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USA : Des organisations juives du Missouri plaident pour les droits des transgenres

Ils protestent contre des lois de nature à limiter les droits des enfants transgenres et censurer la parole au sein des établissements scolaires

Des responsables juifs du Missouri se sont rendus à Jefferson City pour témoigner et agir contre plusieurs projets de loi de nature à limiter les droits des personnes trans. (Avec la permission de Daniel Bogard par l’entremise de la JTA)
Des responsables juifs du Missouri se sont rendus à Jefferson City pour témoigner et agir contre plusieurs projets de loi de nature à limiter les droits des personnes trans. (Avec la permission de Daniel Bogard par l’entremise de la JTA)

JTA — « Bonjour, je m’appelle Dan. J’ai 11 ans et j’aime pratiquer la magie et les arts du cirque, en particulier le monocycle. Je suis ici, aujourd’hui, pour témoigner contre les projets de loi de la Chambre numéros 170, 183 et 337 », dit une voix jeune au micro.

« J’aime vraiment faire du sport avec mes amis, même si honnêtement je ne suis pas très doué pour ça », ajoute-t-il.

« J’aimerais vraiment avoir la chance de jouer. »

Dan – garçon transgenre dont les parents ont demandé que son nom de famille ne soit pas rendu public – est la plus jeune personne à avoir jamais témoigné au Capitole du Missouri, la semaine passée, contre huit projets de loi déposés à la Chambre destinés à empêcher les enfants trans de participer à des sports qui correspondent à leur identité de genre et restreindre leur accès à des soins médicaux spécialisés.

Il fait partie d’une délégation de membres de la communauté juive du Missouri, avec à ses côtés quelques membres du clergé chrétien, qui se rendent régulièrement au Capitole de l’État pour défendre les droits des transgenres contre des projets de loi qui, selon les militants, violent leur liberté religieuse et causent un préjudice important à la communauté LGBTQ.

Daniel Bogard, rabbin de la Central Reform Congregation de Saint-Louis et parent d’un enfant trans, s’est rendu au Capitole de l’Etat, le 24 janvier puis de nouveau le 1er février, pour soutenir ceux qui témoignent contre les projets de loi et faire pression sur les législateurs.

Il se rend fréquemment à Jefferson City en sa qualité de militant des droits des personnes trans, effrayé par la perspective de restrictions de l’accès aux soins médicaux.

Un projet de loi souhaite ainsi interdire aux médecins et professionnels de santé de prescrire et administrer les protocoles d’affirmation de genre à toute personne âgée de moins de 18 ans. Elle entend également refuser l’accès à certains traitements, comme les bloqueurs de puberté, administrés pour retarder le début de la puberté.

« Nous voulons protéger les enfants des chirurgies et médicaments inutiles et nocifs », explique Brad Hudson, représentant Républicain et co-auteur du projet de loi. « Je dis bien nocif, parce qu’administrer aux enfants des bloqueurs de puberté, des hormones transsexuelles quand ce n’est pas de la chirurgie transgenre, viole le premier devoir de la médecine qui est de ne pas nuire. » (Le Transgender Center de l’hôpital pour enfants de St. Louis et d’autres fournisseurs assurent que ces traitements et procédures sont considérés comme sûrs par la plupart de la communauté scientifique.)

Hudson se présente également comme pasteur chrétien, disant que sa vision du monde est celle dans laquelle les êtres humains sont « à l’image de leur Créateur ».

« Ces projets de loi criminalisent des traitements prodigués à nos enfants comme le recommandent la plupart des organisations médicales et psychologiques », lui rétorque Bogard.

« En gros, les parents ont le choix entre ne pas donner à leurs enfants ces traitements et soins, connus pour leur innocuité, s’installer dans un autre État ou rester en risquant des poursuites criminelles. Ce qui me terrifie, c’est l’idée que des agents du DSS [ministère des Services sociaux] se présentent un jour à ma porte pour me prendre mon enfant. »

Bogard, qui est un habitué du Capitole de l’État depuis maintenant cinq ans, dit qu’être de retour est à la fois « pénible et motivant ».

« Ce qui est incroyable, c’est qu’à l’intérieur [du Capitole de l’État], les deux tiers des auteurs ou soutiens de ces projets de loi emploient un langage théologique ouvertement chrétien pour évoquer leurs motivations », dit-il.

« Et si l’on regarde bien, les défenseurs des enfants trans sont plutôt juifs. »

Informé avec à peine plus de 24 heures de préavis, le groupe de témoins contre les projets de loi de nature à limiter les droits des personnes trans a dû quitter St. Louis à 5h30 du matin pour arriver à temps. (avec l’aimable autorisation de Daniel Bogard via JTA)

« Je suis tellement fier de notre communauté juive, de la façon dont nous nous sommes exprimés sur cette question, ici dans le Missouri », confie Bogard, soulignant l’ancienneté – plusieurs décennies – de l’engagement des Juifs du Missouri en faveur des droits des LGBTQ.

Le groupe de défense LGBTQ PROMO, qui n’est pas lui-même un groupe juif, a été fondé par le rabbin Susan Talve, l’une des fondatrices de la synagogue de Bogard. Shira Berkowitz, une amie juive du camp d’été de Bogard, est directrice des politiques publiques et du plaidoyer de l’organisation. L’an dernier, Bogard et Berkowitz ont créé un camp d’été pour les enfants trans.

La nouvelle directrice de l’école communautaire juive Saul Mirowitz, Raquel Scharf-Anderson, a fait deux heures de route tôt, le 24 janvier, pour témoigner au nom de ses élèves.

« Je prends toutes mes décisions dans l’intérêt des enfants », explique Scharf-Anderson à la Jewish Telegraphic Agency.

« Pour tout ce qui est susceptible d’avoir un impact sur les élèves de mon école, je veux être à leurs côtés. »

Les projets de loi sur les sports, en particulier, explique-t-elle, auraient un impact sur les élèves trans des écoles privées comme Mirowitz.

Au cours de l’audience du 24 janvier, Rachel Aguirre, enseignante spécialisée qui s’est présentée sans succès au Sénat de l’État lors de la primaire Républicaine de 2022, a fait valoir que le gouvernement était « fondé sur la parole de Dieu » et que, par conséquent, les athlètes ne devraient jouer que dans des équipes dont le sexe correspond au sexe qui leur a été assigné à la naissance.

Nancy Delcour, autre témoin en faveur du projet de loi, a également invoqué le principe biblique selon lequel l’humanité a été créée à l’image de Dieu, et toute tentative pour changer cela est l’œuvre de Satan.

Avant la fin des auditions, qui auront duré neuf heures, une autre explication de « l’image de Dieu » a été donnée dans la salle d’audience.

« En tant que Juif, c’est quelque chose qui me parle beaucoup. Nous l’appelons ‘b’tzelem Elokim’, ce qui signifie littéralement ‘créé à l’image de Dieu’ », a expliqué Russel Neiss, éducateur et technologue juif, par ailleurs parent d’un enfant trans.

« Mais notre manière de comprendre ces paroles est que Dieu accorde un honneur particulier aux humains, qui doivent être traités avec dignité et se traiter les uns les autres de la même manière. »

Maharat Rori Picker Neiss, directrice exécutive du Conseil des relations de la communauté juive de Saint-Louis, rabbin et épouse de Russel Neiss, a également témoigné contre les projets de loi et en faveur de leur enfant.

« Rester assise ici pendant les deux dernières heures est l’une des choses les plus douloureuses que j’aie jamais eu à faire en tant que mère, et nous le faisons depuis quatre ans », a-t-elle déclaré.

Pour la première fois en l’espace de quatre ans, Picker-Neiss ne s’est pas rendue à l’audience du 31 janvier, mais était de retour au Capitole pour défendre les droits de son enfant dès le lendemain.

La semaine prochaine, Scharf-Anderson dit que la direction de l’école retournera au Capitole de l’État pour l’examen d’un autre projet de loi limitant ce qui peut être dit sur l’identité trans au sein des établissements scolaires.

« Nous savons que les enfants imitent ce que nous faisons et nous voulons nous assurer que nous sommes de bons modèles », dit-elle.

« Nous continuerons à soutenir les enfants qui en ont besoin, car ils font partie intégrante de nos écoles et de nos communautés. »

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