Universitaire iranien condamné à mort : des rapporteurs de l’ONU demandent sa libération
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Universitaire iranien condamné à mort : des rapporteurs de l’ONU demandent sa libération

Ahmadreza Djalali est accusé d'intelligence avec le Mossad ; selon Téhéran, il serait lié à l'assassinat de deux responsables du programme nucléaire iranien

Un rassemblement à l'ambassade iranienne de Bruxelles en soutien à Ahmadreza Djalali près que la cour suprême a maintenu la condamnation à mort de ce ressortissant suédois né en Iran spécialiste de la médecine d'urgence, le 14 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / BELGA AND Belga / VIRGINIE LEFOUR)
Un rassemblement à l'ambassade iranienne de Bruxelles en soutien à Ahmadreza Djalali près que la cour suprême a maintenu la condamnation à mort de ce ressortissant suédois né en Iran spécialiste de la médecine d'urgence, le 14 décembre 2017 (Crédit : AFP PHOTO / BELGA AND Belga / VIRGINIE LEFOUR)

Quatre rapporteurs de l’ONU ont appelé mercredi l’Iran à annuler « immédiatement » la condamnation à mort de universitaire iranien Ahmadreza Djalali, accusé par Téhéran d’espionnage au profit des services secrets israéliens.

« L’exécution de M. Djalali doit être immédiatement suspendu et il doit être libéré et pouvoir effectivement exercer son droit à bénéficier de réparations », ont écrit dans un communiqué les rapporteurs, dont le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, Nils Melzer, et la rapporteure spéciale sur les exécutions sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard.

En novembre, soulignent-ils, le groupe de travail de l’ONU sur la détention arbitraire a statué en faveur de M. Djalali, jugeant sa détention contraire aux principes du droit international.

M. Djalali, spécialiste de la médecine d’urgence résidant en Suède et qui a enseigné à l’université en Belgique, a été arrêté en avril 2016. Il a ensuite été détenu sans pouvoir consulter un avocat pendant sept mois, dont trois passés à l’isolement, selon Amnesty International, qui précise qu’après cette période, chacun des avocats qu’il a choisis a été refusé par le tribunal.

« Aucune accusation formelle n’a été portée à son encontre depuis près de dix mois et il a été empêché d’exercer son droit de contester la légalité de sa détention. En outre, les droits du Dr Djalali à un procès équitable devant un tribunal indépendant et impartial et à une défense effective ont été violés », dénoncent les rapporteurs de l’ONU.

Ils critiquement également sa « confession » télévisée diffusée le 17 décembre par la télévision d’état iranienne.

En janvier, l’universitaire a été conduit devant la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, sans son avocat, et a été informé qu’il était accusé d' »espionnage », notent les rapporteurs.

Ils précisent que sa condamnation à la peine de mort a été prononcée le 21 octobre sans qu’il puisse se défendre et pouvoir ensuite faire appel. Sa peine a été confirmée début décembre par la Cour suprême iranienne.

Selon Amnesty, M. Djalali est accusé d’intelligence avec le Mossad, le service du renseignement extérieur israélien. Selon Téhéran, il serait lié à l’assassinat de deux responsables du programme nucléaire iranien tués par des bombes collées à leur voiture il y a quelques années.

Alors que l’Union européenne suit d' »extrêmement près » la situation de l’universitaire, son cas a suscité l’émotion en Belgique, notamment au sein de l’Université flamande de Bruxelles (VUB, Vrije Universiteit Brussel) où il a été professeur invité.

C’est dans le cadre d’un programme universitaire sur la médecine d’urgence qu’a eu lieu « une collaboration contrôlée et vérifiée (…) avec l’Etat d’Israël qui a beaucoup d’expérience dans le domaine des attentats », a expliqué au quotidien La Libre Belgique la rectrice de la VUB Caroline Pauwels.

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