Rechercher

ONU : 129 pays nient le lien entre le mont du Temple et Israël dans une résolution

Si la résolution qui ne s'est référée qu'au nom musulman seul du lieu saint a été largement adoptée, les soutiens sont plus épars - une source d'optimisme pour l'envoyé israélien

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Photo d'illustration : Un policier israélien monte la garde alors qu'un Juif religieux en uniforme militaire visite le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 août 2021. (Crédit : AP Photo/ Maya Alleruzzo, File)
Photo d'illustration : Un policier israélien monte la garde alors qu'un Juif religieux en uniforme militaire visite le mont du Temple, dans la Vieille Ville de Jérusalem, le 3 août 2021. (Crédit : AP Photo/ Maya Alleruzzo, File)

NEW YORK — Une résolution des Nations unies ignorant les liens entretenus par les Juifs avec le mont du Temple à Jérusalem a été adoptée mercredi.

Cette résolution relative à la ville sainte a été présentée aux côtés de deux autres qui constituaient ce qui est devenu connu sous le nom de « Palestinian Package » (enveloppe palestinienne) — dont des versions variées sont adoptées, chaque année, par l’Assemblée générale de l’ONU.

Les deux autres résolutions condamnaient l’annexion par Israël du plateau du Golan, d’une part, et réclamaient de plus importants efforts de la part des Israéliens et des Palestiniens, d’autre part, en vue d’une résolution du conflit qui les oppose à travers l’adoption de la solution à deux États.

Les trois résolutions ont été approuvées à une écrasante majorité, comme cela avait déjà été le cas lorsqu’elles avaient été présentées devant l’Assemblée générale pour la dernière fois, en 2018. Néanmoins, celle sur Jérusalem – qui appelle « à maintenir sans changement le statu-quo historique » sur le lieu saint « Haram al-Sharif » – a connu une baisse notable de soutien.

Mercredi, 129 pays ont voté « pour » la résolution (contre 11 contre et 31 abstentions), un chiffre à comparer aux 148 pays qui avaient voté « pour » en 2018 – soit une différence de 19. La République tchèque et la Hongrie, qui avaient voté en faveur de la résolution il y a trois ans, s’y sont opposés, faisant volte-face. 20 autres pays qui avaient voté « pour » en 2018 ont choisi, cette année, de s’abstenir – avec parmi eux l’Autriche, le Brésil, l’Allemagne, l’Inde, le Kenya, les Pays-Bas, l’Ukraine et le Royaume-Uni.

Plusieurs pays ont attribué ce changement de positionnement à l’incapacité de la résolution d’utiliser une identification plus neutre de ce lieu saint de Jérusalem, qui est connu sous le nom de Haram al-Sharif pour les musulmans et de mont du Temple pour les Juifs, même si ce même langage avait été utilisé dans le passé.

L’ambassadeur israélien aux Nations unies Gilad Erdan s’adresse au Conseil de sécurité, le 19 octobre 2021. (Autorisation)

Le complexe du mont du Temple est considéré comme le site le plus saint du judaïsme : c’est là qu’étaient érigés le Premier et le Second temple. Il accueille aussi la mosquée Al-Aqsa qui est le troisième site le plus sacré de l’islam.

« L’Assemblée fait une erreur – que ce soit au niveau moral, au niveau historique et au niveau politique – quand elle soutient un langage qui nie les liens qui unissent les Juifs comme les musulmans à Haram al-Sharif et au mont du Temple », a indiqué la représentante des États-Unis pendant le débat, selon un communiqué de presse des Nations unies.

L’envoyé britannique a pour sa part expliqué à l’Assemblée générale que cette référence déséquilibrée avait amené sa délégation à choisir l’abstention même si elle avait voté « pour » la résolution, il y a trois ans. Il a clairement affirmé que cela ne signifiait pas que le Royaume-Uni avait changé sa politique concernant Jérusalem.

Ces événements semblent ne pas seulement refléter un réchauffement des liens entre Israël et les pays d’Europe de l’Est, de plus en plus nationalistes, comme la Hongrie et l’Autriche, mais également un réchauffement des relations avec des pays plus libéraux, comme l’Allemagne et le Royaume-Uni.

Dans une déclaration faite au Times of Israel concernant ce vote, l’ambassadeur israélien à l’ONU, Gilad Erdan, a déploré « la majorité automatique à l’ONU qui se prononce en faveur de décisions pro-palestiniennes – ce qui est scandaleux et ce qui rend l’ONU sans objet et sans réelle influence ».

« Mais le fait que 19 pays aient fait le juste choix et qu’ils aient réalisé qu’une résolution faussée, mensongère, ne pouvait pas être soutenue, est positif, et nous devons encourager cela », a-t-il poursuivi. « La route est encore longue mais le changement survenu dans le vote de la nuit dernière est important, et il est indubitable qu’il influencera également un plus grand nombre de votes à l’avenir. »

Aucun pays arabe ne s’est opposé ou ne s’est abstenu pendant le vote sur la résolution, y-compris parmi les plus récents alliés d’Israël, les Émirats arabes unis, Bahreïn et le Maroc, qui ont accepté de normaliser leurs relations avec l’État juif l’année dernière.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...