YouTube défend une vidéo niant la réalité des blessures d’un survivant de Bondi Beach
Une cadre de Google a affirmé devant une commission sur l'antisémitisme que la décision de maintenir ce clip en ligne a été prise à un « niveau assez élevé »
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MELBOURNE, Australie — Mardi, une dirigeante de Google a déclaré aux membres d’une commission d’enquête que la vidéo YouTube affirmant à tort qu’un blessé du massacre antisémite de Sydney était un acteur maquillé pour faire croire à des blessures respectait les critères de la plateforme et resterait de ce fait en ligne.
Rachel Lord, directrice de Google Australie, témoignait dans le cadre d’une enquête gouvernementale sur l’antisémitisme en Australie et notamment l’attaque menée par deux terroristes lors d’une célébration de Hanoukka à Sydney en décembre dernier, qui a fait 15 morts.
Mme Lord a été entendue suite à la plainte déposée par le survivant Arsen Ostrovsky au sujet d’une vidéo publiée sur YouTube. Ostrovsky a été la cible d’attaques en ligne après la publication sur X, deux heures après avoir été blessé par balle, d’une photo de lui, ensanglanté par une blessure à la tête.
Mme Lord a précisé que la décision de laisser la vidéo sur YouTube avait été examinée à un « niveau assez élevé ».
« Nous avons passé beaucoup de temps à réfléchir à l’établissement de la limite et nous continuons à le faire », a déclaré Mme Lord.
Richard Lancaster, l’avocat en charge de la présentation des preuves de l’enquête, a évoqué une transcription de la vidéo afin de ne pas avoir à projeter les images en public.
Sur la video en question, on voit quatre hommes qui, sur un écran partagé, affirment que la tête ensanglantée d’Ostrovsky fait « très acteur » et relève du « maquillage ». Par la suite, ils le traitent d’ « agent de renseignement » avec un « diplôme de théâtre » puis de sioniste et concluent que le massacre est une « manoeuvre de diversion ».
Or, selon la police, les tireurs – un père et son fils dénommés Sajid et Naveed Akram – se sont inspirés de l’organisation djihadiste État islamique.
M. Lancaster a déclaré à Mme Lord que le maintien en ligne de cette vidéo était une « faute très grave » au regard des règles de YouTube concernant les discours de haine.
Mme Lord a répondu qu’elle avait bien noté les « propos » de M. Lancaster.
Trois jours après le massacre, YouTube avait déclaré au régulateur australien de la sécurité en ligne que la plateforme « s’efforçait de garantir que les Australiens et tous les utilisateurs dans le monde aient accès à des informations de haute qualité au sujet de ces événements tragiques », a indiqué Mme Lord.
Le mois dernier, Ostrovsky a déclaré à la commission d’enquête qu’il était la cible de haine en ligne, de mauvais traitements, de diffamation et de manipulations par intelligence artificielle depuis sa légère blessure à la tête, le 14 décembre dernier.
La commission d’enquête a par la suite visionné une image générée par l’IA donnant à voir Ostrovsky en train de rire pendant qu’on lui mettait du faux sang sur la tête.
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