Vannes : une vente aux enchères d’objets nazis suscite l’indignation de la LDH
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Vannes : une vente aux enchères d’objets nazis suscite l’indignation de la LDH

Francis Loisel, l'expert mandaté par l'étude, avait indiqué de son côté qu'il se tenait chaque année en France "des centaines de ventes de la sorte, sans que cela ne pose problème"

Un objet proposé aux acheteurs lors d'une vente aux enchères à Vannes. (Capture d'écran : svvruellan.com)
Un objet proposé aux acheteurs lors d'une vente aux enchères à Vannes. (Capture d'écran : svvruellan.com)

Une vente aux enchères d’une quarantaine d’objets du IIIe Reich, organisée samedi après-midi à Vannes, a soulevé l’indignation de la Ligue des droits de l’homme (LDH) ce vendredi. L’organisation dénonçait notamment une « banalisation de ces objets comme simples souvenirs de guerre ».

La vente regroupait 331 lots de « souvenirs historiques et armes anciennes » dont une quarantaine d’objets du IIIe Reich, ouvrages et films de propagande, banderoles de pavoisement, brassards, insignes d’honneur du parti nazi, couteaux des Jeunesses hitlériennes ou bannières à croix gammée.

Dans un communiqué publié sur Facebook, la LDH de Vannes avait fait part de sa « profonde indignation » devant un événement qui « met en lumière, sans filtre ni avertissement à visée pédagogique, ces symboles d’une idéologie nauséabonde et liés à des personnes reconnues coupables de crimes contre l’humanité ».

L’association avait ainsi saisi la Délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah).

Interrogé par l’AFP, l’organisateur de la vente, Me Jack-Philippe Ruellan, s’était dit profondément embarrassé par la polémique, assurant être à « 300 % avec les associations ». Il a expliqué que ce type de vente est autorisé « sous réserve qu’on ne fasse pas l’apologie du régime nazi », et dit avoir suivi à la lettre « les consignes du conseil national des ventes en présentant ces objets dans une pièce à part sur demande et en floutant les signes ostensibles du régime nazi dans le catalogue ».

« Ces objets figuraient dans une succession dans laquelle se trouvaient aussi des meubles, des livres, des timbres et des armes. Même si je respecte le droit, je ne suis pas très à l’aise étant moi-même un fervent combattant du fascisme », a-t-il souligné, ajoutant qu’il envisageait de les retirer de la vente.

Finalement, ce samedi, il déclarait au journal Le Télégramme : « J’ai réfléchi et pris attache avec des personnes qui ont achevé de me convaincre que j’étais totalement dans la légalité. Il n’est pas question pour moi de faire une quelconque apologie du IIIe Reich, mais ces objets font malgré tout partie de l’Histoire. » La vente des objets nazis a ainsi bien eu lieu et s’est déroulée sans incident.

Francis Loisel, l’expert mandaté par l’étude, avait indiqué de son côté qu’il se tenait chaque année en France « des centaines de ventes de la sorte, sans que cela ne pose problème ». « La vente n’est absolument pas interdite, ce qui est interdit c’est de faire l’apologie de cette idéologie et d’exposer en public les symboles nazis », avait-il déclaré, estimant qu’empêcher ce type d’événements reviendrait à « faire du négationnisme et de la censure ».

« Nous n’avons pas de nostalgiques ou de fanatiques du IIIe Reich en salle des ventes, mais des collectionneurs amateurs d’histoire. Les fanatiques, eux, vont sur Internet où ils achètent des faux », avait-il encore commenté.

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