Le gouvernement égyptien a élaboré un projet de loi interdisant le creusement de tunnels en Egypte, dans une nouvelle tentative pour réprimer les activités de contrebande du Hamas entre la bande de Gaza et le nord du Sinaï.

Selon l’agence palestinienne Maan, le gouvernement égyptien a transféré le projet de loi à la section de législation du Conseil d’Etat – une institution du système judiciaire égyptien – qui à son tour a décidé de l’ajouter au code pénal du pays.

La loi prévoit une peine d’emprisonnement pour quiconque « creuse, prépare, utilise, ou traverse des tunnels reliant l’Egypte à un autre pays dans le but de faire passer des ressortissants étrangers, des biens ou objets de valeur ».

L’Egypte a décidé de sévir de plus en plus sur les tunnels de contrebande du Hamas – anciennement la principale source de revenus pour le gouvernement islamiste – depuis la chute du président Mohamed Morsi en juillet dernier.

En mars, l’armée égyptienne a déclaré avoir détruit 1 370 tunnels, mais un nombre inconnu de tunnels sont encore utilisés pour le transport de denrées alimentaires, des matières premières et des armes dans et hors de la bande de Gaza.

Un rapport de l’Office des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires de septembre 2013 a affirmé que moins de 10 tunnels sont toujours actifs, par rapport à environ 300 avant juin 2013.

Samir Ghattas, qui dirige le Forum des Etudes Stratégiques sur le Moyen-Orient, a déclaré à la station de radio Al-Mihwar dimanche que la nouvelle loi va dissuader les « groupes terroristes » de creuser des tunnels, mais que ce n’est pas suffisant.

Il a suggéré l’évacuation des civils à cheval sur les deux côtés de la barrière frontalière et leur réinstallation dans des maisons à au moins trois kilomètres de distance de la frontière.

«Ces [tunnels] constituent une menace permanente pour la sécurité nationale de l’Egypte », a déclaré Ghattas. « Il faut dire, cependant, que ce phénomène a été réduit dans une large mesure. Il y avait plus de 1200 tunnels creusés par le Hamas et d’autres organisations terroristes entre l’Egypte et la bande de Gaza ».

Le 4 mars, un tribunal égyptien a désigné le Hamas comme un groupe terroriste, et a donné l’ordre de fermer tous les bureaux du mouvement dans le pays.