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Witkoff : Notre « ligne rouge » avec l’Iran est toute capacité à enrichir de l’uranium

L'envoyé spécial avait précédemment indiqué que Washington accepterait une capacité d'enrichissement limitée, mais l'administration Trump semble avoir durci sa position publique

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Montage photos (de gauche à droite) : Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi ; l'envoyé spécial américain, Steve Witkoff. (Crédits : Karen Minasyan/AFP ; Chip Somodevilla/Getty Images via AFP)
Montage photos (de gauche à droite) : Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi ; l'envoyé spécial américain, Steve Witkoff. (Crédits : Karen Minasyan/AFP ; Chip Somodevilla/Getty Images via AFP)

L’envoyé spécial américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, a déclaré dimanche que la « ligne rouge » de l’administration Trump dans les négociations sur le nucléaire avec l’Iran était que ce dernier ne pouvait conserver aucune capacité d’enrichissement d’uranium.

« Nous avons une ligne rouge très, très claire, et c’est l’enrichissement. Nous ne pouvons tolérer même 1 % de capacité d’enrichissement », a déclaré Witkoff à l’émission « This Week » de la chaîne ABC.

« Tout commence… par un accord qui n’inclut pas l’enrichissement… Car l’enrichissement permet la fabrication d’armes, et nous ne permettrons pas qu’une bombe arrive ici », a-t-il ajouté.

Plus tôt cette année, Witkoff avait indiqué que les États-Unis accepteraient que l’Iran conserve une capacité d’enrichissement limitée, mais l’administration Trump a depuis durci sa position publique.

« Nous avons présenté aux Iraniens une proposition qui, selon nous, répond à certaines de leurs préoccupations sans leur manquer de respect », a déclaré Witkoff.

« Nous voulons parvenir à une solution, et nous pensons que nous y parviendrons. »

Witkoff a déclaré que les négociateurs se réuniraient probablement cette semaine en Europe pour un nouveau cycle de pourparlers.

« Nous espérons que cela débouchera sur des résultats concrets. »

« L’Iran est prêt à ouvrir un nouveau chapitre dans ses relations avec l’Europe s’il constate une réelle volonté et une approche indépendante de la part des parties européennes », a déclaré le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors d’un forum diplomatique tenu à Téhéran.

La France, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont, avec les Etats-unis, la Chine et la Russie, membres d’un accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran en 2015.

Le texte, qui prévoit une levée des sanctions contre Téhéran en échange d’un encadrement de ses activités nucléaires, est devenu de facto caduc à la suite du retrait des Etats-Unis de cet accord en 2018, sous la première présidence de Donald Trump.

Les diplomates européens font valoir qu’ils disposent de la possibilité d’enclencher le « snapback », un mécanisme de l’accord de 2015 qui permet de rétablir les sanctions internationales contre Téhéran.

« Si l’Europe possède la volonté nécessaire pour rectifier cette situation, l’Iran ne voit aucun obstacle au rétablissement de la confiance mutuelle et au développement des relations » avec les pays européens, a indiqué M. Araghchi dimanche.

Fin avril, son homologue français, Jean-Noël Barrot, a affirmé que l’Europe n’hésiterait « pas une seule seconde » à rétablir des sanctions contre Téhéran si la sécurité européenne était menacée par son programme nucléaire.

Dans une tribune publiée la semaine dernière sur le site de l’hebdomadaire français Le Point, le chef de la diplomatie iranienne avait mis en garde les Européens contre leur « stratégie de confrontation ».

Vendredi, l’Iran a mené des discussions en Turquie avec les puissances européennes sur son programme nucléaire, après un 4e cycle de pourparlers sous médiation omanaise dimanche dernier entre l’Iran et les Etats-Unis.

Dimanche, M. Araghchi a regretté que les Européens soient restés « loin » des discussions entre l’Iran et les Etats-Unis sur le dossier nucléaire.

« Nous poursuivons notre dialogue avec l’Europe et nous pensons que plus il y aura de compréhension entre nous sur la situation, mieux ce sera », a-t-il indiqué, cité par l’agence Irna.

« Nous voulons que l’Europe joue son rôle (dans les discussions sur le nucléaire), même si elle-même a minimisé son rôle », a-t-il ajouté.

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