Vaccins : les transferts iraniens doivent passer par des banques américaines
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Vaccins : les transferts iraniens doivent passer par des banques américaines

Avec plus de 54 500 morts sur près de 1 195 000 personnes contaminées, l'Iran est le pays le plus durement frappé par la pandémie de Covid-19 au Proche et Moyen-Orient

Le président américain Donald Trump, (à gauche), le 22 juillet 2018, et le président iranien Hassan Rouhani, le 6 février 2018. (AP Photo)
Le président américain Donald Trump, (à gauche), le 22 juillet 2018, et le président iranien Hassan Rouhani, le 6 février 2018. (AP Photo)

Les Etats-Unis ont réclamé que les transferts de tous les fonds iraniens destinés à acheter des vaccins anti-Covid passent par des banques américaines, a affirmé samedi le président iranien, Hassan Rouhani, en disant toutefois craindre que les Américains ne saisissent cet argent.

Le président américain, Donald Trump, a retiré unilatéralement en 2018 les Etats-Unis de l’accord sur le programme nucléaire iranien conclu en 2015 avec les grandes puissances et rétabli de lourdes sanctions économiques contre Téhéran.

L’Iran a des avoirs gelés dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis, son ennemi juré.

En théorie, les aliments et les médicaments sont exemptés des sanctions américaines, mais en réalité, les banques internationales ont tendance à refuser les transactions impliquant l’Iran pour éviter d’être exposées à d’éventuels litiges.

« Nous voulions transférer les fonds du pays où se trouve notre argent » pour l’achat du vaccin et « ce pays a accepté », a dit Rouhani lors d’une réunion du Comité de lutte contre le nouveau coronavirus, sans nommer le pays en question.

« Le Bureau de contrôle des avoirs étrangers du Trésor américain (OFAC) » a, lui, dit au départ « qu’il n’y avait pas de problème » pour un tel transfert de fonds mais il « a ensuite déclaré que l’argent devrait passer par la banque américaine avant d’être transféré » pour l’achat du vaccin, a ajouté Rouhani.

« Qui peut faire confiance à des gens comme vous ? Vous avez volé notre argent partout où vous l’avez retrouvé », a-t-il lancé à l’adresse de l’administration américaine.

En avril, Rouhani s’est félicité d’une « belle victoire » juridique pour avoir obtenu le déblocage au Luxembourg de fonds s’élevant à 1,6 milliard de dollars gelés à la demande de Washington.

Avec plus de 54 500 morts sur près de 1 195 000 personnes contaminées, selon les statistiques officielles, l’Iran est le pays le plus durement frappé par la pandémie de Covid-19 au Proche et Moyen-Orient.

Début décembre, le ministre de la Santé a annoncé que l’Iran avait « pré-acheté » environ 16,8 millions de doses de vaccin via Covax, le mécanisme d’accès équitable aux vaccins mis en place par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

L’achat « pourrait être plus coûteux et avoir du retard, mais ce sera certainement fait », a assuré samedi Rouhani.

L’Iran a en outre lancé un appel aux volontaires ces derniers jours pour le début des essais cliniques sur son propre vaccin qu’il a commencé à développer au printemps, selon le ministère de la Santé.

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