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Violences sexuelles et corruption : un rapport accable SOS Villages d’Enfants

La commission d'enquête composée de 10 membres a visité une dizaine de pays, consulté des milliers de documents et mené 188 entretiens avec des victimes et des responsables

Collège SOS village d'enfants de Calavi 2. (Crédit : FayssalAd via Wikimedia)
Collège SOS village d'enfants de Calavi 2. (Crédit : FayssalAd via Wikimedia)

De l’Amérique latine à l’Asie, l’ONG internationale SOS Villages d’Enfants a étouffé depuis les années 1980 de nombreuses affaires de violences sexuelles et de corruption, révèle un rapport sans appel publié mercredi.

Dans un entretien à l’AFP, sa directrice générale Ingrid Johansen a évoqué un document « difficile à lire pour notre personnel » mais témoignant d’une volonté de « transparence poussée ».

A son arrivée en 2021 à la tête de l’organisation, la responsable scandinave a entrepris de « réparer les erreurs du passé » et de se démener pour reconquérir la confiance des donateurs.

Dans cette démarche « d’introspection », un audit indépendant a été confié à une équipe dirigée par Willy Mutunga, un ancien président de la Cour suprême du Kenya.

Objectif : faire la lumière sur une série de cas de maltraitance apparus au sein de la structure, fondée en 1949 en Autriche afin de venir en aide aux orphelins et enfants ne bénéficiant pas d’une prise en charge adéquate par leur famille.

Avec 2,5 millions de mineurs et leurs proches enregistrés dans 137 pays et territoires en 2022, SOS Village d’Enfants se présente comme « la plus grande organisation mondiale » de ce type.

Willy Mutunga. (Crédit : Ford Foundation CC BY 2.0)

« Culture de la peur »

La commission d’enquête composée de 10 membres a visité une dizaine de pays, consulté des milliers de documents d’archives et mené 188 entretiens avec des victimes, d’anciens responsables et des encadrants actuels.

Au fil d’un rapport de 262 pages, il en ressort une liste accablante.

« Nous confirmons des allégations graves de violences » commis sur des mineurs dans plusieurs pays, peut-on lire dans ce texte consulté par l’AFP.

« De nombreux cas de grossesses d’enfants » résultant notamment de viols ont été documentés, des fillettes ayant subi des « avortements forcés » sans que le « consentement des familles soit établi ».

Au Népal, un généreux donateur a été accueilli dans un centre, « à l’encontre du règlement », et a commis des agressions sexuelles sur des enfants entre 2010 et 2014. L’un d’entre eux a même été envoyé en Autriche pour lui rendre visite.

Des scandales ont été passés sous silence, les lanceurs d’alertes intimidés, des preuves détruites et les autorités tenues dans l’ignorance.

Au Panama, où la commission relève une « culture de la peur », une victime a été contrainte de se rétracter avant d’être placée à l’isolement puis de devoir quitter les lieux.

De manière générale, le rapport déplore « une volonté de protéger l’organisation » au détriment des intérêts de l’enfant.

Enfants arrachés à leur famille

Outre le Népal et le Panama, les enquêteurs ont confirmé d’importantes défaillances au Cambodge, au Kenya, en Sierra Leone et en Syrie.

Dans ce pays, SOS Villages d’Enfants, l’une des rares ONG restées sur place durant la guerre, a reçu à partir de 2015 des enfants séparés de force de leur famille appartenant à l’opposition au régime du dictateur Bachar al-Assad.

« Ils sont aujourd’hui réunis avec leurs proches et aucun d’entre eux ne fait plus partie de nos programmes », affirme Mme Johansen.

Plus récemment, l’antenne russe de l’ONG a été suspendue après la révélation dans la presse d’accusations de prise en charge d’enfants ukrainiens probablement « déportés » par Moscou.

« Comme il s’agit d’une grave allégation, la mesure restera en place jusqu’à ce que nous soyons sûrs à 100 % que tout est en ordre », souligne la directrice.

Au-delà des cas de maltraitance, le document détaille un « nombre significatif » de malversations, d’abus de pouvoir, d’irrégularités dans les passations de marchés portant parfois sur « des millions de dollars ».

SOS Villages d’Enfants affiche sa volonté de tout remettre à plat au niveau global : un poste de défenseur des droits a été créé, plus de la moitié des membres de la direction ont été remplacés et les centres d’accueil ont été renforcés.

Environ 500 victimes ont bénéficié d’un soutien individualisé, psychologique, logistique ou financier.

Mais « malgré de nombreuses initiatives de réformes, la transformation n’a pas été totalement mise en place », déplore le rapport, certaines « normes de l’ancienne structure entravant le travail de la nouvelle direction ».

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