Une vidéo de campagne imagine Ashdod sous le joug des haredim
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Une vidéo de campagne imagine Ashdod sous le joug des haredim

Le candidat à la mairie Eli Nacht affirme que si les résidents laïcs ne se présentent pas aux urnes, les Juifs ultra-orthodoxes prendront le contrôle de leurs vies

Une vidéo de campagne du candidat Eli Nacht à Ashdod, qui imagine une ville contrôlée par les ultra-orthodoxes (Crédit : capture d'écran YouTube)
Une vidéo de campagne du candidat Eli Nacht à Ashdod, qui imagine une ville contrôlée par les ultra-orthodoxes (Crédit : capture d'écran YouTube)

Eli Nacht, candidat au conseil municipal d’Ashdod, a diffusé lundi une vidéo de campagne qui imagine ce qui se passerait si les résidents laïcs ne votaient pas et que les Juifs ultra-orthodoxes prenaient le contrôle de la ville.

La vidéo en hébreu (avec quelques mots de russe) a été publiée par Nacht sur sa page Facebook. Elle met en scène un rêve qui se déroule au lendemain des élections.

Un homme non religieux se réveille et retrouve sa femme qui prépare le petit-déjeuner, en compagnie d’un ultra-orthodoxe en train d’étudier dans sa cuisine. Cet homme explique qu’il séjournera chez eux afin de rendre pratiquants 12 personnes, faute de quoi, il devra y rester un an.

Le fils du couple entre en scène, vêtu à la manière d’un ultra-orthodoxe, et explique à son père qu’il s’agit du nouvel uniforme de l’école.

Quand il y a une rupture de courant, la compagnie d’électricité explique qu’un membre de la famille n’a pas embrassé la mezouza en entrant dans la maison.

L’homme ultra-orthodoxe assis dans la cuisine rappelle au père le nombre de fois où son fils a fauté en se masturbant. Il recommande également une application pour lui trouver une femme, mais explique qu’en raison de ses notes médiocres obtenues dans les matières bibliques, ses choix seront limités.

Quand le père de famille part faire ses courses, son téléphone lui indique que les supermarchés qui vendent de la nourriture non casher ont été fermés et que les autres magasins ont des horaires réservés aux hommes et d’autres créneaux réservés aux femmes.

A son retour, il découvre que la télévision ne diffusera pas son match et que son téléphone ne fonctionne plus, car ils sont passés en « mode Shabbat ».

Il montre à sa femme les draps qu’il a achetés. Ces draps comportent un petit trou, en référence au mythe que les couples religieux n’ont de rapports conjugaux qu’à travers ce type de tissu.

La vidéo se termine par une courte allocution de Nacht, qui affirme qu’à moins que la population laïque ne se présente aux urnes, l’avenir de la ville sera entre les mains de « quelqu’un d’autre ».

Le candidat Eli Nacht à Ashdod, qui a diffsé une vidéo de campagne qui met en scène une ville contrôlée par les ultra-orthodoxes (Crédit : capture d’écran YouTube)

Nacht a souligné que cette vidéo n’était qu’une satire, mais certains l’ont accusé d’incitation contre la communauté ultra-orthodoxe de la ville.

« Le film a secoué la communauté ultra-orthodoxe, qui se sent déjà marginalisée et prise pour cible parce qu’elle a l’intention de faire fermer un centre commercial pendant Shabbat », a déclaré le journaliste local Shai Malul à Hadashot TV.

« La campagne est déjà assez mouvementée et ce film n’a fait qu’attiser le feu. Les ultra-orthodoxes se sentent victimes d’incitation. »

« Personne ne veut faire de la ville [d’Ashdod] Bnei Brak ou Beit Shemesh », a déclaré Shneur Elmaliach, un militant ultra-orthodoxe de la ville. « La vidéo est une incitation explicite contre la communauté ultra-orthodoxe. »

« Imaginez si je faisais une vidéo sur les Russes, que je les dépeins comme des porcs qui veulent contrôler Ashdod », a-t-il poursuivi. « Il y aurait eu des émeutes dans la ville et ils m’auraient attaqués, et ce, à juste titre. »

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