« 2 300 000 d’Israéliens » vivent sous le seuil de pauvreté – ONG Latet
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« 2 300 000 d’Israéliens » vivent sous le seuil de pauvreté – ONG Latet

Israël est l'un des pays parmi les membres de l'OCDE, qui depuis 30 ans, redistribue le moins ses richesses dans les dépenses sociales

« Israël est autant la start-up Nation que la soupe populaire nation, » affirme Gilles Darmon, créateur de l’ONG et banque alimentaire israélienne Latet.

Cette association créée par ce PDG d’une banque d’affaires, a dépassé le simple stade d’ONG pour devenir une quasi-institution israélienne. Chaque année, son rapport alternatif sur la pauvreté fait la Une des journaux et offre « une photographie indépendante de la question de la pauvreté en Israël » expliquait son patron, au Times of Israël en français en 2016.

Il commentait le 1er janvier au micro de Qualità le rapport annuel du Bitouah Leumi (la caisse d’assurance nationale israélienne) sur la pauvreté en Israël, publié quelques semaines après le rapport alternatif de Latet.

Le rapport du Bitouah Leumi indique que le nombre de pauvres a très légèrement baissé cette année en Israël pour atteindre les 1 800 000 personnes vivant sous le seuil de pauvreté.

Néanmoins, selon Darmon, cette légère baisse pourrait tout aussi bien relever d’un « écart statistique que l’on retrouve dans tous les sondages » plutôt « que d’un véritable mouvement de fond sur une réduction de la pauvreté ».

Gilles Darmon, fondateur de l’ONG Latet. (Crédits : autorisation)

« La pauvreté est un des phénomènes sociaux les plus inquiétants de la société israélienne, » tonne Darmon

« On assiste à un tassement des chiffres, il n’y a pas de tendance et nous sommes toujours dans le tiercé de tête des pays les plus pauvres de l’OCDE ».

Les données de Latet différent totalement des statistiques officielles. « Le Bitouah Leoumi calcule un revenu médian, autour de 3 000 shekels, et toutes les personnes qui gagnent moins que ce revenu médian sont classées [comme] nécessiteuses, » détaille Darmon.

Latet procède différemment : « nous évaluons le niveau de pauvreté des familles en fonction des paramètres de dépenses. On a défini 5 critères qui sont le logement, la santé, l’alimentation, l’éducation et la cherté de la vie, on fait une moyenne de dépenses au sein de la société israélienne. Et toute famille israélienne qui pour 2 de ces critères sera en position de difficulté sera considérée comme pauvre ».

Le danger d’un seuil mathématique du Bitouah Leoumi affirme le fondateur de Latet et que « si vous gagnez 10 shekels de plus que ce seuil vous n’êtes plus considéré comme pauvre ».

Pour sa part, Latet dénombre 2 300 000 personnes comme vivant au dessous du seuil de pauvreté, dont plus d’un million d’enfants.

Cela est dû selon lui à « l’orthodoxie budgétaire d’Israël depuis 30 ans, gouvernement de droite et de gauche compris » qui classe l’Etat hébreu dans les pays de l’OCDE qui dépensent le moins d’argent pour apporter des solutions aux questions sociales.

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