Israël en guerre - Jour 143

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Yesh Atid a exhorté Herzog à faire pression pour la rédaction d’une constitution

Pour Benny Gantz, les négociations en vue de parvenir à un compromis sur la réforme du système judiciaire auraient dû commencer il y a trois mois

La délégation de Yesh Atid aux négociations de compromis sur la réforme du système judiciaire, à la résidence présidentielle, le 28 mars 2023. (Autorisation)
La délégation de Yesh Atid aux négociations de compromis sur la réforme du système judiciaire, à la résidence présidentielle, le 28 mars 2023. (Autorisation)

À l’issue du premier cycle de négociations avec le président Isaac Herzog en vue de parvenir à un compromis sur la réforme du système judiciaire, la délégation de Yesh Atid a déclaré mardi avoir fait pression pour obtenir une réforme majeure – à savoir la rédaction d’une constitution israélienne.

« Après environ une heure et demie, la rencontre, qui s’est déroulée dans un esprit positif, a pris fin », a annoncé mardi soir le bureau du président dans un communiqué. « Demain, le président Isaac Herzog poursuivra la série de rencontres », avait-il ajouté.

Herzog avait annoncé mardi la tenue à 19h30 à sa résidence d’une première « rencontre de dialogue » entre partis de la majorité et de l’opposition sur le projet de réforme de la justice qui divise le pays, pour tenter de trouver un accord de compromis.

Les deux partis de l’opposition avaient déclaré lundi soir être prêts à participer à une telle rencontre, et le Likud, parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu a publié la liste de son équipe peu après l’annonce présidentielle.

« Nous avons dit au président qu’en cette 75ème année de l’État d’Israël, nous pouvions apporter un réel changement – pas seulement des corrections esthétiques, mais une constitution largement acceptée et basée sur les valeurs de la Déclaration d’Indépendance », a déclaré la délégation centriste de Yesh Atid.

Israël ne dispose pas de Constitution mais de lois fondamentales.

Elle a indiqué qu’elle cherche à parvenir à un « large consensus des représentants publics pour refléter un consensus national des citoyens d’Israël ».

La délégation a également déclaré qu’elle s’attend à ce que le processus législatif actuellement en cours à la Knesset soit complètement retiré de l’ordre du jour afin de « commencer les pourparlers sur une page blanche ».

« Nous remercions le Président d’avoir ouvert sa maison au processus de négociation au profit des citoyens d’Israël. Nous l’avons rejoint au nom d’un large public qui a compris à quel point notre démocratie est fragile et vulnérable », a déclaré le parti Yesh Atid sur Twitter.

Yesh Atid a envoyé les députées Orna Barbivaï et Karin Elharrar, ainsi que l’ancienne directrice-générale du Bureau du Premier ministre Naama Schultz et l’avocat Oded Gazit, pour représenter le parti aux négociations.

Des délégations d’autres partis d’opposition rencontreront le président dans le courant de la semaine.

Selon certaines informations, le parti islamiste Raam participera également aux discussions.

Le ministre des Affaires stratégiques, Ron Dermer, à son arrivée pour la réunion du Conseil des ministres, à Jérusalem, le 29 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le juriste Aviad Bakshi, du Kohelet Policy Forum, qui a joué un rôle essentiel dans la rédaction de la réforme de la coalition, le ministre des Affaires stratégiques Ron Dermer, le secrétaire du cabinet Yossi Fuchs et l’universitaire Talia Einhorn ont représenté les positions du Likud.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, le député Benny Gantz a déclaré que les négociations en vue de parvenir à un compromis sur la réforme du système judiciaire auraient dû commencer il y a trois mois.

Le chef du parti HaMahane HaMamlahti, le député Benny Gantz s’exprimant lors d’une réunion de sa faction à la Knesset, le 20 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

« Nous aurions dû éviter tout ce que ce pays a vécu au cours des trois derniers mois, nous aurions dû nous asseoir il y a trois mois, arrêter le processus législatif et discuter », a déclaré Gantz dans une interview accordée à la Douzième chaîne mardi.

Il a également affirmé que malgré le fait que HaMahane HaMamlahti et Yesh Atid envoient des délégations séparées pour les discussions avec le président Isaac Herzog, ils sont totalement « coordonnés ».

« Nous devons parvenir à un accord qui servira tous les citoyens d’Israël, ceux qui sont pour et ceux qui sont contre. Personne ne doit gagner ici, je ne veux pas gagner », a affirmé l’ancien ministre de la Défense.

Lorsqu’on lui a demandé s’il envisagerait de rejoindre le gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu, Gantz a répondu « non », et a ajouté qu’il n’est pas ici « pour sauver le gouvernement ». « Je suis ici pour sauver le pays. »

Pour Gayil Talshir, professeur de sciences politiques à l’Université hébraïque de Jérusalem, écrire une Constitution avec l’actuel gouvernement serait un « désastre ». « La Déclaration d’indépendance israélienne parlait d’un Etat juif et démocratique mais la principale force de cette coalition pousse pour (un Etat) juif et non-démocratique », affirme-t-elle.

Des observateurs font preuve de prudence quant à l’issue des négociations.

Pour Yohanan Plesner, directeur de l’Institut démocratique d’Israël (IDI), un centre de réflexion libéral, M. Netanyahu pourrait abandonner le projet ou aller de l’avant en prétendant avoir tenté de négocier avec l’opposition, « qui n’était pas prête pour ».

Les négociations sont « vouées à l’échec », estime de son côté Mme Talshir, notant que le président Herzog avait déjà proposé mi-mars un compromis élaboré par des intellectuels mais aussitôt rejeté par le gouvernement.

« Netanyahu sait exactement ce qu’il veut : contrôler la Cour suprême, le président de la Cour, et il n’est pas possible que la coalition, très loyale à Netanyahu, accepte une autre solution », analyse-t-elle.

Si les négociations échouent, la Cour suprême sera probablement saisie et pourrait invalider le texte de projet de réforme, le jugeant inconstitutionnel.

Mais la réforme prévoit justement de permettre au Parlement d’annuler les décisions de la Cour suprême.

Ainsi, si la législation passe en l’état, prédit Mme Talshir, « la prochaine étape est une crise constitutionnelle ».

A LIRE – Refonte judiciaire : Des deux côtés, la certitude d’une crise constitutionnelle à venir

Le président américain Joe Biden, dont le gouvernement avait salué la « pause » annoncée par M. Netanyahu, a de nouveau plaidé mardi soir pour un abandon du projet. « Ils ne peuvent pas continuer sur cette voie et je pense que je me suis fait comprendre », a dit le président américain en marge d’une visite en Caroline du Nord.

« J’espère qu’ils y renonceront », a-t-il encore affirmé plus tard à propos du texte de loi, une fois de retour à Washington. Il a ajouté qu’il ne prévoyait pas d’inviter « à court terme » M. Netanyahu à la Maison Blanche.

La « pause » annoncée par M. Netanyahu après un début de grève générale et l’apparition de tensions au sein de la majorité a été accueillie avec scepticisme par les contestataires ainsi que par plusieurs commentateurs politiques.

Pour Nahum Barnea, éditorialiste du quotidien Yediot Aharonot, le Premier ministre « a su transformer avec de jolis mots une défaite cuisante en un match nul ». « Quoi qu’il dise ou dira, peu de gens le croient, je crois que la confiance en lui n’est pas grande y compris » à droite, écrit-il.

Carrie Keller-Lynn et l’AFP ont contribué à cet article.

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