Yémen : 2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë
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Yémen : 2 millions d’enfants souffrent de malnutrition aiguë

"Près de 80 % des enfants au Yémen ont besoin d'une aide humanitaire immédiate", ont alerté l'OMS et le l'Unicef

Des fillettes yéménites devant une école détruite par une frappe aérienne dans la ville de Taëz, dans le sud du Yémen, le 16 mars 2017. (Crédit : Ahmad Al-Basha/AFP)
Des fillettes yéménites devant une école détruite par une frappe aérienne dans la ville de Taëz, dans le sud du Yémen, le 16 mars 2017. (Crédit : Ahmad Al-Basha/AFP)

Près de deux millions d’enfants souffrent d’une « malnutrition aiguë » au Yémen, un pays pauvre qu’une « combinaison vicieuse » de guerre, de pauvreté et de choléra a placé « au bord de la famine », a averti mercredi l’ONU.

Ce cri d’alarme a été lancé par une délégation de haut rang de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’Unicef et du Programme alimentaire mondial (PAM) au terme d’une visite de trois jours au Yémen, ravagé par la guerre depuis plus de deux ans et touché par une épidémie de choléra qui a fait près de 1 900 décès et quelque 400 000 cas suspects.

« Le pays est au bord de la famine, avec plus de 60 % de la population ne sachant pas d’où viendra son prochain repas », ont conclu les directeurs de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, du PAM David Beasley et de l’Unicef, Anthony Lake, dans un communiqué.

« Près de 80 % des enfants au Yémen ont besoin d’une aide humanitaire immédiate », ajoutent-ils, précisant que « quelque 2 millions de ces enfants souffrent de malnutrition aiguë ».

« La malnutrition rend les enfants plus sensibles au choléra, et les maladies créent plus de malnutrition : une combinaison vicieuse », s’alarment les responsables des trois organisations, qui ont visité Aden (sud), capitale « provisoire » du gouvernement reconnu par la communauté internationale, et Sanaa, la capitale aux mains des rebelles.

La guerre au Yémen oppose le gouvernement soutenu par une coalition militaire arabe menée par l’Arabie saoudite aux rebelles Houthis, alliés à des unités de l’armée restées fidèles à l’ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh et accusés de liens avec l’Iran.

La situation s’est encore détériorée avec l’apparition fin avril d’une épidémie de choléra dans le pays où ont été recensés quelque 400 000 cas suspects et près de 1 900 décès, selon le communiqué.

Cette épidémie pourrait atteindre le seuil de 600 000 cas d’ici fin 2017, a averti dimanche le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) dont le président Peter Maurer était également en visite au Yémen.

Soulignant que 99 % des personnes touchées par la maladie « peuvent survivre dès lors qu’il peuvent accéder aux services de santé », l’OMS, l’Unicef et le PAM ont exhorté la communauté internationale à « redoubler d’efforts » pour aider le Yémen et « trouver une solution politique pacifique au conflit » qui déchire ce pays.

Depuis l’intervention en mars 2015 de la coalition arabe, les combats ont fait plus de 8 000 morts, majoritairement des civils, et plus de 44 500 blessés.

Sept accords de trêve négociés par l’ONU n’ont pas tenu et les efforts de paix sont au point mort.

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