Yémen: situation « apocalyptique » à Marib, selon une délégation française
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Yémen: situation « apocalyptique » à Marib, selon une délégation française

La conférence humanitaire devrait permettre la création d'un sas pour laisser passer les ONG, dit la sénatrice Nathalie Goulet

Un membre de la tribu yéménite armée du Comité de la Résistance Populaire soutenant les forces fidèles au président fugitif Abedrabbo Mansour Hadi qui regarde à travers des jumelles dans la région de Jaadan, à Marib, la province est de la capitale, Sanaa, le 9 mai 2015 (Crédit : AFP / STR)
Un membre de la tribu yéménite armée du Comité de la Résistance Populaire soutenant les forces fidèles au président fugitif Abedrabbo Mansour Hadi qui regarde à travers des jumelles dans la région de Jaadan, à Marib, la province est de la capitale, Sanaa, le 9 mai 2015 (Crédit : AFP / STR)

Une délégation sénatoriale française de retour du Yémen a fait état jeudi d’une situation « apocalyptique » dans la ville de Marib, rendant « plus que jamais nécessaire » la conférence humanitaire prévue fin juin à Paris.

Cette conférence a été confirmée il y a une semaine par l’Elysée à la suite d’un entretien téléphonique entre Emmanuel Macron et le prince héritier d’Arabie saoudite Mohammed ben Salmane.

« Marib est passée de 400 000 habitants à un peu plus de 3 millions », a souligné la sénatrice Nathalie Goulet (UC), à l’initiative de la visite des parlementaires, la seule l’une délégation étrangère au Yémen depuis 2014, dans la perspective de la conférence.

« Le contexte y est réellement apocalyptique », a-t-elle ajouté, précisant que « la relative stabilité de la région de Marib explique que les réfugiés y arrivent de toute part ».

La délégation, formée de cinq sénateurs et un député, n’a pu séjourner que dans cette ville, y restant 24 heures.

« Les besoins sont immenses », a ajouté Mme Goulet, notamment pour les enfants, avec des conditions minimum de survie pour les enfants en bas âge.

« Marib constitue probablement la pire situation que je n’ai jamais vue », a confié la sénatrice qui a pourtant l’expérience de camps de réfugiés et de déplacés partout dans le monde.

Elle a aussi souligné les difficultés d’accès à cette ville pour les ONG. « Marib n’est accessible à la communauté humanitaire qu’à travers les lignes de front, ce qui est impossible depuis Sanaa. Depuis Aden, il faudrait passer par de très nombreux barrages. Reste la voie d’accès par le Nord, c’est-à-dire l’Arabie saoudite. Beaucoup d’opérateurs ne l’envisagent pas pour préserver leur neutralité », a-t-elle dit.

Pour elle, la conférence humanitaire devrait permettre la création d’un sas pour laisser passer les ONG.

Elle propose aussi de faire évoluer l’Arabie saoudite, très présente sur le terrain avec le King Salman Center, « vers plus de partage de l’action humanitaire ». « Il faut valoriser le travail saoudien sur les enfants soldats qui est exemplaire », et intégrer la question des mines antipersonnel qui « ne semble pas être la priorité des Saoudiens ».

La guerre au Yémen a fait près de 10 000 morts depuis 2015.

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