18 mois de prison pour le soldat inculpé du meurtre accidentel d’un camarade
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18 mois de prison pour le soldat inculpé du meurtre accidentel d’un camarade

Le tireur, sergent à Duvdevan, dit espérer que la famille de Shahar Strug lui pardonnera un jour

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Sgt. Shahar Strug (Crédit : Porte-parole de l'armée israélienne)
Sgt. Shahar Strug (Crédit : Porte-parole de l'armée israélienne)

Un tribunal militaire a condamné dimanche un soldat de l’unité d’élite Duvdevan à 18 mois d’emprisonnement pour avoir accidentellement tué un camarade avec son arme, au début de l’année.

Une enquête interne de l’armée a révélé que Shahar Strug, promu à titre posthume de sergent à sergent d’état-major, a été tué accidentellement après que le tireur – qui ne peut être identifié que par son grade – sergent – et la première lettre de son nom hébreu, « Nun » – ait déchargé son arme au cours d’une partie de tirs dans la caserne de l’unité avant une séance d’entraînement.

Selon l’acte d’accusation, « nun » et Strug étaient en train de jouer avec les pistolets Glock-19 fournis par l’armée dans leur caserne sur la base de Nachson, au centre la Cisjordanie, à l’approche d’un exercice, tirant leurs armes de leurs étuis alors qu’il se tenaient l’un en face de l’autre.

Strug, âgé de 20 ans et originaire de Givatayim, avait bloqué le canon de son pistolet avec un embout de sécurité en plastique. Cependant, « Nun » ne l’avait pas fait et il avait chargé son pistolet, selon l’acte d’accusation.

Après que l’accusé a sorti son arme, il avait visé dans le torse de la victime et appuyé sur la gâchette. « En conséquence des actions de l’accusé, une balle a été tirée du pistolet, qui a atteint la victime au torse, la tuant », était-il écrit sur l’acte.

Plus tôt cette semaine, lors d’une audience préalable à la condamnation, « Nun » s’est excusée auprès de la famille de Strug.

« Shahar et moi étions les amis les plus proches de notre équipe. Il n’était pas seulement un  » ami de l’armée « , mais un ami pour la vie. Ce qui fait le plus mal, c’est que peu importe ce que je puisse y faire, je ne pourrai jamais soulager la douleur de la famille Strug », a-t-il dit.

« Je veux juste leur dire que je suis désolé et que je les aime. J’espère qu’à l’avenir, vous pourrez me pardonner, si c’est possible », a-t-il dit en pleurant.

La décision d’offrir au sergent une peine relativement légère a été prise dans le cadre d’un accord de plaidoyer entre l’accusation et la défense, que le tribunal militaire régional a accepté mercredi. L’opinion de la famille de Strug a été exprimée au cours des efforts de médiation « et on lui a donné un poids significatif », a indiqué l’armée.

L’accord, en vertu duquel « Nun » a plaidé coupable en échange d’une peine plus légère, a pris en compte « le résultat tragique et la gravité de l’infraction, ainsi que les circonstances de l’incident et les circonstances personnelles de ‘Nun' », a déclaré l’armée.

La famille de Strug a soutenu le tireur, disant qu’il n’était pas un meurtrier et qu’il méritait une peine plus légère.

Le tribunal a également conclu que le type de jeu d’armes à feu qui a mené à la mort était très courant à Duvdevan, et les militaires ont lancé plusieurs enquêtes à ce sujet.

« Après l’incident, une série de leçons ont été tirées et des mesures disciplinaires importantes ont été prises. L’armée israélienne continuera d’agir pour inculquer et faire respecter les règles de sécurité concernant les armes, afin d’éviter que des cas tragiques comme celui-ci ne se reproduisent », a déclaré l’armée.

En vertu de l’entente relative au plaidoyer, les accusations portées contre « Nun » sont passées du meurtre, qui est passible d’une peine maximale de 20 ans, à la mort par négligence, qui est passible d’une peine maximale de trois ans.

Le mois dernier, l’armée a annoncé qu’elle tiendrait plusieurs officiers responsables du non-respect fréquent des protocoles de sécurité des armes à feu.

Les militaires ont dit que toute la chaîne de commandement, jusqu’au niveau du commandant de l’unité, encourait une punition ou une réprimande à cause de l’incident et de la culture qui y a mené.

Une enquête interne de l’armée a révélé que les commandants n’ont pas fait assez pour prévenir l’accident dans lequel Strug a été tué.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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