UWORK propose des emplois aux olim pour lutter contre le blues de l’alyah
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UWORK propose des emplois aux olim pour lutter contre le blues de l’alyah

Un site internet cible "olim" et locuteurs de langues étrangères, en leur proposant une variété d'emplois dans des entreprises de tout le pays

Une capture écran du site internet UWORK, une plateforme d'emploi pour les immigrants. (Autorisation)
Une capture écran du site internet UWORK, une plateforme d'emploi pour les immigrants. (Autorisation)

Trouver un emploi quand on est un immigré peut être difficile, du fait de la barrière de la langue, de la culture et même de l’accent. Cela vaut aussi pour les nouveaux arrivés en Israël, les « olim ». Aujourd’hui, une nouvelle entreprise tente de les aider à entrer sur le marcher du travail israélien.

« Les olim estiment qu’il est difficile de trouver un emploi, mais les employeurs ont également du mal à identifier les locuteurs de langue étrangère », explique Lilach Avraham, la PDG et fondatrice de UWORK, une agence de recrutement en ligne destiné aux nouveaux immigrés en Israël.

Lilach Avraham a créé l’agence en octobre 2018 après avoir travaillé pendant plus de 10 ans dans les ressources humaines. Chez le fournisseur de logiciels Amdocs, elle aidait l’entreprise à trouver des employés, avant de monter une entreprise de recrutement pour le grand public.

Lilach Avraham, PDG et fondatrice de UWORK, un site qui met en relation Olim et emplois. (Autorisation)

« Je travaille dans le domaine du recrutement d’olim et de locuteurs étrangers depuis plusieurs années et j’ai remarqué que publier des offres d’emploi sur les célèbres plate-formes d’emploi d’Israël ne m’aidait pas vraiment à atteindre les olim », a-t-elle souligné.

C’est ce qui l’a poussée à créer son site spécifiquement destiné aux immigrés et locuteurs étrangers, proposant une variété d’emplois dans des entreprises de tout le pays. Le site est la première plateforme en ligne d’Israël destinée exclusivement à cette population, d’après Lilach Avraham.

Depuis la création de la nation en 1948, quelque 3,3 millions d’immigrés se sont installés en Israël, presque 44 % d’entre eux depuis 1990, d’après les chiffres du Bureau central des statistiques. En 2018, 28 000 personnes environ ont fait leur arrivée en Israël, une hausse de 6,6 % par rapport à 2017.

Âgé de 27 ans, Jonas Sala a quitté Paris pour l’État hébreu en 2015. Il disposait d’un master d’ingénierie informatique et avait travaillé un an dans le domaine de la veille économique et de l’assurance qualité. À son arrivée en Israël, il s’est engagé volontairement dans l’armée en tant que soldat isolé, dans la brigade Nahal.

Après la fin de son service, au début de cette année, il a commencé à jauger le terrain du marché du travail, plutôt certain que son diplôme et son expérience lui permettraient de trouver rapidement du travail.

Mais « je me suis rendu compte que je devais revoir mes ambitions à la baisse », nous a expliqué Jonas Sala par téléphone dans son hébreu à l’accent français. « En Israël, ils n’ont pas l’air d’accorder la même importance à un master étranger qu’à un master israélien ».

Le Parisien Jonas Sala âgé de 27 ans a immigré en Israël en 2015 et a rejoint l’armée en tant que soldat isolé. Il a trouvé un emploi grâce au site UWORK. (Autorisation)

Après avoir essayé plusieurs canaux, comme Facebook et les sites spécialisés, il a été dirigé vers la plateforme UWORK par l’Agence juive. Il a passé environ cinq entretiens et dégoté un emploi chez AppsVillage, une start-up qui aide les entreprises à mettre au point une appli « en un éclair ».

« Je vais bien », assure Jonas Sala, ajoutant que l’entreprise de Rishon Lezion connaissait « une croissance rapide ». Il y travaille comme ingénieur de veille économique et utilise l’hébreu et l’anglais, mais pas le français.

De la même façon, Richard, 28 ans, qui a préféré ne pas donner son nom de famille, a immigré à Netanya depuis la Roumanie en 2009 avec sa famille et travaillé comme télémarketeur en guise de premier boulot, avant d’être employé dans plusieurs entreprises différentes.

Un peu plus tôt cette année, il a décidé qu’il avait besoin d’un nouvel emploi. C’est là qu’il a entendu parler de UWORK, via Facebook. Il a alors trouvé un travail au service-clients d’une entreprise de Raanana en une semaine.

Sur UWORK, explique Lilach Avraham, les utilisateurs doivent mettre leur CV en ligne, renseigner la ou les langues qu’ils parlent et ce qu’ils recherchent. L’interface est disponible en hébreu, anglais, français, russe, espagnol, portugais, allemand, japonais et arabe.

Le site propose des emplois dans une diversité de secteurs : la tech, les hôtels qui recherchent des serveurs polyglottes et les entreprises à la recherche de traducteurs et de commerciaux, assure sa créatrice.

Lorsque le Times of Israel a accédé au site, celui-ci mettait en avant des emplois d’agent commercial anglophone, un rédacteur de contenus, un coordinateur marketing en ligne et un architecte/chef de projet pour un locuteur francophone et d’hébreu.

Six mille chômeurs immigrés y sont inscrits, et plus de 50 entreprises publient des offres d’emploi, d’après Lilach Avraham. Le site est gratuit pour les demandeurs d’emploi, mais pas pour les entreprises.

UWORK opère dans le cadre d’un programme accélérateur mis en place par Joint Israel et le National Insurance Institute. L’entreprise travaille en collaboration avec l’Agence juive, l’International Fellowship of Christians and Jews, Gvahim et Nefesh b’Nefesh, entre autres.

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