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Yom HaZikaron : Retour sur les déclarations des politiciens souvent interrompus

Israel Katz affirme que le chef du Hezbollah "le paiera de sa tête" ; un individu interrompt Benjamin Netanyahu ; Benny Gantz met en garde contre un "calme trompeur"

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à une cérémonie officielle de Yom HaZikaron en hommage aux soldats tombés au combat, au mont Herzl, à Jérusalem, le 21 avril 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/Pool Photo via AP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu assistant à une cérémonie officielle de Yom HaZikaron en hommage aux soldats tombés au combat, au mont Herzl, à Jérusalem, le 21 avril 2026. (Crédit : Ilia Yefimovich/Pool Photo via AP)

Mardi, les dirigeants israéliens ont ponctué leurs discours de Yom HaZikaron d’une rhétorique belliqueuse, alors que le cessez-le-feu au Liban et en Iran reste fragile.

Ils ont promis de traquer et d’éliminer les adversaires du pays.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a été interrompu lors d’une cérémonie officielle de commémoration, habituellement marquée par la solennité. Ce n’est qu’un exemple parmi d’autres du climat de confrontation qui a marqué les cérémonies organisées à travers le pays.

Les commémorations ont été marquées par une sirène de deux minutes retentissant à 11 heures dans tout le pays, au cours de laquelle les Israéliens se sont tenus debout en silence en mémoire des disparus.

Lors de la cérémonie officielle sur le mont Herzl, à Jérusalem, Netanyahu a de nouveau déclaré que l’Iran voulait perpétrer une nouvelle Shoah contre les Juifs, mais que les États-Unis et Israël l’en avaient empêché.

« Le régime des ayatollahs en Iran a planifié une autre Shoah », a déclaré le Premier ministre.

Les gens immobiles pendant que retentit une sirène de deux minutes à travers tout Israël, marquant Yom HaZikaron, à Jérusalem, le 21 avril 2026. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Il cherchait à nous détruire avec des armes nucléaires et des milliers de missiles balistiques. Si nous n’avions pas agi de manière décisive, les noms de Natanz, Fordo et Ispahan auraient pu rejoindre ceux d’Auschwitz, de Majdanek et de Treblinka », faisant référence d’abord aux sites nucléaires iraniens, puis aux camps de la mort nazis.

Selon Netanyahu, cela ne s’est pas produit « parce qu’avec notre grand allié, les États-Unis, nous avons démantelé à l’avance cette machine de destruction. Nous avons écarté une menace existentielle immédiate ».

« C’est là l’essence même de cette campagne : veiller à ce que le fil de la vie du peuple juif ne soit jamais rompu », a-t-il poursuivi.

La veille, lors d’une autre cérémonie de Yom HaZikaron, Netanyahu avait déclaré à propos de l’Iran : « Nous n’avons pas encore achevé notre travail. »

Des visiteurs au cimetière militaire de Ness Ziona lors de Yom HaZikaron, le 21 avril 2026. (Crédit : Tal Gal/Flash90)

Netanyahu a ajouté que le pays déployait « des efforts continus pour régler ses comptes avec toutes les personnes impliquées dans les événements du 7-Octobre », faisant référence au pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023.

« Avec l’aide de Tsahal et du Shin Bet, nous poursuivons sans relâche les meurtriers qui nous ont fait du mal – et nous avons remporté de nombreux succès », a-t-il déclaré.

Netanyahu a pointé du doigt les dirigeants palestiniens pour des générations d’attaques terroristes, citant « l’incitation effrénée de leurs chefs religieux, l’encouragement au meurtre – ouvertement et secrètement – par leurs dirigeants, leurs manuels scolaires remplis de poison dans leurs établissements scolaires, les soi-disant « camps » utilisés pour endoctriner leurs enfants, et les réseaux sociaux qui reflètent leur culture de la mort ».

Le ministre de la Défense, Israel Katz, qui s’exprimait également depuis le mont Herzl, a promis qu’Israël tuerait le chef du Hezbollah, Naïm Qassem. Il a imputé à l’ancien chef du groupe terroriste soutenu par la République islamique, Hassan Nasrallah, la destruction du Liban résultant des conflits entre Israël et le Hezbollah ces dernières années.

« Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et moi-même avons ordonné à Tsahal d’agir avec fermeté, même pendant le cessez-le-feu, afin de défendre nos soldats au Liban contre toute menace », a-t-il déclaré.

« Nasrallah a détruit la communauté chiite au Liban, et Naïm Qassem la détruira à son tour, perdant ses foyers et son territoire, tout comme le Hamas l’a fait à Rafah et à Beit Hanoun, à Gaza, jusqu’à ce qu’il paie lui aussi de sa tête », a promis Katz.

Le Premier ministre interrompu ; des ministres houspillés

S’exprimant de manière plus générale mardi, Netanyahu a évoqué au mont Herzl son frère assassiné, soulignant que cela faisait cinquante ans que Yoni Netanyahu avait été tué au combat lors de l’opération de sauvetage d’otages israéliens et juifs d’un avion détourné à Entebbe, en Ouganda, en juillet 1976.

« Le moment où j’ai annoncé à mes parents la terrible nouvelle de la mort de Yoni a été le moment le plus difficile de ma vie. Depuis lors, cinquante ans se sont écoulés, et il ne se passe pas un jour sans que je pense à toi, Yoni », a déclaré le Premier ministre.

La cérémonie de mardi marquait le troisième Yom HaZikaron en Israël depuis le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre à Gaza et, par la suite, des combats contre le Hezbollah au Liban, contre l’Iran et ailleurs.

Alors que le Premier ministre affirmait avoir ramené tous les otages détenus à Gaza, un individu a perturbé la cérémonie officielle de Yom HaZikaron, en hommage aux victimes du terrorisme, en s’écriant : « Certains d’entre eux ont été tués dans des tunnels. »

Sur les 251 personnes enlevées par le Hamas le 7-Octobre, plus d’une vingtaine ont été assassinées pendant leur captivité. Des opposants reprochent depuis longtemps à Netanyahu de ne pas avoir saisi plus tôt les occasions qui se présentaient pour obtenir la libération des otages.

Des membres de la communauté druze se recueillant sur les tombes des soldats tombés au combat lors de Yom HaZikaron en Israël, qui commémore les soldats israéliens tombés au combat et les victimes du terrorisme, au cimetière militaire de Hurfeish, le 21 avril 2026. (Crédit : Michael Giladi/Flash90)

Par ailleurs, dans le village druze d’Isfiya, plusieurs habitants ont interrompu le discours du ministre de l’Énergie, Eli Cohen (Likud). Les perturbateurs ont dénoncé la politique du logement du gouvernement, criant : « C’est le gouvernement israélien qui détruit les maisons de nos fils, pas les missiles iraniens. »

Le chef spirituel druze, le cheikh Muwaffaq Tarif, a également exprimé ces sentiments de manière moins conflictuelle, selon le site d’information Walla.

Les hommes druzes sont tenus de servir dans l’armée israélienne et, bien que la communauté ne représente que 2 % de la population, les Druzes constituent 3 % de l’ensemble des militaires de carrière, selon Tsahal.

De nombreux membres de la communauté ont exprimé leur ressentiment à l’égard de la loi Kamenitz, un amendement de 2017 à la loi sur l’urbanisme, largement considéré comme visant les communautés arabes. Il est pratiquement impossible d’y obtenir des permis de construire, ce qui pousse les Arabes à construire illégalement, puis à se voir infliger des amendes ou à être menacés de démolition par le gouvernement.

Des perturbations ont également eu lieu au cimetière de Kiryat Shaul, à Tel Aviv, pendant le discours du ministre de l’Immigration, Ofir Sofer (HaTzionout HaDatit). Des manifestants y ont brandi des pancartes portant le slogan « Gouvernement de la mort », que d’autres participants ont tenté de retirer.

Ben Gvir : le 7-Octobre a été un jour triste, mais aussi « une opportunité »

S’exprimant lors de la cérémonie de Yom HaZikaron organisée par la police, également sur le mont Herzl, le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a déclaré que le 7-Octobre avait été une « opportunité unique » de revoir la stratégie de sécurité d’Israël.

« Le 7-Octobre a été un moment d’épreuve, un moment très triste, [mais] aussi un moment offrant une grande opportunité de changer de paradigme », a-t-il déclaré, utilisant un terme abrégé pour désigner les hypothèses erronées en matière de sécurité qui ont précédé l’assaut du Hamas.

Les familles endeuillées, les amis et les soldats israéliens se tenant immobiles tandis qu’une sirène retentit pendant deux minutes à travers tout Israël, marquant Yom HaZikaron pour les soldats tombés au combat et les victimes d’attaques terroristes, sur le site du massacre du festival de musique Nova, non loin de Reïm, près de la frontière entre Israël et Gaza, le 21 avril 2026. (Crédit : Tsafrir Abayov/Flash90)

Il a ajouté que ce pogrom était l’occasion de « rétablir la force de dissuasion et le prestige de Tsahal, de la police et de l’Administration pénitentiaire israélienne, ainsi que celui d’Israël en tant que superpuissance ».

« Nous avons saisi certaines de ces opportunités à bras le corps », a-t-il ajouté.

« Je suis fier que nous ayons une armée, le Mossad et le Shin Bet qui ont éliminé Sinwar, Nasrallah, Khamenei et des dizaines de milliers d’autres meurtriers sanguinaires. »

Il a assuré à la foule rassemblée à Jérusalem, composée de hauts responsables de la police et de proches endeuillés d’officiers tués, qu’il s’efforçait d’être « digne » des forces de sécurité grâce aux lois qu’il a fait adopter au sein de la coalition de droite au pouvoir.

Le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir dans la section militaire du cimetière de Dimona, dans le sud d’Israël, lors de Yom HaZikaron, le 21 avril 2026. (Crédit : Otzma Yehudit)

Par la suite, lors d’un discours prononcé dans la section militaire du cimetière de Dimona, dans le sud d’Israël, Ben Gvir a déclaré : « Le soutien que j’apporte aux combattants et aux policiers sur le terrain est absolu, car c’est la seule façon de garantir que le sacrifice de vos proches n’aura pas été vain. »

Le ministre est actuellement impliqué dans une bataille juridique concernant son ingérence présumée dans les affaires de la police. La semaine dernière, la Haute Cour de justice a examiné plusieurs recours demandant sa destitution, auxquels la procureure générale, Gali Baharav-Miara, a apporté son soutien.

Au cimetière militaire du mont Herzl, Ben Gvir s’est également targué d’avoir durci les conditions de détention des prisonniers palestiniens pour raisons de sécurité dans les prisons israéliennes, déclarant : « Aujourd’hui, les camps d’été ont été suspendus. »

Depuis le cimetière de Kfar Etzion, le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, a affirmé que les habitants du Gush Etzion avaient écrit « un nouveau chapitre glorieux de l’histoire du peuple d’Israël ».

Le ministre des Finances Bezalel Smotrich prenant la parole lors d’une cérémonie de Yom HaZikaron, au cimetière de Kfar Etzion, en Cisjordanie, le 21 avril 2026. (Crédit : Bezalel Smotrich/X)

Dans la ville d’Ofakim, au sud du pays, le ministre de la Culture Miki Zohar (Likud) a déclaré : « Nous continuerons à frapper avec force quiconque nous défie, et nous ne baisserons pas les bras tant que la guerre ne sera pas terminée et la victoire remportée. »

Gantz : Après un « calme trompeur », d’autres combats nous attendent

À Sderot, une autre ville du sud durement touchée par le 7-Octobre et depuis des décennies par les tirs de roquettes de groupes terroristes de Gaza, Benny Gantz, le chef du parti Kakhol Lavan, a déclaré que malgré le « calme trompeur » actuel, d’autres combats nous attendent, ce qui exigera des Israéliens qu’ils se serrent les coudes et surmontent leurs désaccords internes.

« Nous nous souvenons d’eux tous lorsque nous surmontons les querelles qui nous déchirent et que nous nous unissons », a déclaré Gantz, ancien chef d’état-major de Tsahal.

Une femme assise près de la tombe d’un soldat tombé au combat, au cimetière militaire de Ness Ziona, à Jérusalem, pendant Yom HaZikaron, le 21 avril 2026. (Crédit : Tal Gal/Flash90)

Le député de l’opposition a averti que, bien que les Israéliens aient déjà traversé deux ans et demi de guerre, « malheureusement, de nombreux autres défis nous attendent dans un avenir proche ».

Au cimetière militaire d’Herzliya, le chef de l’opposition, Yaïr Lapid, a déclaré : « Les familles endeuillées n’ont pas besoin de Yom HaZikaron pour se souvenir. Il n’y a pas un seul jour où elles ne se souviennent pas. Le problème, ce n’est pas aujourd’hui, mais tous les autres jours. »

Golan fustige une collecte de fonds hasidique organisée la veille de Yom HaZikaron

Le chef du parti Les Démocrates, Yaïr Golan, a publié une condamnation cinglante après que le groupe de protestation « Mères au front » a partagé une vidéo montrant ce qui semble être le mouvement hassidique Gur organisant un somptueux événement à la veille de Yom HaZikaron, dans la ville de Ness Ziona, au centre d’Israël.

« Ils ne s’engagent pas [dans l’armée]. Ils ne partagent pas le fardeau. Et ils ne se soucient pas de ceux qui se sont engagés, ont combattu et sont tombés pour les protéger eux aussi », a écrit Golan sur le réseau social X.

« Ce mépris pour la responsabilité mutuelle et les fondements de l’État doit cesser. Nous mettrons un terme à cette célébration construite sur le dos de ceux qui servent et aux dépens de l’ensemble de la population. »

Ce rassemblement, décrit par les Mères au front comme un événement de collecte de fonds, était axé sur la vente de logements à de jeunes couples hassidiques, d’après une publication Instagram du site d’information Walla.

« Il est temps de le dire clairement et haut et fort : quiconque ne porte pas l’uniforme, quiconque n’honore pas la mémoire des morts, et quiconque choisit de faire la fête alors que tout le pays pleure n’a pas sa place à la tête de l’État », a déclaré le groupe.

Selon les derniers chiffres publiés par le ministère de la Défense, 174 membres des forces de sécurité israéliennes ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions depuis le dernier Yom HaZikaron.

Ce chiffre inclut deux soldats tués ce week-end par des engins explosifs du groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah dans le sud du Liban.

Par ailleurs, 54 anciens combattants sont décédés des suites de complications liées à des blessures subies pendant leur service au cours de l’année écoulée.

Les chiffres annuels incluent tous les soldats, policiers et membres d’autres services de sécurité décédés au cours de l’année écoulée, que ce soit dans l’exercice de leurs fonctions, à la suite d’un accident, d’une maladie ou d’un suicide.

Ces chiffres portent à 25 648 le nombre total de personnes décédées au service du pays depuis 1860, année à partir de laquelle Israël, et avant lui la communauté juive de la région, a commencé à recenser ses soldats et défenseurs tombés au combat.

Soixante-dix-neuf noms ont également été ajoutés à la liste des victimes du terrorisme, tuées lors d’attentats au cours de l’année écoulée, dont 35 pendant la guerre de juin 2025 contre la République islamique d’Iran et 27 lors du dernier conflit de 40 jours avec le régime iranien.

Cela porte à 5 313 le nombre total de victimes du terrorisme depuis 1851, selon le Bituah Leumi – l’Institut national d’assurance.

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