Vance nie la montée de l’antisémitisme chez les républicains et dit son admiration pour Mamdani
Le vice-président américain s'oppose aux conservateurs qui alertent envers l'hostilité de la droite envers les Juifs ; sa proximité avec Tucker Carlson est regardée de près

Le vice-président américain JD Vance a déclaré jeudi qu’il n’y avait pas de regain d’antisémitisme au sein du parti républicain, battant ainsi en brèche de célèbres conservateurs qui avaient appelé l’attention sur l’hostilité envers les Juifs parmi les jeunes militants de droite.
« Il est important de le signaler quand cela arrive. Mais quand je parle à de jeunes conservateurs, je n’y vois pas la manifestation d’un antisémitisme latent », a déclaré Vance à NBC News lors d’une interview à l’occasion de la fin de sa première année au pouvoir.
Vance a ajouté que l’antisémitisme était une mauvaise chose et que le fait de « juger quelqu’un sur la couleur de sa peau ou ses traits était totalement anti-américain et même anti-chrétien. »
(Vance lui-même s’est converti au catholicisme et a confié il y a peu qu’il espérait que sa femme, hindoue, se convertisse un jour à la foi chrétienne.)
« Dans n’importe quel panier de pommes, il y en a de mauvaises. Mon avis, sur la question, est qu’il faut se montrer ferme et redire que l’antisémitisme et le racisme sont mauvais. … C’est presque de la calomnie de dire que le Parti républicain ou le mouvement conservateur sont extrêmement antisémites », a-t-il ajouté.
C’est là la réponse la plus directe de Vance au sénateur Ted Cruz et à d’autres personnalités de droite qui, depuis quelques semaines, alertent de la montée de l’antisémitisme chez les conservateurs, surtout depuis que Tucker Carlson, un proche de Vance, a accueilli le négationniste de la Shoah Nick Fuentes dans son podcast.
Les propos de Vance s’inscrivent dans un débat plus large et encore ouvert au sein du parti Républicain sur la manière dont il convient d’analyser la popularité croissante de personnes ouvertement antisémites comme Fuentes, dont le mouvement en ligne « groyper » est très populaire parmi les jeunes collaborateurs et militants du Parti républicain.
Conservateurs juifs et commentateurs de droite ont témoigné de leur inquiétude face à l’influence de Fuentes, estimant qu’un nombre important de jeunes Républicains suivaient ses contenus.
Fuentes y parle du « judaïsme organisé » comme d’une menace pour l’unité américaine.
Le silence de Vance sur l’antisémitisme a été au cœur d’une récente conférence de conservateurs juifs, dont des intervenants ont critiqué sa proximité avec Carlson.
Le président américain Donald Trump a récemment défendu Carlson suite à son interview de Fuentes en déclarant : « On n’a pas à lui dire qui il a le droit d’interviewer. »
Carlson a fait campagne pour Trump en 2024 et demeure influent au sein de l’actuelle administration.
En 2022, Trump lui-même s’était entretenu à Mar-a-Lago avec Fuentes et Ye, le rappeur qui s’est fait connaître sous le nom de Kanye West, affirmant plus tard ne pas savoir qui était Fuentes.
Vance fait lui aussi preuve de prudence.
Il a ainsi défendu Buckley, le fils de Carlson, contre des accusations d’antisémitisme sans aborder l’entretien de Carlson avec Fuentes.
En octobre dernier, on lui a reproché d’avoir répondu à la question d’un étudiant sur les Juifs et Israël sans admettre son contexte antisémite.
Dans l’interview donnée à NBC, Vance a donné le nom de politiciens progressistes qu’il a dit respecter pour diverses raisons, à commencer par le sénateur Bernie Sanders, la représentante Ro Khanna ou encore le maire élu de New York, Zohran Mamdani.
Vance a qualifié Mamdani, qui a eu un échange cordial avec le président américain Donald Trump, à la Maison-Blanche, le mois dernier, de « fascinant ».
Or, selon un récent sondage, près des deux tiers des Juifs américains considèrent Mamdani à la fois comme anti-Israël et antisémite.
« Évidemment, je ne suis pas communiste, mais il s’attaque vigoureusement à la question de l’accessibilité financière de New York, ville sans doute la plus touchée au monde sue ce point, il est intelligent et il écoute les gens, lui au moins », a déclaré Vance.
« La plupart des politiciens ont un niveau très bas ; ils n’écoutent même pas les gens. Je mettrais Mamdani, Bernie et Ro Khanna dans la catégorie de ceux qui, du moins parfois, les écoutent », a-t-il ajouté.







