Vel’ d’hiv’ : Haïm Korsia défend les positions d’Emmanuel Macron
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Vel’ d’hiv’ : Haïm Korsia défend les positions d’Emmanuel Macron

Le Grand rabbin de France répond au philosophe Paul Thébaud, qui défend une vision de la France non-responsable des exactions du régime de Vichy, a contrario du récent discours présidentiel lors des commémorations

Haim Korsia, grand rabbin de France. (Crédit : Facebook)
Haim Korsia, grand rabbin de France. (Crédit : Facebook)

Quelle est la responsabilité de la France dans la rafle du Vel’ d’Hiv’ ? Du 10 juillet 1940 au 20 août 1944, la France était-elle à Vichy ou à Londres ? Lors des récentes commémorations du Vel’ d’Hiv’, Emmanuel Macron est allé un peu plus loin dans le chemin tracé par Jacques Chirac reconnaissant que « la folie criminelle de l’occupant a été secondée par des Français, par l’État français » ainsi que de François Hollande évoquant « un crime commis en France par la France ».

« C’est bien la France qui organisa la rafle puis la déportation et, donc, pour presque tous, la mort », a expliqué Emmanuel Macron. « Pas un seul Allemand n’y prêta la main » a-t-il continué, plaçant le régime de Vichy dans la continuité de la montée de l’antisémitisme qui s’est épanoui sous la IIIe République, autour, par exemple, de figures tel que Louis Darquier de Pellepoix, qui deviendra en mai 1942 commissaire aux questions juives, pour remplacer Xavier Vallat, une figure jugée alors trop modérée.

Pour le Grand rabbin de France, Haïm Korsia, la polémique d’historiens qui s’en est suivie, entre partisans de la responsabilité de la France et ceux pour qui Vichy n’était pas la France, n’a pas lieu d’être.

« En premier lieu, écrit le Grand rabbin dans le Figaro, Paul Thibaud [auteur d’une précédente tribune dans le Figaro critiquant la prise de position de Macron] estime qu’on ne peut incriminer la France de la honte du Vél’ d’Hiv, car il y aurait eu alors deux France, celle de Vichy et celle de Londres ».

Si Haïm Koria ne prend pas le risque d’affirmer que « la France était à Vichy » comme beaucoup le firent en s’affirmant « gaullistes » après-guerre, il explique, à l’instar d’Ernst Kantorowitz, que Vichy et Londres restent indissociables.

« À l’image de la France, sa responsabilité quand elle est engagée est une et indivisible et elle ne peut être assignée à l’un seul de ses deux corps; écrit le Grand rabbin de France. Vichy et Londres étaient indissolublement intriqués, ils étaient ensemble cette France née de l’étrange défaite ».

Il accuse également le philosophe de peindre le régime de Vichy comme simple exécutant, mettant sa police à disposition, de la puissance d’occupation allemande.

« Les témoignages irréfutables abondent de la pleine, entière et enthousiaste adhésion des intervenants français dans la rafle de juillet 1942, depuis les perfectionnements apportés à sa conception jusqu’aux soins minutieux de la répugnante logistique, » avance Haïm Korsia qui détaille : « la compétition infâme entre les services de la police, du Commissariat général aux questions juives, et d’autres afin d’être le mieux perçu possible par le pouvoir en place et les poussant tous à proposer des solutions toujours plus macabres afin d’arriver à un meilleur ‘rendement’ des rafles ».

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