Quand les missiles s’arrêteront, quand les troupes seront rentrées, quand la plupart des blessés seront sortis de l’hôpital, les Israéliens ressentiront le fardeau de l’opération Bordure protectrice – mais cette fois-ci dans leurs poches.

Avec l’expiration récente d’un cessez-le-feu temporaire, l’opération n’est peut-être pas terminée. Mais jusqu’à la semaine dernière, en incluant les dépenses militaires directes et indirectes pour l’économie israélienne, le coût total du conflit de quatre semaines est estimé à entre 2,5 et 3,6 milliards de dollars.

Le gouvernement a maintenu le silence radio sur les coûts et les estimations militaires de la guerre, mais les médias israéliens déclarent qu’elles vont de 1,2 à 2,3 milliards de dollars. La perte d’activité économique s’élève à environ 1,3 milliard de dollars, le secteur du tourisme, ayant pris en particulier un énorme coup.

« Avec les soldats, nous n’enlèverons pas un shekel dans les remboursements aux résidents du Sud et aux réservistes », a déclaré le ministre des Finances israélien Yair Lapid lors d’une conférence de presse jeudi. « De notre point de vue, ce sont tous des soldats, et tous méritent un traitement spécial de notre part ».

Jamais le populiste Lapid n’a promis d’augmenter les impôts. Mais il a admis que l’argent devrait venir de quelque part et prédit que le déficit budgétaire de 2015 augmenterait.

Voici un aperçu partiel de la façon dont tous ces shekels ont été dépensés.

Cher armement israélien…

Le Dôme de Fer : la star américaine financée par la guerre, le système de défense antimissile a limité les victimes civiles israéliennes à trois pendant que les roquettes étaient dirigées vers les villes israéliennes.

Sur les 3 460 roquettes tirées sur Israël pendant la guerre, Dôme de fer a intercepté 584 d’entre elles – à 50 000 dollars pièce. Cela revient à un total de 29 millions de dollars, soit environ 1 million de dollars par jour. La semaine dernière, le Congrès a approuvé 225 millions de dollars supplémentaires pour Dôme de fer.

Les bombes intelligentes : la technologie de guerre israélienne ne se limite pas à la sécurité intérieure. Les avions israéliens ont bombardé Gaza environ 4 900 fois au cours de la guerre – environ 150 fois par jour.

Yiftah Shapir, chef du Projet « Military Balance » à l’Institut pour les études de sécurité nationale à l’Université de Tel Aviv, a déclaré que la plupart des bombes que les avions israéliens ont larguées étaient probablement équipées d’ordinateurs et de caméras pour augmenter la précision.

Shapir ne sait pas combien de bombes Israël a utilisées et l’armée israélienne ne le dira pas, mais il affirme que la plupart des munitions israéliennes étaient probablement l’un des deux missiles : le JDAM, un missile à guidage GPS construit par Boeing, et le missile Tammuz, de fabrication israélienne, qui localise sa cible avec une caméra et a une portée de 20 km.

Selon Shapir, sans compter les bombes, chacune des 4 900 sorties de la force aérienne a coûté 15 000 dollars, pour un total de plus de 73 millions de dollars. Ajouter un JDAM à 32 000 dollars ou un Tammuz à 140 000 dollars et les prix montent en flèche.

L’appel aux réservistes

Un des facteurs d’unification de cette guerre, c’est que presque tous les Israéliens connaissaient forcément des gens en uniforme. Israël a appelé 82 000 réservistes pendant le conflit – près de la moitié au début de la guerre et 42 000 de plus par la suite.

Il est difficile de déterminer le coût exact des réservistes parce que chaque soldat reçoit un remboursement du salaire perdu rattaché à son salaire mensuel. Mais selon le quotidien israélien Yedioth Aharonoth, chaque réserviste coûte à l’armée 174 dollars par jour – y compris la nourriture, le logement, l’uniforme et les armes. Si le chiffre est exact, l’armée israélienne a dépensé près de 200 millions de dollars en réservistes, ce qui n’inclut pas le remboursement des salaires.

Blessés et dommages

Avec 65 soldats tombés en Israël et trois civils tués, on dénombre 674 Israéliens qui ont été blessés au cours de l’opération, 23 étant des civils. Un porte-parole du ministère de la Santé estime que le traitement des victimes coûterait 4,4 millions de dollars.

En outre, le gouvernement a déjà reçu 2 500 demandes de dommages causés par les missiles avec des estimations d’un montant total de 14,6 millions de dollars. La compensation pour pertes de salaire et dommages à la propriété viendront d’un fonds de 1,5 milliard de dollars provenant des taxes sur les transactions immobilières.

Les coûts économiques

Israël devra également indemniser les travailleurs du Sud qui n’ont pas pu faire leur travail à cause des roquettes. L’Association des industries d’Israël estime qu’un travailleur sur cinq dans le Sud est resté à la maison à cause de la guerre, mais elle ne pouvait estimer le montant total des salaires perdus.

Le coût civil le plus important pour Israël, de loin, serait de 1,3 milliard de dollars en Produit Intérieur Brut perdu, une estimation fournie pour JTA par Moshe Asher, le directeur général de l’Autorité fiscale d’Israël.

Asher a estimé que la guerre avait affecté les industries à travers Israël, mais l’une des plus durement touchées a été le tourisme. Sur les
600 000 touristes attendus à partir de juillet jusqu’à la fin de 2014, la Tour Operators Association Israel s’attend à ce que 300 000 uniquement fassent le voyage.

Dans l’ensemble, le groupe des voyagistes estime que les visites organisées vont perdre 350 millions de dollars de juillet à décembre, estimation similaire à la perte de 375 millions de dollars estimés par la Israel Hotel Association. Mais les annulations les plus difficiles sont pour les guides touristiques privés, qui dépendent des tournées estivales à travers l’année.

« Ces mois, ce sont les mois où je gagne de l’argent », a déclaré Gil Shemesh, 28 ans, qui a perdu le quart de son revenu d’été avec l’annulation d’un voyage de bar-mitzvah et d’une tournée de pèlerins chrétiens.