Le président Reuven Rivlin a évité dimanche de qualifier le massacre d’1,5 million d’Arméniens aux mains des forces ottomanes il y a un siècle de «génocide», optant plutôt pour le terme de «meurtre de masse», lors d’une cérémonie marquant officiellement les 100 ans de la tragédie arménienne.

Des spéculations avaient été émises, selon lesquelles il reconnaîtrait officiellement – fait inédit pour un chef de l’Etat d’Israël – le massacre comme un génocide, malgré l’opposition véhémente et persistante des Turcs contre l’utilisation de ce terme. Mais Rivlin s’est abstenu.

« En 1915, lorsque les membres de la nation arménienne ont été massacrés, les habitants de Jérusalem, mes parents et les membres de ma famille ont vu les réfugiés arméniens arriver par milliers, » a déclaré Rivlin, s’adressant aux membres de la communauté arménienne locale réunie à la résidence du président dans la capitale.

« A Jérusalem, ils ont trouvé refuge, et vous, leurs descendants, continuez à y vivre aujourd’hui. Personne à Jérusalem ne nie le massacre qui a eu lieu. Comme vous le savez, cela est mon point de vue personnel. Nous sommes moralement tenus de marquer les faits, si horribles, et non de les ignorer. Le peuple arménien fut la première victime d’un meurtre de masse moderne. »

Rivlin a souligné que le gouvernement israélien avait envoyé une délégation officielle à Erevan, capitale de l’Arménie, pour participer aux cérémonies et événements commémorant la tragédie. Il a affirmé qu’Israël ne cherchait pas à placer le blâme de l’assassinat de masse sur un tel pays ou peuple, mais souhaitait s’identifier avec les victimes et le bilan effrayant du massacre.

« Aujourd’hui, alors que la vipère fondamentaliste soulève à nouveau sa tête laide, nous devons nous rappeler que le mal n’est pas la propriété d’une religion spécifique ; tout comme il n’est pas l’attribut d’un pays ou d’un groupe ethnique », a-t-il déclaré.

« Nous ne devons permettre à quiconque de faire un usage cynique de la rhétorique des droits de l’Homme à des fins politiques. Il y a deux semaines, nous avons commémoré le Jour de l’Holocauste et de l’Héroïsme. Après cet horrible Holocauste, commémorer la tragédie du peuple arménien est notre obligation juive, humaine et morale », a conclu Rivlin.