La famille du diplomate suédois Raoul Wallenberg, sauveur de dizaines de milliers de juifs lors de la Seconde Guerre mondiale et disparu après son arrestation en 1945 par les Soviétiques, va rencontrer vendredi à Moscou les autorités russes pour tenter d’éclaircir les circonstances de sa mort.

« Des membres de la famille de Raoul Wallenberg seront reçus dans l’après-midi au ministère des Affaires étrangères et au FSB », les services secrets russes, a indiqué à l’AFP l’ambassade de Suède à Moscou.

Deux nièces du diplomate suédois sont à Moscou depuis cette semaine pour tenter de faire avancer une affaire retentissante qui a débuté il y a plus de soixante-dix ans.

Né le 4 août 1912, Raoul Wallenberg avait rejoint Budapest occupée par l’Allemagne nazie en juillet 1944 et sauvé des juifs de la mort en leur délivrant des papiers suédois lors des derniers mois de l’Holocauste. Aperçu pour la dernière fois entouré d’officiers soviétiques à Budapest le 17 janvier 1945, il avait ensuite disparu.

La famille Wallenberg cherche depuis à savoir pourquoi il a été arrêté en pleine bataille de Budapest, et ce qui est advenu de lui ensuite.

« Nous aimerions vraiment entrer en contact avec ceux qui pourront faire le nécessaire pour que nous puissions connaître la vérité et tourner la page », a déclaré jeudi Louise von Dardel, une des nièces de Wallenberg venues à Moscou. « Nous sommes prêts, s’il le faut, à remonter jusqu’à (Vladimir) Poutine. Nous voulons un document qui établisse la vérité », a-t-elle ajouté.

En 1957, l’Union soviétique avait publié un document montrant qu’il avait été détenu à la Loubianka, le siège du KGB à Moscou, et qu’il était mort de crise cardiaque le 17 juillet 1947. Cette version a toujours inspiré des doutes, y compris d’historiens affirmant qu’il avait dû être exécuté.

En 2000, le président d’une commission d’enquête russe avait conclu que le diplomate avait été exécuté par arme à feu à la Loubianka en 1947 pour des raisons politiques. Mais il n’avait donné aucun détail ni avancé de preuve formelle, et la famille ne cesse d’en réclamer depuis, notamment via l’ouverture des archives du FSB, l’héritier du KGB.

Mais, selon Nikita Petrov, historien de l’ONG Memorial qui travaille notamment sur les répressions à l’époque soviétique, les autorités russes, au lendemain de la chute de l’URSS et encore aujourd’hui, ne souhaitent pas « reconnaître les crimes de l’époque stalinienne ».