Washington, Londres, Berlin et Wellington critiquent l’appropriation des terres
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Washington, Londres, Berlin et Wellington critiquent l’appropriation des terres

L'appropriation de 236 hectares de terres par Israël près de Jericho en Cisjordanie mine les perspectives d'une solution à 2 États

La vallée du Jourdain. (Crédit : CC BY Trocaire, Flickr)
La vallée du Jourdain. (Crédit : CC BY Trocaire, Flickr)

Les gouvernements des États-Unis, du Royaume-Uni, de l’Allemagne et de Nouvelle-Zélande ont critiqué l’appropriation des terres par Israël de 236 hectares près de la ville de Jéricho en Cisjordanie.

Le porte-parole du département d’Etat américain John Kirby a été interrogé sur ce sujet pendant une conférence mardi après-midi avec des journalistes.

Il a déclaré que les Etats-Unis étaient « préoccupés » et a souligné qu’il y avait une « augmentation significative » comparée aux deux dernières conversions en 2014 : près de 408 hectares près de Bethléem et dans le Gush Etzion et 102 hectares dans la même zone.

« Cette décision est, à notre avis, la dernière étape dans ce qui semble être un processus continu d’expropriations de terres, d’expansions des implantation et de légalisations des avant-postes qui, fondamentalement, minent les perspectives d’une solution à deux Etats », a déclaré Kirby.

« Comme nous l’avons dit précédemment, nous nous opposons fermement à toutes les mesures qui permettent d’accélérer l’expansion des implantations, qui soulèvent de sérieuses questions sur les intentions à long terme d’Israël. Et comme nous l’avons indiqué à plusieurs reprises, nous continuons à regarder des deux côtés pour qu’ils démontrent avec leurs actions et leurs politiques un véritable engagement vers une solution à deux Etats. Des actions telles que celles-ci font exactement le contraire ».

Mardi, le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Moshe Yaalon ont approuvé l’appropriation de 236 hectares, selon la radio militaire.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères de l’Allemagne a déclaré mercredi que Berlin craint que le terrain exproprié soit utilisé pour étendre les implantations israéliennes, rendant un accord de paix avec les Palestiniens, difficile.

Sawsan Chebli a déclaré que « le gouvernement allemand regrette cette décision et espère qu’elle sera inversée ».

Chebli a ajouté que la décision israélienne « envoie un mauvais signal au mauvais moment ».

Le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni a également publié un communiqué mercredi, affirmant que la décision israélienne endommage les perspectives de paix avec les Palestiniens.

« Nous condamnons la décision du gouvernement israélien de prendre plus de 585 acres [236 hectares] de terres en Cisjordanie [et de les désigner] comme ‘terre d’Etat’. Ces mesures nuisent clairement aux perspectives faiblissantes d’une solution à deux Etats. Le Royaume-Uni et ses partenaires internationaux ont constamment appelé à mettre fin à l’expansion des implantations, ce qui est illégal en vertu du droit international et un obstacle à la paix », a-t-il dénoncé.

« Si le gouvernement israélien est vraiment engagé envers une solution à deux Etats, alors il reviendra sur sa décision », a-t-il ajouté.

Le Premier ministre Netanyahu, lors d'une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de la Nouvelle-Zélande, Murray McCully en juin 2015. (Crédit : Flash90)
Le Premier ministre Netanyahu, lors d’une rencontre avec le ministre des Affaires étrangères de la Nouvelle-Zélande, Murray McCully en juin 2015. (Crédit : Flash90)

Le ministre de la diplomatie néo-zélandaise Murray McCully, dont le pays est actuellement membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, a indiqué qu’il discuterait avec ses collègues du Conseil de la façon de répondre à cette décision « profondément inopportune ».

« L’activité de colonisation d’Israël continue de menacer la viabilité de la solution à deux Etats », a déclaré M. McCully dans un communiqué. Il a dit espérer voir Palestiniens et Israéliens reprendre le chemin des négociations, même si « ce dernier développement ne servira qu’à les éloigner davantage ».

Cette appropriation a été décidée alors que la relation s’est tendue avec l’Union européenne, qui plus tôt cette semaine a précisé dans une déclaration que ses accords avec Israël ne dépassaient pas la Ligne verte, suscitant la colère de Jérusalem.

La déclaration a été signée le 10 mars par le chef de l’administration civile de l’armée israélienne pendant la visite en Israël et à l’Autorité palestinienne du vice-président américain Joe Biden.

Le vice-président américain Joe Biden avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 9 mars 2016 (Crédit : FLASH90)
Le vice-président américain Joe Biden avec le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, dans la ville de Ramallah en Cisjordanie, le 9 mars 2016 (Crédit : FLASH90)

La terre, maintenant vide et désert, est répartie sur les deux côtés de la route 1, l’artère nord-sud, près de la mer Morte. Une partie des terres est située à l’intérieur de l’implantation juive d’Almog, qui a pour projet de construire 358 unités de logement là-bas, selon l’ONG La Paix Maintenant. Il y a un processus d’appel de 45 jours.

Israël a déjà utilisé une loi ottomane 1858, qui stipule que les terres en jachère pendant plusieurs années, peut devenir la propriété du gouvernement, comme base juridique de son appropriation.

L’ONG israélienne La Paix Maintenant a critiqué cette déclaration dans un communiqué mardi.

« Cette déclaration est une confiscation de facto des terres palestiniennes à des fins d’implantations », a indiqué le groupe.

« Au lieu d’essayer de calmer la situation, le gouvernement met de l’huile sur le feu et envoie un message clair aux Palestiniens, ainsi qu’aux Israéliens, qu’il n’a pas l’intention de travailler pour la paix et pour deux états. Netanyahu prouve encore une fois que la pression des colons est plus importante pour lui que la détérioration de la sécurité ».

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