Washington : plus d’aide à l’UNWRA si les Palestiniens rejettent les pourparlers
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Washington : plus d’aide à l’UNWRA si les Palestiniens rejettent les pourparlers

"Nous allons nous assurer qu'ils viennent à la table et nous voulons faire avancer le processus de paix," a déclaré l'envoyée américaine à l'ONU

Une femme palestinienne avec son bébé dans un centre de l'UNRWA dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 août 2014. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Une femme palestinienne avec son bébé dans un centre de l'UNRWA dans le camp de réfugiés de Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 13 août 2014. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Les Etats-Unis ont menacé mardi de couper l’aide versée à l’agence de soutien aux réfugiés palestiniens des Nations unies si Ramallah devait refuser de prendre place à la table des négociations pour une reprise des négociations de paix.

Suite à la reconnaissance, le 6 décembre, de Jérusalem en tant que capitale d’Israël par le président Donald Trump, le chef de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas a affirmé que les Etats-Unis avaient renoncé à leur rôle traditionnel de médiateur dans le conflit israélo-palestinien. Il a également refusé de rencontrer des responsables américains en ce qui concerne le processus de paix, notamment l’envoyé américain Jason Greenblatt.

Parlant aux journalistes mardi au siège de l’ONU, l’ambassadrice américaine aux Nations unies Nikki Haley a souligné que l’Amérique restait engagée en faveur d’un accord de paix et indiqué que l’administration Trump couperait les aides octroyées si les Palestiniens refusaient de s’engager dans des négociations de paix.

Répondant à la question d’un journaliste qui lui demandait si les Etats-Unis continueraient à fournir des fonds à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) – qui fournit une aide de millions de dollars aux réfugiés palestiniens – suite à une résolution non-contraignante adoptée le mois dernier par l’Assemblée générale qui condamnait la reconnaissance américaine de Jérusalem comme capitale israélienne, Haley a dit que Trump se préparait à couper ces aides si les Palestiniens devaient refuser de revenir à la table des négociations.

« Je pense que le président a dit à la base qu’il ne veut donner aucun financement supplémentaire avant que les Palestiniens n’acceptent de revenir à la table des négociations », a dit Haley. « Nous tentons de faire avancer un processus de paix mais si cela ne doit pas arriver, le président ne va pas continuer à financer cette situation ».

Les Etats-Unis avaient menacé de prendre des mesures de rétorsion après ce vote.

« Nous nous en souviendrons quand on nous demandera encore une fois de verser la plus importante contribution » financière à l’ONU, avait lancé l’ambassadrice aux Nations unies.

Se faisant la porte-voix du président américain, elle avait déploré devoir « payer pour le privilège douteux d’être méprisés », menaçant à nouveau de « mieux dépenser » l’argent des Américains à l’avenir.

Depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump s’est targué de pouvoir obtenir un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens, un dossier sur lequel tous ses prédécesseurs ont échoué.

L’émissaire du président américain pour le Proche-Orient, Jason Greenblatt, multiplie depuis des mois les rencontres dans la région pour tenter de relancer l’entreprise de paix moribonde. Jared Kushner, gendre et conseiller de M. Trump, est également chargé de travailler sur un plan de paix.

L’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley s’exprime durant une rencontre du Conseil de sécurité au Moyen Orient le 18 décembre 2017 au siège des nations unies à New York (Crédit : AFP Photo/Kena Betancur)

« Les Palestiniens doivent maintenant montrer leur bonne volonté – qu’ils veulent venir à la table des négociations. Aujourd’hui, ils n’y viennent pas mais ils demandent de l’aide. Nous ne donnons pas l’aide », a ajouté Haley. « Nous allons nous assurer qu’ils viennent à la table et nous voulons faire avancer le processus de paix ».

Les Etats-Unis ont été le premier soutien de l’UNRWA en 2016, en donnant la somme de 368 429 712 dollars. Ils sont également le premier fournisseur d’aide financière aux Palestiniens.

Dans son discours, Haley a également défendu son veto, le mois dernier, à une résolution du Conseil de sécurité qui condamnait la déclaration de Trump, au cours de laquelle il a également fait part de sa volonté de relocaliser l’ambassade américaine de Tel Aviv à Jérusalem.

« Je me suis défendue avec fierté même si j’ai été la seule au sein du Conseil de sécurité à lutter pour faire respecter la volonté de la population des Etats-Unis », a-t-elle dit. « Les Américains veulent voir le déménagement de l’ambassade à Jérusalem et nous avons fait avancer cela ».

Les Etats-Unis ont été le seul pays de cette instance de 14 membres à voter contre la mesure. A l’Assemblée générale, la résolution a été adoptée par 128 votes contre 9.

Les responsables américains insistent sur le fait qu’ils gardent l’intention de rechercher un traité de paix. Lorsque Greenblatt est revenu dans la région il y a deux semaines – même s’il a été boudé par Ramallah – l’administration a répété que les efforts de paix restaient une priorité.

« Comme nous l’avons dit depuis l’annonce sur Jérusalem, nous avons anticipé des réactions comme celles qui animent la région mais nous allons continuer à travailler dur sur notre plan de paix », avait déclaré un haut-responsable de l’administration au Times of Israel à ce moment-là.

« Le président reste plus engagé en faveur de la paix que jamais », avait-il ajouté.

Les espoirs d’une solution à deux Etats ont encore été douchés mardi lorsque le Parlement israélien a adopté un projet de loi visant à compliquer le passage sous souveraineté palestinienne de certaines zones de Jérusalem dans le cadre d’un futur accord de paix. « Une déclaration de guerre » pour le président palestinien Mahmoud Abbas.

La décision américaine sur Jérusalem, le 6 décembre, avait provoqué la colère des Palestiniens qui veulent faire de Jérusalem-est capturée par Israël la capitale de l’Etat auxquels ils aspirent et une vague de critiques dans le monde.

Quelques jours après cette annonce controversée, le président palestinien Mahmoud Abbas avait annoncé qu’il ne recevrait pas le vice-président américain Mike Pence dans le cadre d’une visite prévue en décembre et finalement repoussée à mi-janvier.

Les détails de cette visite seront annoncés « dans les prochains jours », a indiqué la porte-parole de Mike Pence, Alyssa Farah.

Deux dignitaires religieux égyptiens, chrétien et musulman, avaient également annoncé qu’ils refuseraient de recevoir le vice-président américain.

Jérusalem, avec ses lieux saints juifs, chrétiens et musulmans, est un sujet passionnel. Depuis la création d’Israël en 1948, la communauté internationale considère que son « statut » doit être négocié entre Israéliens et Palestiniens.

Après la capture de Jérusalem-Est, partie palestinienne de la cité, Israël a proclamé toute la ville comme sa capitale « éternelle et indivisible ». L’ONU n’a jamais reconnu cette annexion. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

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