Une femme soupçonnée d’avoir tué ses quatre filles avant de se suicider dans un appartement de Jérusalem dimanche aurait reçu des soins psychiatriques, mais n’était pas connue des services sociaux locaux, ont annoncé dimanche soir des responsables, alors que la police tentait de comprendre ce qui avait entraîné la tragédie.

La femme et ses quatre enfants ont été retrouvés dans l’appartement quand les pompiers sont intervenus pour un incendie qui avait éclaté dans leur appartement du cinquième étage de la capitale, en fin d’après-midi.

La police suspecterait la femme d’avoir tué ses enfants avant de se pendre, mais les enquêteurs n’ont encore fait aucune déclaration officielle.

Les corps des enfants ont été transportés à l’institut médicolégal Abu Bakir. La mère aurait pu les avoir étranglé à mort avant de mettre le feu à la pièce.

Les noms de la femme, âgée de 36 ans, et des quatre enfants, dont deux avaient 12 ans, une âgée de sept ans et la dernière deux ans, n’ont pas été rendus publics.

Des médias israéliens ont annoncé que la femme recevait des soins psychiatriques, mais il n’y a eu aucune confirmation de cette information.

Traces de feu visibles à la fenêtre d'un appartement de la route de Hébron où ont été retrouvés les corps d'une femme et de ses quatre enfants, à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : capture d'écran Deuxième chaîne)

Traces de feu visibles à la fenêtre d’un appartement de la route de Hébron où ont été retrouvés les corps d’une femme et de ses quatre enfants, à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Dans un communiqué, la mairie de Jérusalem a annoncé que la famille n’était pas connue des services sociaux, et qu’aucuns travailleurs sociaux ne lui avaient jamais rendu visite.

La municipalité a noté que la mère avait appelé le centre local de services sociaux il y a trois mois, pour demander des informations sur des services de garde d’enfants.

Les employés avaient répondu à la femme que la municipalité ne fournissait pas ces services, mais, sentant qu’il y avait peut-être un problème sous-jacent avec ses enfants, lui avaient alors suggéré de venir au centre pour découvrir les services qui y étaient disponibles. La femme n’est cependant pas venue et il n’y a pas eu d’autre contact avec elle, a déclaré la ville.

Selon les médias, la famille a immigré en Israël il y a dix ans. Les articles ne précisent pas depuis quel pays.

Des voisins ont dit aux médias qu’il n’y avait rien à propos de la famille qui puisse éveiller les soupçons. Un homme a déclaré avoir vu la mère et ses filles jouer dans le parc voisin la veille, et que tout semblait normal.

La scène d'un incendie mortel dans un appartement de Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La scène d’un incendie mortel dans un appartement de Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La municipalité a précisé dans un communiqué qu’à l’annonce de la nouvelle des morts, elle avait déployé des travailleurs sociaux dans l’immeuble pour aider les voisins à faire face à la tragédie.

Moshe Tur-Paz, qui dirige le département de l’éducation de la ville de Jérusalem, a déclaré qu’il n’y avait eu aucun signal d’alerte avant le drame.

« A notre connaissance, les filles ne montraient aucun signe de détresse », a-t-il déclaré, selon le site d’informations Ynet.

L’administration de l’éducation a déclaré qu’elle prévoyait de fournir un soutien psychologique aux élèves qui étaient dans les mêmes classes que les fillettes.

En préparation, une réunion a été organisée avec les responsables de l’école pour prévoir le jour suivant, et les travailleurs sociaux ont prévu de discuter avec les camarades et les amis des filles pendant la journée d’école de lundi.

Une porte-parole de la police a déclaré que les cinq victimes avaient été trouvées dans un état critique par le personnel d’urgence répondant à l’incendie sur la route de Hébron, au sud de Jérusalem. Les secouristes ont prononcé leur décès sur place.

Les pompiers ont déclaré que les flammes étaient limitées à une seule pièce fermée à clef, où ont été retrouvés les corps des quatre enfants.

Le mari est arrivé sur place environ une demi-heure après les services d’urgence.

Un porte-parole de l’association de premiers secours United Hatzalah a déclaré que le père était soigné par une équipe spécialiste du traumatisme psychologique. Il n’a pas été précisé où il était au moment de l’incendie.

Les bénévoles de ZAKA portent les corps d'une femme et de ses quatre enfants, à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les bénévoles de ZAKA portent les corps d’une femme et de ses quatre enfants, à Jérusalem, le 1er janvier 2017. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les sauveteurs ont annoncé que le corps de la femme avait été retrouvé sur un balcon à l’extérieur de l’appartement. Les voisins, qui ont vu son corps pendu au balcon, ont appelé les secours, qui leur ont conseillé d’accéder au balcon et de couper la corde. Ils n’ont pas pu entrer dans l’appartement, qui était fermé de l’intérieur, et ont attendu que les pompiers arrivent et enfoncent la porte.

Arik Abuluf, pompier de Jérusalem, a décrit la scène à l’arrivée des pompiers.

« Nous l’avons trouvée allongée au sol. La salle dans laquelle étaient les enfants était complètement brûlée, et comme elle était fermée, les flammes avaient consommé l’oxygène. »

« C’est la chose la plus difficile que j’ai vue dans toutes mes années de service », a-t-il ajouté.

L’enquête préliminaire a montré que la mère aurait laissé ses enfants dans la pièce fermée et en feu avant de se suicider. Le feu contenu n’a produit que peu de fumée en-dehors de la pièce.

Shalom Klein, bénévole de l’association ZAKA présent sur place, a déclaré qu’il s’agissait d’une « scène extrêmement choquante. Je suis arrivé sur les lieux d’un incendie et les voisins m’ont emmené au balcon de l’appartement. La mère était morte. Ses quatre enfants avaient été brûlés à mort. Les secouristes de ZAKA Jérusalem s’occupent des corps et de collecter les restes. »