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USA : la Chambre adopte une résolution associant antisémitisme et anti-sionisme

24 démocrates juifs figurent parmi les 92 élus ayant voté "présent", récusant l'affirmation selon laquelle toutes les formes d'antisionisme sont antisémites

Cette photo composite montre le représentant républicain Max Miller de l'Ohio (R), s'exprimant lors d'une réunion annuelle de leadership de la Coalition juive républicaine, le 28 octobre 2023, à Las Vegas ; et le représentant du Parti républicain David Kustoff, du Tennessee, s'exprimant lors d'une audience de la commission des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis, le 30 septembre 2021 sur la colline du Capitole à Washington. (Crédit : AP Photo/David Becker and Al Drago/Pool via AP)
Cette photo composite montre le représentant républicain Max Miller de l'Ohio (R), s'exprimant lors d'une réunion annuelle de leadership de la Coalition juive républicaine, le 28 octobre 2023, à Las Vegas ; et le représentant du Parti républicain David Kustoff, du Tennessee, s'exprimant lors d'une audience de la commission des services financiers de la Chambre des représentants des États-Unis, le 30 septembre 2021 sur la colline du Capitole à Washington. (Crédit : AP Photo/David Becker and Al Drago/Pool via AP)

WASHINGTON (JTA) – La Chambre des représentants des États-Unis a approuvé une résolution non contraignante établissant que l’antisionisme est de l’antisémitisme, avec le soutien de tous les républicains sauf un et d’une minorité non-négligeable de démocrates.

La résolution a été introduite par les deux républicains juifs de la Chambre, Max Miller (Ohio) et David Kustoff (Tennessee). Elle se distingue par le nombre de démocrates juifs qui ont voté « présent », c’est-à-dire qui se sont abstenus, en partie parce qu’ils n’étaient pas d’accord avec le texte de la résolution qui affirmait que toutes les formes d’antisionisme étaient antisémites.

La résolution a été adoptée par 311 voix contre 14, 92 membres ayant voté « présent », dont huit des 24 démocrates juifs de la Chambre. Quatre-vingt-quinze démocrates ont voté en faveur de la résolution. Sur les 14 opposants démocrates, 13 étaient associés au « Squad », un petit groupe de progressistes d’extrême gauche. Le quatorzième était le républicain du Kentucky Thomas Massie, un libertaire qui s’oppose aux résolutions non contraignantes et qui a déjà déclaré que la législation contre l’antisémitisme restreint la liberté d’expression.

Miller et Kustoff ont présenté la résolution afin d’affirmer le soutien des États-Unis aux Juifs à la suite de la recrudescence de la rhétorique et des actes antisémites provoquée par la guerre entre Israël et le Hamas, qui a débuté lorsque le Hamas a attaqué Israël le 7 octobre.

« Considérant que, depuis le massacre d’Israéliens innocents par le Hamas, une organisation terroriste soutenue par l’Iran, le 7 octobre 2023, les incidents antisémites de harcèlement, de vandalisme et d’agression aux États-Unis ont connu un pic de 388 % par rapport à la même période l’année dernière, selon les rapports du Centre sur l’extrémisme de l’Anti-Defamation League (ADL) », stipule la résolution.

La résolution fait suite aux efforts déployés par les membres juifs, y compris les républicains et les démocrates, qui souhaitaient présenter un front uni au lendemain de la guerre, et une semaine après que tous les membres, sauf deux, ont voté en faveur d’une résolution affirmant le droit à l’existence d’Israël. Le débat intervient également dans un contexte de critiques croissantes à l’égard de la gestion par Israël de la guerre à Gaza, y compris de la part de membres du Congrès.

Le débat qui s’est déroulé lundi à la Chambre des représentants a rapidement tourné autour de la section résolue de la résolution Miller-Kustoff, et de sa détermination à ce que la Chambre « déclare clairement et fermement que l’antisionisme est de l’antisémitisme ».

Le représentant Jerry Nadler, un démocrate de New York, assiste à une audience sur le terrain de la commission judiciaire de la Chambre, à New York, le 17 avril 2023. (Crédit : John Minchillo/AP)

Le représentant démocrate Jerry Nadler de New York, le Juif ayant le plus d’ancienneté à la Chambre des représentants et l’un des principaux défenseurs des dénonciations passées de l’antisémitisme, a prononcé un discours décrivant les cas dans lesquels l’antisionisme ne constitue pas de l’antisémitisme.

« La résolution suggère que tout antisionisme est antisémite », a expliqué Nadler, qui a reçu une éducation orthodoxe. « Il s’agit là d’un manque de sincérité intellectuelle ou d’une erreur factuelle. Et cela implique injustement beaucoup de mes anciens électeurs orthodoxes de Brooklyn, dont beaucoup de familles sont nées des cendres de la Shoah. »

« Si la plupart du temps l’antisionisme est effectivement antisémite, les auteurs, s’ils connaissaient un tant soit peu l’histoire et la culture juives, devraient savoir que l’antisionisme juif n’était, et n’est toujours, PAS spécifiquement antisémite », a souligné Nadler. « Cette résolution ignore le fait qu’aujourd’hui encore, certaines communautés juives hassidiques orthodoxes – les Satmar à New York et d’autres – ainsi que les adhérents du mouvement ouvrier juif pré-étatique ont eu des points de vue qui sont en contradiction avec la conception sioniste moderne. »

Nadler et ses collègues juifs, Jamie Raskin (Maryland) et Dan Goldman (New York), ont présenté cette semaine une résolution distincte condamnant l’antisémitisme et la liant à la stratégie de lutte contre l’antisémitisme de l’administration Biden, que la résolution approuvée mardi ne mentionne pas.

Les trois hommes ont également rédigé un texte en octobre soutenant l’administration Biden pour son soutien à Israël dans sa guerre avec le Hamas ; les 24 démocrates juifs ont signé cette lettre, mais certains s’en sont désolidarisés depuis, appelant Biden à faire pression en faveur d’un cessez-le-feu.

Dans son discours, Kustoff a établi un lien entre les préjugés anti-israéliens et antisémites, dans une allusion à la représentante Rashida Tlaib, une démocrate du Michigan qui a utilisé la phrase « Du fleuve à la mer, la Palestine sera libre », que certains interprètent comme antisémite.

La représentante démocrate du Michigan, Rashida Tlaib, prend la parole lors d’une manifestation pro-palestinienne à Washington, le 20 octobre 2023. (Crédit : Jose Luis Magana/AP)

« Nous avons assisté à une explosion, une explosion absolue, d’incidents, d’attaques et de harcèlement antisémites en Israël, dans notre propre pays et à travers le monde », a affirmé Kustoff.

« Plus de juifs ont été assassinés le 7 octobre que n’importe quel autre jour depuis la Shoah. Il faut le savoir », a ajouté Kustoff. « Nous avons même vu des membres de cette même assemblée répéter une rhétorique ouvertement antisémite et répandre des mensonges sur Israël et son droit à l’existence ».

Selon Nadler, les républicains utiliseraient la résolution à des fins politiques. « Je ne peux m’empêcher de noter que, bien que cette résolution condamne et dénonce fermement l’antisémitisme, ses auteurs ont soigneusement évité de mentionner les exemples évidents d’antisémitisme provenant de leurs propres dirigeants », a indiqué Nadler, énumérant un certain nombre d’exemples dans lesquels Donald Trump, l’ancien président et probable candidat à la présidentielle de 2024, a été accusé d’antisémitisme.

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