Yitzhar exprime son soutien à l’armée et aux « jeunes des collines »
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Yitzhar exprime son soutien à l’armée et aux « jeunes des collines »

Un des fondateurs de l'implantation d'Yitzhar minimise les heurts ayant blessé légèrement un soldat, jugeant que les jeunes "font parfois des choses stupides"

Des résidents de Yitzhar manifestent leur soutien aux soldats israéliens à l'entrée de la Brigade Samarie, le 20 octobre 2019, après l'agression de militaires près de l'implantation du nord de la Cisjordanie.  Sur la pancarte, on peut lire "Les soldats de l'armée israélienne sont nos frères". (Sraya Diamant/Flash90)
Des résidents de Yitzhar manifestent leur soutien aux soldats israéliens à l'entrée de la Brigade Samarie, le 20 octobre 2019, après l'agression de militaires près de l'implantation du nord de la Cisjordanie. Sur la pancarte, on peut lire "Les soldats de l'armée israélienne sont nos frères". (Sraya Diamant/Flash90)

Les habitants d’Yitzhar se sont rassemblés dimanche pour exprimer leur soutien aux troupes israéliennes après l’agression de soldats dans les environs par des résidents de l’implantation.

D’autres membres d’implantations du nord de la Cisjordanie ont, en revanche, manifesté leur soutien aux « jeunes des collines », qui vivent dans des avant-postes illégaux et qui sont responsables d’agressions de soldats, de militants de gauche et de Palestiniens.

Lors d’émeutes ayant éclaté samedi soir, un soldat israélien a été légèrement blessé par des pierres près d’Yitzhar, a indiqué l’armée. Ces heurts ont impliqué environ 30 résidents d’implantation, auteurs de jets de pierres et de lacérations de pneus de véhicules militaires, d’après l’armée.

L’armée a riposté par des moyens de dispersion d’émeutes et des tirs de sommation en l’air.

Ces violences contre les soldats ont été critiquées par des responsables de l’ensemble du spectre politique et par le chef d’Etat-major de l’armée, Aviv Kochavi.

« Ce sont des jeunes qui se sacrifient pour nous et les implantations dans la région », a déclaré Israel Ariel, un des fondateurs d’Yitzhar, lors d’un rassemblement en bordure de l’implantation.

Israel Ariel a réduit l’incident à de simples jeunes qui « font parfois des choses stupides » et décrit les jeunes des collines comme des « idéalistes ».

« L’idée que nous devrions les abandonner et leur tourner le dos, parce qu’ils ont mis les gens mal à l’aise et suscité la gêne, n’est pas un comportement juif. Ça me révolte », a-t-il accusé.

Un résident d’Yitzhar tient une pancarte sur laquelle on peut lire « Les soldats de l’armée israélienne sont nos frères », le 20 octobre 2019. (Sraya Diamant/Flash90)

Parmi les personnes présentes à la manifestation organisée à la base de la division Samarie figuraient Yossi Dagan, le chef du Conseil régional de Samarie où se trouve Yitzhar, et le chef du Commandement, le major-général Nadav Padan.

Ce dernier s’était déjà rendu aux environs d’Yitzhar dimanche avec d’autres commandants.

« Les soldats qui ont été attaqués par surprise ont tiré en l’air, c’est un miracle que cette histoire ne se soit pas terminée par des morts (de chaque côté). C’est pourquoi nombreux sont ceux dans la communauté qui pensent qu’une ligne rouge a été franchie et que nous ne pouvons pas rester silencieux et continuer à vivre comme si de rien n’était », ont écrit des habitants d’Yitzhar dans un communiqué.

Cet incident fait suite à plusieurs autres cas de violence et de menaces de la part de résidents d’implantations, notamment d’Yitzhar, contre des soldats, des Palestiniens et des militants de gauche.

Nadav Padan, chef du Commandement central, à une manifestation de soutien pour les soldats israéliens à l’entrée de la Brigade Samarie, le 20 octobre 2019. Sur la pancarte, on peut lire : « Les soldats de l’armée israélienne sont nos frères. » (Sraya Diamant/Flash90)

Dans un communiqué, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a félicité les troupes israéliennes, « qui travaillent jour et nuit pour préserver la sécurité de tous les citoyens israéliens, sans exception ».

« Je condamne toute attaque à l’encontre des soldats de l’armée israélienne. Il y aura une tolérance zéro appliquée à ceux qui violent la loi en levant la main sur nos soldats », a ajouté le Premier ministre, qui est aussi ministre de la Défense.

Le chef du parti Kakhol lavan, Benny Gantz, a qualifié l’incident de « grave », disant qu’il avait la certitude que les forces chargées de l’application de la loi « sauront le gérer avec tous les outils mis à leur disposition ».

« En tant qu’ex-chef d’Etat-major, en tant que commandant depuis des décennies, je voudrais envoyer un message à tous les soldats et officiers qui nous protègent et notamment en cette veille de fête [de Simchat Torah] : La nation israélienne vous soutient. Nous ne resterons pas à ne rien faire lorsque des soldats de l’armée israélienne sont pris pour cible et blessés. »

Un véhicule militaire endommagé lors d’échauffourées avec des habitants d’implantations près de l’implantation d’Yitzhar, le 20 octobre 2019. (Autorisation)

Autre chef de parti ayant condamné l’incident, Amir Peretz, de la formation de gauche travailliste-Gesher, qui a réclamé une « action globale et sans compromis pour appréhender les terroristes israéliens ».

Pour le leader de HaBayit HaYehudi, Rafi Peretz, s’en prendre aux militaires « franchit une ligne rouge ». Il a qualifié l’incident de « choquant ».

« Quiconque blesse un soldat ou un commandant représente un idéal qui n’a rien à voir avec l’implantation sur les terres ou le respect de la Torah, et ces gens ne représentent absolument pas les résidents d’Yitzhar et de la Samarie », a-t-il déclaré. « Les habitants d’Yitzhar servent comme réservistes, comme bénévoles, ce sont de bons sionistes. Il est triste de constater que des émeutiers puissent souiller le nom de la communauté et nuire au mouvement pro-implantation tout entier », a-t-il continué.

Un habitant d’Yitzhar muni d’une fronde, en mai 2013. (Crédit : Mendy Hechtman/Flash90)

Bezalel Smotrich, dirigeant de l’Union nationale, parti d’extrême-droite, a exprimé un sentiment similaire, qualifiant l’incident de « grave » et de « frustrant » – mais insistant également sur le fait que les émeutiers étaient peu nombreux et qu’ils ne représentaient pas la communauté.

« Ils doivent être attrapés et punis avec toute la rigueur de la loi », a-t-il clamé.

Des ONG de gauche ont elles aussi condamné l’incident, l’associant à d’autres impliquant des habitants d’implantations présumés ayant agressé des militants des droits humains et des Palestiniens.

Le groupe des Rabbins pour les droits de l’Homme a relié l’incident à celui au cours duquel l’un de ses membres, Moshe Yehudai, un octogénaire, a été blessé la semaine dernière.

Michael Bachner et Jacob Magid ont contribué à cet article.

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