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Une victime de l’incendie géant de Jérusalem poursuit les autorités en justice

L'atelier de Micha Harari, fabricant de harpes depuis 40 ans, est parti en fumée ; il réclame aujourd'hui des dommages et intérêts aux autorités pour leur manque de préparation

Micah Harari dans son atelier de fabrication de harpes brûlé par les flammes au moshav Ramat Raziel, dans les montagnes de Jérusalem, le 18 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Micah Harari dans son atelier de fabrication de harpes brûlé par les flammes au moshav Ramat Raziel, dans les montagnes de Jérusalem, le 18 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Un fabricant de harpe dont l’atelier avait été détruit lors du feu de forêt géant qui avait ravagé, au mois d’août, plusieurs communautés des environs de Jérusalem a annoncé dimanche qu’il allait porter plainte contre l’État pour son manque de préparation dans la gestion de l’incendie.

Retournant dans sa communauté de Ramat Raziel après que le feu a été maîtrisé, Micha Harari avait découvert que son atelier et sa galerie – dans lesquels se trouvaient tous ses instruments fabriqués à la main au cours des quatre dernières décennies – avaient été réduits en cendres.

« Tout a brûlé, la galerie, l’endroit où je travaillais. Il ne reste rien », a-t-il confié cette semaine à Walla, évaluant les dégâts à trois à quatre millions de shekels.

Dans son atelier, a-t-il ajouté, se trouvaient des dizaines d’objets rares conçus avec des bois précieux – et notamment avec du bois d’oliviers locaux vieux de 1 500 ans – mais aussi des machines spéciales et des équipements particuliers, entre autres.

Selon Harari, sa compagnie d’assurances avait refusé d’assurer l’atelier en raison de sa proximité avec la forêt et du risque d’incendie.

« Même avant la catastrophe, ils avaient compris le danger de ce qui pouvait arriver ici », a-t-il expliqué, faisant part de sa colère contre les autorités qui, selon lui, auraient dû faire davantage pour prévenir le désastre.

« Cet incendie dans les forêts de Jérusalem est un autre échec des autorités qui n’ont pas tiré de leçons de manière anticipée pour pouvoir préparer les forêts au risque estival – en élaguant, en établissant une zone-tampon entre les différentes forêts pour empêcher les feux de sauter de l’une à l’autre, ou en créant des coupe-feux partout dans les montages de Jérusalem », a commenté Chaya Mana, l’avocate de Harari, dans une déclaration faite au sujet de cette plainte déposée au civil contre le Conseil régional de Mateh Yehuda et le district de Jérusalem des Services israéliens de secours et d’incendie.

Des collines de Jérusalem dévastées à la suite d’un important incendie de forêt, le 22 août 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Plus de 2 500 hectares avaient été anéantis par cet incendie gigantesque qui avait dévoré les collines, aux abords de Jérusalem – dont des zones traversées par des chemins de randonnée prisés et des parcs nationaux, parmi lesquels le site de Sataf et Har Hatayasim.

Ce feu avait été l’un des plus dévastateurs de toute l’Histoire du pays, surpassant en ampleur l’incendie du nord du Carmel, au mois de décembre 2010, qui avait brûlé 2 400 hectares et entraîné la mort de 44 personnes.

S’exprimant devant les caméras de la Douzième chaîne après le sinistre, Harari avait raconté avoir pris la fuite lorsque les flammes s’étaient rapprochées de la communauté, craignant pour sa vie.

« Quand l’incendie s’est déclenché, j’étais dans mon atelier qui se trouvait à 150 mètres de la maison », avait-il dit. « J’ai vu les flammes qui commençaient à s’approcher. Mon épouse et moi-même sommes immédiatement partis. Nous n’avons même pas eu le temps de prendre un sac, de prendre des vêtements ou à manger avec nous. Il fallait que nous partions, et que nous partions tout de suite ».

Il avait publié des images sur sa page Facebook du feu en train de se rapprocher, puis des dégâts. Le cabinet de médecine naturelle de son épouse avait été, lui aussi, totalement anéanti.

« Quand j’ai vu le travail de toute une vie brûlé, réduit en centres, je me suis effondré », avait-il ajouté. « Tout est parti, il n’y a plus rien ».

The fire just before it hit the back of the harp workshop.Edited: Our dear friends have put together a campaign to help…

Posted by Micah Harrari on Tuesday, August 17, 2021

Cette semaine, l’État juif a encore étouffé sous une nouvelle vague de chaleur marquée par un faible taux d’humidité – les conditions idéales pour la propagation d’un incendie.

Au total, il y a eu 212 départs de feu, ce week-end, dans le cadre d’une série de feux de broussailles, ont fait savoir les responsables de la lutte contre les incendies. Les avions bombardiers d’eau ont fait environ cent sorties et ils ont déversé 34 500 litres de produits pour éteindre les sinistres.

Selon les autorités qui ont mené une enquête initiale sur les incendies, au moins deux importants feux de broussailles, samedi, auraient été d’origine criminelle. Aucun élément le prouvant n’a toutefois été présenté pour soutenir cette affirmation et les autorités avaient mis en garde, avant le week-end, contre un temps chaud et sec combiné à des vents – une météo où les risques d’incendie sont à leur maximum.

Il reste interdit d’allumer des feux dans tout le pays jusqu’au 30 novembre, une décision qui avait été prise en début de semaine.

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