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Violences dans la communauté arabe: Des centaines de policiers seront recrutés

Répondant au hashtag #Arab_Lives_Matter, le ministre de la police a dit que le Shin Bet sera impliqué dans la lutte contre les meurtres commis dans les secteurs arabes israéliens

Des agents de la police médico-légale et des agents à l'endroit où trois hommes morts ont été découverts, une affaire de triple meurtre présumée, dans une forêt du nord d'Israël, le 1er novembre 2020. (Crédit :  Basel Awidat/Flash90)
Des agents de la police médico-légale et des agents à l'endroit où trois hommes morts ont été découverts, une affaire de triple meurtre présumée, dans une forêt du nord d'Israël, le 1er novembre 2020. (Crédit : Basel Awidat/Flash90)

Les autorités se prépareraient à recruter dans les meilleurs délais des centaines de nouveaux agents de police et elles auraient la volonté d’impliquer l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet dans la bataille contre les crimes dans la communauté arabe, a-t-il été annoncé mardi.

Ces derniers jours ont encore été marqués par plusieurs meurtres perpétrés au sein de cette communauté, une continuation de violences internes qui ne faiblissent pas. Les usagers des réseaux sociaux se sont emparés du problème, lançant une campagne #Arab_Lives_Matter sur internet.

Un trentenaire a été tué par balle, mardi, alors qu’il se trouvait au volant de sa voiture dans le sud du désert du Negev – vingt-quatre heures après la mort violente de deux hommes qui ont été abattus pendant un mariage.

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev a écrit mardi sur Twitter qu’après l’adoption « dans les prochaines semaines » du budget de l’État, le gouvernement renforcerait ses efforts : « 1 100 policiers seront recrutés et affectés à cette tâche, les commissariats et autres postes de police seront renforcés et le Shin Bet sera impliqué dans cette lutte. »

La Douzième chaîne a fait savoir, mardi, que Barlev avait été en contact continu avec le commissaire de police Kobi Shabtai ces derniers jours et que des initiatives étaient prises pour trouver une formule juridique permettant d’impliquer le Shin Bet – dont les activités relèvent habituellement des affaires liées au terrorisme et au renseignement.

Cette information non-sourcée a indiqué qu’une deuxième initiative à court-terme consisterait à recruter des centaines d’agents de police dans les prochaines semaines, après l’approbation récente par le gouvernement du recrutement de 1 100 agents. Toutes les nouvelles recrues seront affectées à la lutte contre le crime dans la communauté arabe.

Toutefois, il faudra des mois avant que ces initiatives prises aient un effet réel sur la situation.

Le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev lors d’une cérémonie au siège national de la police israélienne à Jérusalem, le 5 septembre 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les usagers des réseaux sociaux ont commencé à partager le hashtag #Arab_Lives_Matter en anglais, en hébreu et en arabe pour protester contre ce qui, selon eux, est un manque d’action de la police face aux violences qui ont atteint des niveaux records dans la communauté arabe israélienne, ces dernières années.

Ce hashtag est devenu l’une des tendances sur Twitter, avec l’un des organisateurs de ce mouvement de protestation qui a écrit que tweeter était dorénavant « le seul instrument » mis à disposition pour attirer l’attention sur cette problématique.

Dans une série de tweets, mardi, Barlev a attribué l’origine de ces violences aux « décennies de négligence, d’indifférence et de crainte » des autorités, réticentes à l’idée de s’impliquer dans les conflits internes à la société arabe.

« Oui, #Arab_Lives_Matter est important mais tous ceux qui pensent que des décennies de négligences pourront être réglées en cent jours se font des illusions », a-t-il écrit, se référant au caractère récent du nouveau gouvernement dont il fait partie.

« Jouons cartes sur table – ce n’est pas seulement un problème de familles du crime organisé, c’est un phénomène large qui est dirigé par des extrémistes qui ont pris le contrôle de la rue arabe », a-t-il ajouté.

« Où étiez-vous, vous, les responsables de la communauté ? », a-t-il interrogé tout en évoquant le nombre très élevé d’armes illégales dans les localités arabes.

Soulignant sa détermination à combattre le crime violent, Barlev a dit qu’attraper les assassins seulement ne saurait résoudre le problème et il a noté les propositions faites par le gouvernement pour s’attaquer à la racine du mal.

Selon un bilan qui a été établi par l’organisation à but non-lucratif Abraham Initiatives, 89 citoyens arabes et druzes israéliens ont été tués jusqu’à présent dans des homicides, cette année.

Ce bilan devrait éclipser celui qui avait été enregistré l’année dernière, quand 69 Arabes israéliens avaient trouvé la mort dans des violences communautaires – de loin le chiffre le plus élevé de mémoire récente.

Les Arabes reprochent à la police de ne pas parvenir à réprimer les organisations criminelles puissantes et de détourner largement le regard face à ces violences – avec, entre autres, des querelles familiales, des guerres entre gangs ou des violences faites aux femmes.

Selon un rapport établi par la Knesset en 2020, environ 400 000 armes illégales circulent en Israël, la vaste majorité dans les communautés arabes.

Le mois dernier, le Premier ministre Naftali Bennett a déclaré que les violences et les crimes, dans la société arabe israélienne, étaient des « fléaux nationaux » alors qu’il rencontrait de hauts-responsables du gouvernement et de la police pour mettre en place un plan de lutte contre ces violences.

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