Une Turque inculpée pour complicité avec le Hamas – médias
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Une Turque inculpée pour complicité avec le Hamas – médias

L'avocat d'Ebru Özkan, 27 ans, soupçonnée d'avoir transféré de l'argent au groupe terroriste, a déclaré qu'elle ne s'était pas entretenue avec sa famille depuis son arrestation

Ebru Özkan, une femme turque arrêtée en Israël et soupçonnée de complicité avec le Hamas (Autorisation)
Ebru Özkan, une femme turque arrêtée en Israël et soupçonnée de complicité avec le Hamas (Autorisation)

Cela fait un mois qu’Israël a placé une femme turque en détention. L’Etat juif l’a inculpée dimanche pour complicité avec l’organisation terroriste du Hamas, ont fait savoir des informations parues dans les médias.

Ebru Özkan, 27 ans, a été arrêtée à l’aéroport Ben-Gurion le 11 juin et sa détention a été prolongée à de multiples reprises devant le tribunal. Cette arrestation a été massivement commentée dans les médias turcs et sa libération a été vivement recommandée en Turquie dans la mesure où les accusations à son encontre seraient « sans fondement ».

« Elle est soupçonnée de constituer une menace pour la sécurité nationale (israélienne) et d’avoir des liens avec une organisation terroriste », a indiqué le Shin Bet, le service de sécurité intérieure, sans préciser le nom de l’organisation.

En faisant référence directement au cas d’Ebru Ozkan, le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a affirmé vendredi à l’agence d’Etat Anadolu que son pays avait pris contact avec les autorités israéliennes.

« Il y a des mesures spécialement dissuasives qu’ils (les Israéliens) prennent contre nos concitoyens, spécialement à Jérusalem, et nous saurons à donner une réponse à tout cela », a-t-il dit, sans donner de détail.

« Israël doit renoncer à sa politique erronée et inhumaine ainsi qu’aux persécutions sans pitié », a aussi déclaré le ministre turc.

Özkan avait été appréhendée pour être interrogée alors qu’elle achevait un voyage de trois jours en Israël, après le passage du contrôle de la frontière, ont fait savoir sa famille et ses amis, selon les médias turcs.

Cet interrogatoire aura finalement duré des heures et sa détention des semaines, et Özkan a eu l’interdiction d’entrer en contact avec le monde extérieur pendant deux semaines, comme c’est le cas en Israël pour les prisonniers sécuritaires. Elle a pu rencontrer un avocat ainsi que des responsables du consulat turc.

Selon Haaretz, un responsable du Shin Bet aurait indiqué dimanche qu’elle avait été arrêtée parce qu’elle était soupçonnée « de poser une menace à la sécurité nationale et d’entretenir des liens avec des organisations terroristes. Elle a été livrée aux forces de sécurité ».

Des membres armés du groupe terroriste du Hamas participent à un défilé dans les rues de Gaza City pour marquer le premier anniversaire d’un accord déterminant l’échange de 1027 prisonniers palestiniens contre le soldat israélien Gilad Shalit, le 18 octobre 2012 (Crédit : Wissam Nassar/Flash90)

Elle est soupçonnée d’avoir transféré de l’argent à un membre du Hamas, le groupe terroriste palestinien qui contrôle la bande de Gaza, a fait savoir l’avocat de la jeune femme, Omar Khamaysa, à Haaretz.

Khamaysa a clamé qu’un bon ami d’Istanbul avait demandé à Özkan de transmettre la somme de 500 dollars à un proche palestinien, ajoutant qu’elle ne savait pas que ce dernier était membre du Hamas, selon l’article.

Lors d’une visite antérieure, l’ami avait demandé qu’Özkan remette un chargeur de téléphone portable à une personne différente également membre du Hamas mais qui ne s’était jamais présentée pour le récupérer, a expliqué l’avocat.

L’article a noté que les enquêteurs de l’agence du Shin Bet n’ont pas informé l’équipe chargée de la défense d’Özkan de la nature exacte des suspicions et des accusations à son encontre et que les informations n’ont été réunies qu’à partir de ce que les autorités ont dit au tribunal et durant l’interrogatoire.

Khamaysa a également affirmé que les interrogatoires avaient eu lieu en arabe, une langue qu’Özkan ne maîtrise pas bien. L’accusée a par ailleurs déclaré que la traduction en hébreu lue devant la cour avait « dénaturé » ses paroles.

Le Shin Bet justifie fréquemment la retenue d’informations face aux équipes assurant la défense de prisonniers sécuritaires en disant que les livrer mettrait en danger les sources concernées et compromettrait la sécurité nationale.

Özkan n’a pas eu l’autorisation de parler avec les membres de sa famille, qui ont organisé plusieurs conférences de presse en Turquie pour dénoncer son emprisonnement.

« C’est une arrestation complètement arbitraire », a commenté sa soeur, Elif, à l’agence de presse Anadolu le mois dernier. « On l’accuse [d’entretenir des liens] avec une organisation terroriste mais on ne dit pas laquelle. Ce sont des accusations sans fondement ».

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président turc Recep Tayyip Erdogan, dans un montage photo fait le 1er avril 2018 (Crédit : RONEN ZVULUN AND OZAN KOSE/AFP)

Les relations entre Jérusalem et Ankara avaient explosé en 2010 suite à une opération navale israélienne sur un navire turc qui tentait de rompre le blocus israélien de la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas. Ce raid – au cours duquel des commandos de l’armée israélienne avaient été attaqués par des activistes à bord du bateau – s’était achevé par la mort de 10 Turcs. Plusieurs soldats avaient été blessés.

Au mois de mai, les relations entre l’Etat Juif et la Turquie ont à nouveau connu une période difficile après l’expulsion réciproque des ambassadeurs des deux pays dans un contexte de guerre des mots acerbes suite aux violences meurtrières survenues sur la frontière avec Gaza.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’était tourné vers les médias sociaux pour accuser Israël d’être un « Etat terroriste », coupable de « génocide » envers les Palestiniens.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait riposté peu après, clamant qu’en tant que soutien éminent du Hamas, le leader turc était lui-même impliqué dans le « terrorisme et le massacre ».

En réponse, le Premier ministre turc Binali Yildirim avait vivement recommandé aux pays musulmans de réexaminer leurs liens avec Israël tandis qu’Erdogan avait réclamé la tenue dd’un « sommet extraordinaire » de l’Organisation de coopération islamique (OCI) pour évoquer la question.

Samedi, la chaîne Hadashot a rapporté qu’Israël considérait la restriction des activités de l’agence d’aide internationale turque à Jérusalem et dans les Territoires palestiniens pour tenter de contrer les efforts présumés d’Erdogan qui voudrait étendre son influence à Jérusalem-Est.

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