Vidéo cachée : des poulets maltraités dans une ferme aidée par l’État
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Vidéo cachée : des poulets maltraités dans une ferme aidée par l’État

Une vidéo d'un programme du ministère de l'Agriculture de mise en cage de poulets destinés à l'industrie de la viande semble réfuter une moindre souffrance

Les travailleurs d'un élevage industriel de poulets ont secrètement été filmés en train de manipuler violemment des oiseaux qui ont été mis en cage dans le cadre d'un projet pilote approuvé par le ministère de l'Agriculture. (Avec l'aimable autorisation de Animals Now)
Les travailleurs d'un élevage industriel de poulets ont secrètement été filmés en train de manipuler violemment des oiseaux qui ont été mis en cage dans le cadre d'un projet pilote approuvé par le ministère de l'Agriculture. (Avec l'aimable autorisation de Animals Now)

Des images secrètes filmées par des militants des droits des animaux semblent désavouer un système piloté par le ministère de l’Agriculture qui garderait en cage les volailles destinées à l’industrie de la viande, en se basant sur l’affirmation que les volailles peuvent ensuite être transportées à l’abattoir sans être maltraitées et souffrent donc moins.

Les images montrent des travailleurs qui sortent les volailles des cages, les attrapent par n’importe quel membre et les jettent en tas sur des tapis roulants menant à des caisses pour le transport. Ils le font si rapidement que de nombreux oiseaux tombent de leurs mains. D’autres tombent du tapis roulant. On peut voir les travailleurs les ramasser par les ailes ou le cou et arracher violemment ceux qui sont restés coincés sur le tapis roulant.

Les oiseaux sont tellement entassés dans les caisses qu’on peut voir des membres sortir des côtés. Dans certains cas, les oiseaux sont serrés les uns sur les autres.

Les poulets à viande, appelés poulets de chair, sont généralement élevés sur le sol dans de grands hangars.

Récemment, le ministère de l’Agriculture a donné le feu vert à une ferme pour mettre en cage ses 280 000 têtes de volailles en tant que projet pilote. Les cages sont couramment utilisées pour les poules pondeuses, mais à ce jour, elles n’ont pas été utilisées en Israël pour les poulets de chair.

Le résultat, selon l’association à but non lucratif Animals Now, est que « les travailleurs maltraitent les oiseaux comme s’il s’agissait d’objets pouvant être jetés, retournés, écrasés et lâchés alors qu’ils battent des ailes et montrent des signes de tension et de détresse sévère.

« Il s’agit non seulement d’un abus selon la Loi sur le bien-être des animaux, mais aussi d’une violation des directives explicites établies dans le Règlement sur le transport des volailles, qui vise à protéger les oiseaux. »

La porte-parole de Animals Now, Shira Hertzanu, a déclaré : « Nous ignorons si le ministère de l’Agriculture ment ou n’a aucune idée de ce qui se passe sous son nez. Ce qui est certain, c’est que cet élevage de poulets ne peut plus être autorisé. Nous avons déposé plainte pour mauvais traitements infligés aux animaux et nous demandons que ce dispositif de torture soit définitivement fermé. »

La mise en cage des poulets dans les fermes industrielles est de moins en moins pratiquée, a ajouté Hertzanu. Le ministre de l’Agriculture Alon Schuster a déclaré qu’il avait l’intention d’abolir les cages de batterie pour les poules pondeuses.

« Il est totalement absurde qu’en 2020, ils introduisent en Israël un nouveau système de mise en cage des poulets de chair qui, jusqu’à présent, étaient élevés dans des poulaillers fermés sans cages », a déclaré Hertzanu.

« Ces poulets souffrent de toute façon. Ils subissent une mutation génétique qui leur donne une énorme poitrine. Leurs jeunes pattes peuvent à peine supporter le poids de leur corps et beaucoup souffrent de handicaps et de blessures. Ils sont abattus alors qu’ils n’ont que 35 jours, un âge où, dans la nature, ils seraient encore sous la protection des ailes de leur mère. »

Selon une déclaration du ministère de l’Agriculture, le soutien financier potentiel pour mettre en cage les poulets de chair est « hors de propos » à l’heure actuelle, en l’absence de budget de l’État. A ce stade, la question n’est pas non plus « une priorité ». L’initiative des cages vient du secteur privé et est examinée par des professionnels, ajoute la déclaration.

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