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Washington révèle la plus importante saisie d’armes iraniennes jamais effectuée

Des missiles sol-air et antichars ont été saisis sur deux navires en mer d'Arabie en 2019 et 2020, alors qu'ils étaient destinés aux insurgés houthis au Yémen

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Missiles antichars iraniens saisis par la marine américaine dans une cargaison destinée aux rebelles houthis au Yémen, le 9 février 2020. (Crédit : Departement américain de la Justice)
Missiles antichars iraniens saisis par la marine américaine dans une cargaison destinée aux rebelles houthis au Yémen, le 9 février 2020. (Crédit : Departement américain de la Justice)

Le département américain de la Justice a révélé mardi que la marine américaine avait effectué sa plus importante saisie d’armes en provenance d’Iran, comprenant des missiles sol-air ainsi que des pièces de missiles de croisière.

Les armes ont été saisies sur deux « navires sans pavillon » en mer d’Arabie qui livraient la cargaison aux insurgés Houthis soutenus par l’Iran au Yémen en 2019 et 2020, selon un communiqué.

« Le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) de l’Iran, une organisation terroriste étrangère désignée, a orchestré les livraisons d’armes, qui étaient destinées aux militants Houthis au Yémen », indique le communiqué.

Le butin a été saisi lors d’une « opération de sécurité maritime de routine » le 25 novembre 2019 et le 9 février 2020. Il comprenait 171 missiles antichars guidés, huit missiles sol-air ainsi que « des composants de missiles de croisière d’attaque terrestre, des composants de missiles de croisière anti-navires, des optiques d’armes thermiques et d’autres composants pour les missiles et les véhicules aériens sans pilote. »

En outre, 1,1 million de barils de produits pétroliers iraniens ont été saisis sur quatre pétroliers battant pavillon étranger, dans la mer d’Oman ou aux alentours, alors qu’ils se dirigeaient vers le Venezuela, indique le communiqué, sans préciser quand ces saisies ont eu lieu.

Le FBI a également participé à ces opérations.

Le gouvernement américain a vendu les produits pétroliers pour plus de 26 millions de dollars. Une partie de cette somme pourrait être transférée au Fonds américain pour les victimes du terrorisme soutenu par l’État.

Missiles sol-air iraniens saisis par la marine américaine dans une cargaison destinée aux rebelles houthis au Yémen, le 9 février 2020. (Ministère américain de la justice)

Le procureur général adjoint Matthew G. Olsen, de la division de la sécurité nationale du ministère de la Justice, a qualifié les actions maritimes de « coup retentissant porté au gouvernement iranien et aux réseaux criminels qui soutiennent le Corps des gardiens de la révolution islamique d’Iran ».

« Le ministère de la Justice continuera à utiliser tous les outils disponibles pour combattre les menaces posées par les organisations terroristes et tous ceux qui cherchent à nuire aux États-Unis et à leurs alliés », a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont classé le Corps des Gardiens de la révolution islamique comme une organisation terroriste durant le mandat de l’ancien président américain Donald Trump.

La révélation de la saisie d’armes a eu lieu alors que l’Iran et les puissances mondiales ont tenu des négociations à Vienne pour sauver l’accord nucléaire de 2015 qui a levé les sanctions économiques sur l’Iran en échange de restrictions sur son programme nucléaire.

Après que les États-Unis se sont retirés du plan d’action global conjoint en 2018 et ont rétabli des sanctions sévères, en particulier sur les exportations de pétrole iranien, l’Iran a répondu en abandonnant certains de ses propres engagements envers l’accord, augmentant la pureté de son uranium enrichi et ses stocks au-delà des limites du pacte.

Par le passé, les États-Unis ont vendu du pétrole iranien qu’ils avaient saisi dans des pétroliers.

Des documents publiés en mai ont montré que les États-Unis ont vendu quelque 2 millions de barils de pétrole brut iranien après avoir saisi un pétrolier au large des côtes des Émirats arabes unis au début de l’année.

Le pétrole provenait du MT Achilleas, un navire saisi en février par les États-Unis au large de la ville portuaire émiratie de Fujairah. Selon des documents judiciaires américains, l’Achilleas faisait l’objet d’une confiscation en vertu des lois antiterroristes américaines, les Gardiens de la révolution paramilitaires iraniens ayant tenté de l’utiliser pour vendre du pétrole brut à la Chine.

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