Un rapport accablant du contrôleur de l’État a établi que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a agi de manière inappropriée quand il détenait le portefeuille de ministre des Communications au sujet de son implication dans le géant des télécoms Bezeq, dirigé par son ami proche Shaul Elovitz.

Netanyahu a rejeté ce rapport, qu’il considère comme une tentative « futile » de fabriquer un scandale.

Le contrôleur de l’État Yosef Shapira a déclaré que Netanyahu n’avait pas initialement évoqué ses relations personnelles avec Elovitz dans sa déclaration de conflits d’intérêts, ce qui a jeté une ombre sur la façon dont le ministère des Communications avait traité Bezek, la plus grande firme de télécommunications d’Israël.

« La promotion des intérêts de Bezek sans un examen professionnel sur les implications risque de causer un réel dommage à la concurrence et aux intérêts publics », a indiqué le rapport.

Shapira a écrit qu’il y avait un manque de transparence quant aux décisions prises par Netanyahu sur Bezeq, avant qu’il ne soit exclu des négociations avec la société et que le processus décisionnel ne soit confié au directeur général du ministère des Communications, Shlomo Filber.

Shlomo Filber, directeur général du ministère des Communications durant une audience à la Cour Suprême sur la fermeture de l'Autorité de radiodiffusion, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Shlomo Filber, directeur général du ministère des Communications durant une audience à la Cour Suprême sur la fermeture de l’Autorité de radiodiffusion, le 15 mai 2017. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

Le contrôleur a également affirmé que Filber aurait agi en faveur de Bezeq dans plusieurs affaires qu’il a citées.

Shapira a remis en question la capacité de Filber à prendre des décisions impartiales contre Elovitz à la lumière des relations étroites entre le Premier ministre et le directeur de Bezeq.

Filber a été interrogé par l’Autorité des titres israélienne (ATI) mercredi, soupçonné de violations éthiques et de fraude boursière.

Jeudi, Filber a été placé en résidence surveillée dans le cadre de l’enquête pour fraude dont fait l’objet Bezeq.

Le médiateur a également établi que le ministre de la Justice n’avait pas été impliqué mais aurait dû l’être dans l’examen des implications des décisions qui ont profité à Elovitz et à Bezeq.

Yossef Shapira, contrôleur de l'Etat, pendant la présentation d'un rapport de son bureau à la Knesset, le 1er novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Yossef Shapira, contrôleur de l’Etat, pendant la présentation d’un rapport de son bureau à la Knesset, le 1er novembre 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Après que les médias ont révélé un éventuel conflit d’intérêt entre Netanyahu et Elovitz en octobre 2015, le Premier ministre a reçu l’ordre de la part du procureur général Avichai Mandelblit de ne pas s’impliquer dans les décisions concernant Bezeq, au regard de son amitié avec Elovitz.

En juin 2016, Mandelblit a dit à Netayahu « qu’étant donné l’amitié entre le Premier ministre et M. Elovitz, le Premier ministre s’abstiendra de gérer des affaires ayant trait aux sociétés gérées par M. Elovitz, afin d’éviter toutes allégations de conflit d’intérêt. »

Dans un communiqué, le bureau de Netanyahu a qualifié le rapport du contrôleur de l’État d’ « énième tentative futile de faire un scandale sans fondement autour du Premier ministre », selon la Dixième chaîne.

Netanyahu et Elovitz sont « en bons termes, mais rien de plus », et « toutes les décisions prises sur le marché des communications ont été prises exclusivement dans l’intérêt du public », poursuit le communiqué.

Ce rapport est le dernier imbroglio légal qui implique Netanyahu, qui fait actuellement l’objet de deux enquêtes dans des affaires de cadeaux reçus et de quiproquo avec un éditeur.

D’autres rapports du contrôleur d’État ont également mis en évidence des problèmes quant à l’utilisation de fonds publics par Netanyahu.

Shaul Elovitz, propriétaire du groupe de communications Bezeq. (Crédit : capture d'écran Calcalist)

Shaul Elovitz, propriétaire du groupe de communications Bezeq. (Crédit : capture d’écran Calcalist)

Bezeq, plus grand fournisseur de téléphonie fixe du pays, domine le marché de la communication et demande depuis des mois une permission régulatoire pour fusionner ses filiales de fournisseur de téléphonie mobile, fixe, TV satellite et internet, qui opèrent actuellement comme entités commerciales distinctes, comme la loi le prévoit.

Mais la société s’est embourbée dans sa propre saga juridique ces dernières semaines, après des suspicions de fraude, d’abus de confiance, de délits de cadres de l’entreprise, et d’obstruction à la justice de la part de l’Autorité des titres.

En juin, la cour des magistrats de Tel Aviv a imposé une interdiction de voyager pour six mois à Elovitz, au directeur de la société de télévision câblée YES Ron Ayalon et à la directrice des finances de YES Michal Neeman.

Les restrictions ont été demandées par l’Autorité des titres, en raison de l’enquête qu’elle mène sur l’acquisition de part dans la compagnie de télévision satellite YES par Bezeq.

Elovitz a été banni des bureaux d’Eurocom Group et de Bezeq et a l’interdiction de contacter des membres des ressources humaines ou autres figures importantes de la société jusqu’au 23 juillet. Il a également dû déposer cinq millions de shekels de caution.