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Yuval Dayan refuse la poignée de main de Biden, pour des motifs halakhiques

La chanteuse israélienne a assuré qu'elle avait cherché à éviter de donner l'impression d'offenser le président et qu'elle avait fait part de ses exigences au personnel de Herzog

Le président américain Joe Biden, le président Isaac Herzog, la chanteuse Yuval Dayan et le chanteur Ran Dankner lors d'une cérémonie à la résidence du président à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le président américain Joe Biden, le président Isaac Herzog, la chanteuse Yuval Dayan et le chanteur Ran Dankner lors d'une cérémonie à la résidence du président à Jérusalem, le 14 juillet 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

JTA — Pendant le premier jour de la visite du président américain Joe Biden en Israël, le buzz sur les poignées de main consistait à dire que, malgré sa volonté de minimiser les contacts en raison de la pandémie, il ne pouvait s’empêcher d’enlacer ses hôtes et de leur prendre la main.

Cela a changé jeudi après-midi, quand Yuval Dayan, une chanteuse israélienne, a inversé les rôles, laissant le président américain en plan après que celui-ci lui a tendu la main.

Dayan et le chanteur Ran Danker venaient d’interpréter la chanson classique « Lu Yehi », ou « Let it Be », lors d’une cérémonie marquant la réception par Biden de la plus haute distinction civile israélienne. Après la cérémonie, Biden et le président israélien Isaac Herzog sont allés vers les artistes pour les remercier.

Danker a pris la main tendue de Biden, mais Dayan s’est légèrement inclinée, les bras croisés et en souriant.

Ce que Biden ne savait probablement pas, c’est que Dayan, pour des raisons halakhiques, s’abstient de tout contact physique avec les personnes de sexe opposé. Elle est célèbre en Israël, notamment parce qu’elle est devenue plus pratiquante, adoptant le principe du shomer neguiah, une interdiction de toucher les personnes du sexe opposé que certains juifs orthodoxes considèrent comme nécessaire. Dayan ne se produit pas non plus pendant Shabbat ni les fêtes juives.

L’interdiction est ancrée dans l’idée que tout contact peut conduire à une inconvenance sexuelle. Le refus de serrer la main des femmes d’un candidat orthodoxe au Parlement européen en 2014 avait provoqué une mini-crise diplomatique.

Un an plus tard, lorsque la législatrice orthodoxe Tzipi Hotovely a obtenu le ministère israélien des Affaires étrangères en 2015, elle a déclaré qu’elle serrerait la main des hommes qui lui tendraient la leur, alors qu’elle s’abstient habituellement de tout contact avec les hommes. Elle a fait remarquer que la loi juive traditionnelle prévoit des exceptions pour honorer les dignitaires.

« Ce n’est pas du tout un problème », avait déclaré Hotovely aux médias israéliens à l’époque. « Lorsque quelqu’un rencontre des représentants étrangers, la halakha [loi juive] prend en compte le respect, l’étiquette et la politesse. »

Tzipi Hotovely, lors d’une rencontre avec Lubomir Zaoralek, le ministre tchèque des Affaires étrangères, en juin dernier. (Crédit : Yossi Zamir/Flash90)

L’incident avec Biden est devenu viral en Israël jeudi. Dayan, qui s’est fait connaître en participant à la version israélienne de « The Voice », a déclaré qu’elle avait cherché à éviter de donner l’impression d’offenser Biden et qu’elle avait fait part de ses exigences au personnel de Herzog.

« Je me suis assurée d’informer tous les membres du bureau du président que je suis ‘shomeret neguiah' », a-t-elle déclaré, selon les médias israéliens. « A Dieu ne plaise, je ne voulais offenser personne. »

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