Le gouvernement canadien a réaffirmé mercredi que le sort des réfugiés juifs de pays arabes devrait faire partie des négociations et d’un accord de paix final avec les Palestiniens.

Le gouvernement a indiqué que la question ne devrait pas compliquer la poursuite des négociations.

« La reconnaissance juste et équitable de tous les réfugiés issus du conflit israélo-arabe implique celle des réfugiés juifs, » a affirmé le ministre canadien des Affaires étrangères John Baird dans un communiqué. « Une telle reconnaissance ne diminue pas l’importance ou ne fait pas concurrence à la situation des réfugiés palestiniens. »

La Chambre des communes a décidé le mois dernier de reconnaître le sort des réfugiés juifs du Moyen Orient et d’Afrique du Nord. Le document est l’adaptation d’un rapport publié par le Parlement l’année dernière.

Le rapport de 17 pages, signé par la Commission des Affaires étrangères et du Développement international, souligne que lors des audiences, ses membres ont « appris sur la discrimination et les difficultés auxquelles font face les Juifs du Moyen Orient et d’Afrique du Nord au XXème siècle, qui ont progressé en parallèle avec les moments de crise du conflit israélo-arabe, en particulier les guerres de 1948-49 et de 1967. »

La Commission a appris que, depuis 1948, 850 000 Juifs ont fui les persécutions et la violence au Moyen Orient et en Afrique du Nord. Environ 650 000 ont immigré en Israël alors que le reste s’est installé en diaspora, notamment au Canada.

En conclusion, le rapport recommande qu’Ottawa « reconnaisse officiellement » l’expérience vécue par les réfugiés juifs.

Le rapport demande également au gouvernement d’encourager « les parties négociantes en vue d’inclure tous les réfugiés dans une résolution juste et globale aux conflits israélo-palestinien et israélo-arabe. »

Baird a annoncé qu’il acceptait les suggestions, mais a indiqué que leur rôle ne devait pas être excessif dans la phase actuelle des négociations menées par les Etats-Unis.

« Le gouvernement du Canada est en principe d’accord avec la seconde recommandation du rapport, delon laquelle l’expérience vécue par les réfugiés juifs devrait être prise en considération dans tout accord de paix juste et global. Nous pensons cependant que le processus de paix, dans son état actuel, offre le meilleur espoir pour une solution positive, » a déclaré le ministre des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Le Canada continue à soutenir une solution globale à deux États, par un accord négocié par les deux parties, qui garantirait le droit d’Israël de vivre en paix et sa sécurité avec ses voisins, et qui mènerait à l’établissement d’un État palestinien indépendant et viable. »

Israël a déjà soulevé la question des réfugiés juifs vivant dans les pays arabes à plusieurs reprises lors des négociations, a indiqué un responsable israélien au Times of Israel jeudi.

« Nous pensons qu’il est impossible d’ignorer le sort de certains réfugiés. Des centaines de milliers de Juifs se sont vus forcés de fuir leurs maisons dans les pays arabes à travers le Moyen Orient. Et quand quelqu’un parle de la souffrance des réfugiés, et de leur compensation et de leurs droits, il s’agit là évidemment d’une population qu’on ne peut ignorer. »

Ce serait du « racisme, » a affirmé le haut responsable.

Les Palestiniens se concentrent cependant « sur leurs propres réfugiés, » pendant les négociations, a indiqué le haut responsable. « Ils ne veulent pas, à ce que je sache, traiter cette affaire de manière sérieuse. »

Un accord-cadre proposant la prolongation des négociations au-delà de la date limite du 29 avril devrait être présenté par le secrétaire d’État américain John Kerry dans les semaines à venir.

Il devrait inclure, pour la première fois, une demande de compensation aux réfugiés palestiniens et juifs.