappellent pour avoir une meilleure idée de la condition des patients en écoutant leur voix. Healthymize cherche à apporter une dimension technologique à ce processus.

« C’est automatisé à 100%, et basé sur l’intelligence artificielle », a expliqué Aronovitch.

Le financement mondial pour des start-ups privées dans le domaine de la santé numérique a augmenté pour la septième année consécutive en 2016, atteignant 6,1 milliards de dollars contre 5,9 milliards de dollars en 2015 et seulement 357 millions de dollars en 2009, selon le cabinet new-yorkais CB Insights.

Alors que la grande majorité des investissements concerne des entreprises en phase de développement, quelques entreprises déjà développées ont également réussi à lever des fonds importants au niveau mondial.

Les patients qu téléchargent l’application Healthymize voient leurs conversations surveillées, et les résultats de l’analyse sont téléchargés sur une plateforme cloud. Si quelque chose ne va pas, Healthymize est la première à le savoir, et c’est crucial, a déclaré Hassan.

« Les patients atteints d’une BPCO ne vont pas chez leur médecin quand les symptômes commencent, la plupart attendent quatre jours ou plus, a expliqué Hassan. Un retard de seulement 24 heures double le risque d’hospitalisation. »

« Nous allons empêcher beaucoup de ces hospitalisations », a-t-il déclaré.

Healthymize semble monter en puissance. En septembre, il a remporté le mHealth, la plus grande communauté médicale connectée au Moyen Orient, dans le concours des start-ups connectées dans le domaine de la santé d’Israël. Hassan a expliqué que son système sera bientôt mis en place aux Etats-Unis, surveillant 100 patients pendant six mois.

Aronovitch, en regardant la croissance de entreprises technologiques basées sur la voix comme Amazon Echo et Google Home, pense que le futur de Healthymize va bien au-delà des téléphones mobiles.

« Nous voulons que notre technologie soit installée non seulement sur les téléphones portables, mais aussi sur n’importe quel appareil que les gens ou les patients utilisent. »

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