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2 doses de Pfizer ne neutralisent pas Omicron, mais le rappel est efficace – étude

Des données "très inquiétantes," selon le responsable de l'étude israélienne, mais ceux qui ont reçu une troisième dose du vaccin ont de quoi être "optimistes"

Une infirmière prépare une dose de vaccin dans le cadre de la campagne de vaccination des enfants de 5 à 11 ans dans un centre de la Clalit à Safed, dans le nord du pays, le 29 novembre 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)
Une infirmière prépare une dose de vaccin dans le cadre de la campagne de vaccination des enfants de 5 à 11 ans dans un centre de la Clalit à Safed, dans le nord du pays, le 29 novembre 2021. (Crédit : David Cohen/Flash90)

Les personnes qui ont reçu une dose de vaccin Pfizer il y a six mois ou plus n’ont « pratiquement aucune capacité de neutralisation » face au variant Omicron, alors que celles qui ont reçu des rappels sont en assez bonne forme. C’est du moins ce qu’affirme une étude israélienne menée par la professeure Gili Regev Yochay de l’hôpital Sheba.

Des recherches que ce dernier qualifie de « très inquiétantes » en raison de leurs implications pour les personnes dont la dernière vaccination remonte à plus d’un semestre – ce qui est le cas d’un grand nombre de personnes vaccinées dans le monde. Toutefois, l’étude incite à l’ « optimisme » quant à la capacité des rappels à lutter contre Omicron, bien que moins efficacement que contre le variant Delta.

« Le fait qu’Omicron soit quelque peu résistant au vaccin est très visible lorsque vous n’avez que deux doses, et beaucoup moins substantiel après une troisième dose », a déclaré Gili Regev Yochay lors d’un point presse samedi soir.

Elle a reconnu que l’étude était de petite taille, portant sur 40 personnes, mais a déclaré qu’elle pensait que ses résultats étaient fiables et significatifs.

Prof. Gili Regev-Yochai, directrice de l’Unité d’épidémiologie des maladies infectieuses à l’hôpital Sheba (Crédit : capture d’écran YouTube)

Gili Regev Yochay a détaillé la recherche, qui devrait être publiée dans le New England Journal of Medicine après examen par les pairs, en disant : « Ce que nous avons fait, et nous avons terminé le travail de laboratoire aujourd’hui, est d’examiner la capacité du sérum des travailleurs de la santé vaccinés à l’hôpital Sheba, et nous avons comparé deux groupes. »

« L’un a reçu la deuxième dose il y a cinq à six mois et est éligible pour une troisième dose, mais ne l’a pas reçue. Nous l’avons comparé aux travailleurs de la santé qui ont reçu la dose de rappel il y a un mois, et nous avons comparé leur capacité à neutraliser Omicron », a-t-elle expliqué, faisant référence à la réponse des anticorps à la souche.

Le sérum a été mis en contact avec le SRAS-CoV-2 issu de la souche Omicron dans des conditions de laboratoire. Sheba – l’hôpital où travaille le troisième patient israélien confirmé de la souche Omicron, le Dr Elad Maor – n’a pas confirmé où son échantillon Omicron avait été obtenu.

« Nous avons de bonnes et de mauvaises nouvelles. La mauvaise nouvelle est que les personnes qui ont reçu la deuxième dose il y a cinq ou six mois n’ont pratiquement aucune capacité de neutralisation contre Omicron – alors qu’elles en ont contre Delta et le type Y [la souche originale] – et c’est très inquiétant, » a déclaré Gili Regev Yochay.

Un Israélien reçoit un rappel de coronavirus dans un centre de vaccination de Maccabi Healthcare Services, le 1er août 2021. (Yonatan Sindel/Flash90)

« La bonne nouvelle est qu’avec la dose de rappel, la protection est significative. Elle est inférieure à la capacité de neutralisation contre Delta, environ quatre fois plus faible, mais elle est évidemment très optimiste. Pourtant, nous ne savons pas si cela va diminuer avec le temps et nous y travaillons. »

Elle a précisé que son interprétation des données pour la dose de rappel était « optimiste », malgré la capacité de neutralisation plus faible que pour le variant Delta, car elle est encore suffisante pour prévenir de nombreuses infections et, selon elle, elle empêchera nombre de personnes infectées de tomber gravement malades.

« Je peux supposer que la plupart des personnes ne seront pas gravement malades, mais certaines d’entre elles seront infectées », a-t-elle déclaré.

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