2 voitures brûlées dans un crime anti-arabe présumé dans le nord d’Israël
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2 voitures brûlées dans un crime anti-arabe présumé dans le nord d’Israël

Dans le cadre d'une série d'agressions racistes, un graffiti écrit en hébreu disant "Juifs, gagnons !" a aussi été découvert dans le village d'Iksal

Le graffiti écrit en hébreu disant "Juifs, gagnons !", trouvé sur un mur de la ville arabe israélienne d'Iksal, dans le nord d'Israël, le 25 avril 2018 (Crédit : Police israélienne)
Le graffiti écrit en hébreu disant "Juifs, gagnons !", trouvé sur un mur de la ville arabe israélienne d'Iksal, dans le nord d'Israël, le 25 avril 2018 (Crédit : Police israélienne)

Deux voitures ont été incendiées et un graffiti raciste en hébreu a été découvert dans un village arabe israélien dans la nuit de mardi. Ce seraient les derniers d’une série de crimes de haine anti-arabes au cours des deux dernières semaines.

Les incendiaires ont fait brûler les deux véhicules dans le village d’Iksal, dans le nord du pays. Sur un mur, un graffiti écrit en hébreu portait l’inscription : « Juifs, gagnons ».

La police a ouvert une enquête sur cet incident.

C’est le huitième crime de ce type qui aurait été commis par des extrémistes juifs en un peu plus d’une semaine.

Lundi, des pneus lacérés et des slogans en hébreu peints à la bombe ont été trouvés sur les murs de deux villages palestiniens en Cisjordanie.

A Ramun, à l’est de Ramallah, les phrases « on va s’occuper d’eux » et « on va prendre notre destin en main » avaient été inscrites sur des voitures et sur une clôture entourant une maison.

Un autre incident s’est déroulé à Beit Iksa, au nord-ouest de Jérusalem, où des photos du groupe des droits de l’Homme Yesh Din ont permis de découvrir des maisons où les phrases « luttez contre l’ennemi, pas contre ceux que vous aimez » et « vengeance administrative » avaient été écrits à la bombe.

Le dernier slogan fait référence à des douzaines d’ordonnances administratives émises par la police en réponse aux crimes de haine, commis largement à l’initiative de jeunes habitants d’implantation d’extrême-droite.

Les ordonnances, lorsqu’elles sont utilisées pour empêcher la violence des habitants d’implantation, peuvent comprendre la détention, l’interdiction d’entrer en Cisjordanie et l’interdiction d’entrer en contact avec certains individus, ainsi que des couvre-feux nocturnes.

Un message peint à la bombe signifiant « Mort aux Arabes » a été écrit sur le mur d’un immeuble du village arabe d’Urif, en Cisjordanie, le 18 avril 2018, lors d’une attaque apparente du « Prix à payer » (Rabbis for Human Rights)

L’attaque de cette semaine survient après cinq autres survenues, les jours précédents, dans les villages palestiniens de Burqa, Burin, Urif, Issawiya et Luban a-Sharqiya.

Parmi ces agressions, l’abattage de douzaines d’oliviers, des pierres jetées à travers les fenêtres des maisons et des voitures et des graffitis appelant au meurtre des Arabes.

Dimanche, les services de sécurité du Shin Bet ont diffusé des statistiques montrant que les crimes de haine perpétrés par l’extrême-droite contre les Palestiniens ont augmenté de manière significative depuis le début de l’année 2018.

A travers les quatre premiers mois de l’année calendaire, le Shin Bet a documenté 13 attaques de type « prix à payer » (sans compter les incidents survenus cette semaine). Il n’y en avait eu que huit durant toute l’année 2017.

Les attaques dites « prix à payer » se réfèrent aux actes de vandalisme et autres crimes de haine commis par des ultra-nationalistes juifs, ostensiblement en représailles aux violences palestiniennes ou aux politiques gouvernementales perçues comme hostiles envers le mouvement pro-implantation. Des mosquées, des églises, des groupes pacifistes israéliens et même des bases militaires israéliennes ont été prises pour cible par des voyous d’extrême-droite ces dernières années.

Le mois dernier, la cour de district de Lod a infligé une peine de cinq ans de prison à un adolescent habitant d’implantation et reconnu coupable d’appartenir à une organisation terroriste pour avoir été l’auteur d’une série d’attaques « prix à payer » contre des Palestiniens et leurs biens.

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