Deux anciens hauts responsables de l’armée israélienne ont été interrogés mercredi par la police. Ils sont soupçonnés d’avoir volontairement détruit des preuves liées à l’affaire Harpaz, un scandale de corruption impliquant des dirigeants politiques et militaires entre 2009 et 2011.

La police a exigé une détention provisoire de cinq jours pour le colonel (réserviste) Erez Weiner, un ancien proche collaborateur du chef d’état-major Gabi Ashkenazi, et pour l’ancien porte-parole de l’armée Avi Benayahu, tous deux décrits aux tribunaux comme « un danger pour la sécurité publique. »

Weiner et Benayahu passeront la nuit en garde à vue et devront répondre à d’autres questions, selon la deuxième chaîne de télévision israélienne.

Mardi, le tribunal de magistrature de Rishon Lezion a condamné le lieutenant-colonel (réserviste) Boaz Harpaz – d’après qui l’affaire a été nommée – à 10 jours d’assignation à résidence après un interrogatoire de police de plusieurs heures.

L’enquête sur les trois anciens officiers a été soumise à une ordonnance de non-publication pendant plusieurs semaines, selon Ynet. La police soupçonne les trois hommes de vol, d’obstruction à la justice, de destruction de preuves, de fraude, d’abus de confiance et de conspiration.

La police estime que Harpaz, Weiner et Benayahu ont tous recueilli illégalement et distribué secrètement des documents visant à diffamer des responsables de l’armée et des dirigeants politiques.

Les trois hommes sont soupçonnés d’avoir conspiré pour faire obstacle à la nomination du brigadier-général Yoav Galant comme successeur d’Ashkenazi à la tête de l’état-major de l’armée.

La police précise que Benayahu et Weiner ont illégalement détenu des documents classifiés et confidentiels.

Mercredi, la police a découvert un ordinateur personnel contenant des informations militaires classifiées au domicile de Benayahu.

En réponse aux allégations à son encontre, Benayahu a déclaré qu’il était « difficile» pour lui d’entendre dire qu’il était un danger pour le public.

« Pendant deux décennies, j’ai eu le mérite de tenir des positions sensibles à haute responsabilité », s’est-il défendu. « J’ai passé la plus grande partie de ma vie adulte à travailler pour le public. »

Benayahu a précisé qu’il avait été impliqué dans l’affaire « contre son gré » et qu’il n’avait été qu’un médiateur entre Ashkenazi et les responsables politiques.

L’enquête a été déclenchée après la publication d’un document, remis par Harpaz à la presse, qui détaillait le prétendu plan de Galant pour obtenir la nomination à la tête de l’armée et salir Ashkenazi.

Quelques jours après les premières révélations de la deuxième chaîne, le 6 août 2010, la police a découvert que l’auteur du document n’était autre que Harpaz, « un ami familial », selon son propre aveu, de Gabi Ashkenazi et de sa femme Ronit.

En janvier 2013, le procureur général Yehuda Weinstein a publié un rapport sur l’affaire dans lequel il accusait Weiner d’être complice de l’élaboration de la fausse lettre.

Le rapport, qui détaillait la bataille acharnée entre Ashkenazi et le ministre de la Défense de l’époque Ehud Barak, précisait également que Weiner avait proposé de mener à bien des actions secrètes contre Barak.

La rapport jugeait Ashkenazi coupable et, à un moindre degré, Barak ainsi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu, critiqué pour ne pas être intervenu afin d’apaiser les tension au sein du département de la Défense.

De son côté, Harpaz, un ancien officier au sein du directorat militaire pour les opérations spéciales, a d’abord affirmé qu’il avait contacté Ashkenazi avant de revenir sur ses déclarations le 22 octobre 2009 et de prétendre que le chef d’état-major l’avait approché.

Ashkenazi a soutenu le contraire. En revanche, les deux hommes ont reconnu que Ashkenazi avait mis Harpaz en contact avec Weiner.

Ashkenazi et Harpaz se sont rencontrés en 1994  alors que le premier était directeur de l’unité d’opérations au sein de l’état-major et que le second était directeur des opérations logistiques au sein de l’unité commando de l’état-major, Sayeret Matkal.

Dans un communiqué envoyé à la presse mercredi, Ashkenazi se dit « sûr » que l’enquête de police conduira à des résultats positifs et prouvera que Weiner et Benayahu n’ont pas commis le moindre crime.