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Washington sanctionne un groupe armé syrien lié à la Turquie

Le Trésor a bloqué les avoirs et interdit toute transaction avec le groupe Ahrar al-Charkiya, qui a tué une femme politique kurde lors de l'offensive turque en Syrie en 2019

Le Département du Trésor américain (Crédit : Florian Hirzinger/CC BY-SA/WIkimedia commons)
Le Département du Trésor américain (Crédit : Florian Hirzinger/CC BY-SA/WIkimedia commons)

Les Etats-Unis ont annoncé mercredi des sanctions contre un groupe armé syrien qui avait tué une femme politique kurde lors de l’offensive turque en Syrie en 2019, promettant que les responsables d’atrocités dans le pays ravagé par la guerre continueraient de rendre des comptes.

Washington a également annoncé des représailles contre deux hommes, dont l’un installé en Turquie, accusés de financement de jihadistes en Syrie, ainsi que cinq responsables pénitentiaires du régime de Bachar al-Assad, pour leur implication selon les autorités américaines dans des pratiques de torture.

Le Trésor américain a annoncé bloquer tous les avoirs et interdire toute transaction impliquant les Etats-Unis avec Ahrar al-Charkiya, un groupe de combattants syriens pro-Ankara ayant fait les gros titres lors de l’invasion turque du nord de la Syrie en octobre 2019, permise par le retrait des forces américaines décidé par Donald Trump.

Le Haut-commissariat de l’ONU aux droits humains avait alors dénoncé des exactions commises par des combattants de ce groupe, dont l’assassinat d’Hevrin Khalaf, 35 ans, militante des droits des femmes, et de son chauffeur, le 12 octobre 2019 sur une route du nord de la Syrie, un potentiel crime de guerre.

La Turquie pourrait être considérée comme « responsable » des crimes perpétrés par les groupes armés qui lui sont affiliés, avait ajouté l’ONU.

L’administration américaine a affirmé qu’Ahrar al-Charkiya avait depuis tué des centaines d’autres personnes dans une prison sous son contrôle, près d’Alep, et que le groupe a accueilli dans ses rangs d’anciens membres du groupe Etat islamique.

Hevrin Khalaf, femme politique kurde en Syrie. (Crédit : Wikimedia)

Les sanctions imposées mercredi visent aussi à « rappeler que les Etats-Unis utiliseront tous les outils diplomatiques à leur disposition pour faire en sorte que les personnes coupables de violences à l’encontre du peuple syrien et ayant provoqué sa souffrance, rendent des comptes », a indiqué Aimee Cutrona, une responsable du département d’Etat américain en charge de la Syrie.

« Ces sanctions interviennent alors que nous assistons à une recrudescence des violences dans le nord-ouest de la Syrie. Les Etats-Unis renouvellent leur appel à un cessez-le-feu immédiat et sur l’ensemble du territoire, et une désescalade des violences en Syrie », a-t-elle expliqué auprès de journalistes.

Le Trésor américain a également sanctionné cinq responsables pénitentiaires et huit prisons. Quelque 14 000 personnes seraient mortes sous la torture lors de la répression par Bachar al-Assad du soulèvement commencé il y a dix ans.

Hasan al-Shaban, installé en Turquie, et Farrukh Furkatovitch Fayzimatov, respectivement accusés d’avoir financé Al-Qaïda et le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham, ont aussi été ciblés par les autorités américaines.

Les relations entre les Etats-Unis et la Turquie, pourtant alliés au sein de l’Otan, se sont compliqué sous l’administration Biden, qui a critiqué Ankara sur plusieurs dossiers, mais a aussi salué l’offre turque de prendre en charge la protection de l’aéroport international de Kaboul, après l’achèvement du retrait des forces américaines prévu fin août.

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